Critique de concert Jazz A La Tour 1/5 : Louis Sclavis Quintet + Jean-Philippe Viret Trio + Rémi Dumoulin & Bruno Ruder Duo


Ce n’est pas d’aujourd’hui que La Tour d’Aigues et son château accueillent un festival en leurs murs. La danse, le théâtre et les musiques y sont à l’honneur depuis un quart de siècle. Pourtant ce Festival Jazz à la Tour est le premier du nom. Le Conseil Général semble vouloir le pérenniser et l’AJMi arrive avec son savoir-faire et son carnet d’adresses.

Le programme de ce "nouveau festival" est riche et varié. A sa lecture, on souhaiterait tout voir, tout écouter, mais sera-ce possible avec trois concerts quotidiens et une telle amplitude dans les horaires (de 19 h à 1h du matin quatre jours durant) ?
Une première réponse ce soir.

Que les compositions soient de Jean-Philippe Viret, d’Edouard Ferlet (Page 345) ou de Fabrice Moreau (Vert), elles véhiculent toujours une quiète angoisse. Pourquoi cet oxymore ? Parce que si l’omniprésente contrebasse nous opprime, chaque intervention du piano rend l’ensemble apaisant. Le batteur, expressif au point de sembler tout donner à chacun des cliquetis distillé sur ses cymbales, est le trait d’union entre ces deux sentiments opposés.

Le titre des pièces contraint l’auditeur à mettre son imagination à contribution : Not Yet, Les Mots Rebelles, Co-Errance, Peine Perdue…
Lorsqu’Edouard Ferlet égaye la longue migration de la Barge Rousse - pièce en hommage à un oiseau capable d’aligner 11 500 km "sans escale ni carte de séjour" - en percutant les cordes de son piano à la main puis à l’aide de baguettes, j’y entends des claquements de becs. Lorsque sur le sublime Peine Perdue, Jean-Philippe Viret multiplie les va-et-vient de son archet sur sa contrebasse, je me le représente écopant en vain sa barque trouée.
Si votre imagination est fertile, si les trios piano / batterie / contrebasse vous touchent, celui-ci vous fascinera. Leur prochain album sortira le 4 novembre.

Setlist : 1 Not Yet / 2 Les Mots Rebelles / 3 Co-Errance / 4 Page 345 / 5 La Barge Rousse / 6 Peine Perdue
Rappel : 7 Vert
Une heure d’attente c’est beaucoup. Et peu à la fois. Le petit stand restauration est pris d’assaut et les derniers à avoir pris place dans la longue queue regagneront à la hâte les gradins leur assiette à la main.
Ceux qui ont fait fonctionner leur imaginaire avec Louis Sclavis ne l’ont pas fait à partir des titres. Il n’en a donné aucun et n’a pris la parole qu’à une reprise pour dédier "un petit moment de tendresse à l’AJMi et aux autres organisateurs".
Curieux quintet qui semble coupé en deux. D’une part les deux souffleurs, de l’autre la rythmique (basse / batterie / guitare).

Les uns multiplient les heureuses associations : le plus souvent clarinette basse (Louis Sclavis) / saxo alto (Matthieu Metzger), mais aussi clarinette basse / saxo soprano ou encore soprano / alto voire clarinette / alto…
Ils dialoguent dans plusieurs langages, le classique, le moderne, le free et sont envoûtants lorsqu’ils jouent la même partition.
Les autres auraient du mal à cacher leurs influences rock, manifestes à plusieurs reprises : sur un solo de basse vers le début du set, sur le solo de guitare de la pièce suivante accompagné de bidouillages électroniques et surtout lors de la pièce finale lorsque Louis Sclavis leur a laissé la clé du Château et sur le puissant solo de batterie.

La fusion se passe toutefois bien la plupart du temps même si lors du deuxième solo de basse consécutif à des plages un peu plus expérimentales des saxos, les travées se sont éclaircies.
Le moment le plus riche en intensité était le fameux "petit moment de tendresse", joué sans batterie, démarré free puis s’assagissant au fil des minutes avant les deux plus beaux chorus de la soirée de Sclavis (clarinette basse).

Il est 23h15. La troisième partie de soirée est programmée à minuit. Il s’agit toujours de duos pour le moins originaux (piano / saxophone ou contrebasse / voix). L’annonce faite au micro ("le concert aura lieu autour de minuit") laissait espérer un peu moins de trois quarts d’heure de patience. On n’attendra heureusement pas qu’il soit demain pour débuter. Le temps pour l’accordeur de piano de régler l’instrument (après les percussions d’Edouard Ferlet, y’a du boulot) et à 23h45 c’est parti.

Ici, le jeu de piano de Bruno Ruder est plus classique que celui du début de soirée. Rémi Dumoulin y accole immédiatement son saxophone ténor pour une Récitation. Ce n’est que leur second concert ensemble et l’osmose est parfaite. Peut-être davantage encore lorsque Rémi préfère sa clarinette, plus propice à l’heure tardive et au décor. Elle sera prenante sur L’Agglutination Des Pensées, délicieuse de légèreté sur une reprise de Thelonious Monk.

Le sax ténor aura toutefois le dernier mot pour une "Valse". Il est alors 0h40 et le public est repu. Valeureux sera le duo qui réussira à obtenir un rappel en troisième partie de soirée. Celui-ci le méritait pourtant.
Signature : mcyavellle 13/08/2010
Envoyer un message à mcyavell
Voir toutes les critiques de concert rédigées par mcyavell
Photographe : mcyavell
Envoyer un message à mcyavell
Voir toutes les critiques de concert photographiées par mcyavell

le 6 octobre 2012 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)

le 10 Juillet 2011 - île de Porquerolles - Fort Sainte Agathe (par Mardal)

le 2 Juillet 2006 - Domaine de Fontblanche - Vitrolles (par Fred)


le 12 Août 2011 - Festival Jazz à la Tour - La Tour d'Aigues (par Mardal)


le 14 août 2010 - Château de la Tour d'Aigues (par mcyavell)


le 13 août 2010 - Château de la Tour d'Aigues (par Mcyavell)


le 12 août 2010 - Château de la Tour d'Aigues (par Mcyavell)

le 6 octobre 2012 - Cabaret Aléatoire - Marseille (par Mcyavell)
Château de la Tour d'Aigues


le 09 août 2012 - place du grand chêne, Grambois (par Pirlouiiiit)


le 12 Août 2011 - Festival Jazz à la Tour - La Tour d'Aigues (par Mardal)


le 14 août 2010 - Château de la Tour d'Aigues (par mcyavell)


le 13 août 2010 - Château de la Tour d'Aigues (par Mcyavell)















