Après un matin orageux, la pluie fait épisodiquement son retour pendant la soirée, mais finalement les concerts ont bien lieu, ouf.
Et il aurait été bien dommage de rater cette soirée…
Après un sandwich, dont le goût m’a fait douter d’avoir bien enlever l’emballage plastique… Place à ceux pour qui je suis surtout venu ce soir : l’anglais Infinite Livez qui ne joue pas ce soir avec son dj habituel mais avec le duo suisse de Stade.
Les deux formations Infinite Livez / Stade pratiquent le même genre de hiphop très très expérimental…le terme hiphop peut être retenu puisque I.L. rap et que les beats délivrés par le duo suisse sont souvent à base de gros kick.
Mais pour le reste on est en plein délire expérimental.
Même les artistes d’Anticon, en comparaison, feraient presque figure d’artistes commerciaux. Quelques cassures rythmiques, des sons kitscho-bizarres, un Mc aventureux avec une bien belle voix qui m’évoque autant Saul Williams que Sly Stone. Pour une fois ici à Mimi, une bonne partie du public est d’entrée debout devant la scène. Pourtant il n’est pas si facile de danser sur cette musique.
Pour ma part je suis dans la quasi impossibilité de me lever, pour la bonne raison que le (pas très jeune) couple à côté de moi a sorti une « boulette » de la taille d’un abricot…et que dès lors j’ai fumé sans fumer… Merci.
Le prochain qui me dit « ces jeunes tous des drogués », je lui conterai cette petite aventure. Du coup, j’apprécie le concert mais sans plus.
Le meilleur moment sera quand même cette surprenante et jouissive reprise du 1999 de Prince.
Pour les vétérans californiens de Tuxedomoon, je m’étais dis que je resterai un petit quart d’heure et que je m’en irait prendre la navette de retour si ça ne me plaît pas. En effet, dans les années 80, je ne peux pas dire que j’étais réellement fan de leur musique électro-expérimentale (mais que je connaissais trop peu) et les extraits écoutés ces derniers jours ne m’avaient guère plus emballés.
L’intitulé de cette soirée de clôture de Mimi est « Nuit du patrimoine en marche », mais pour moi cela va plutôt être « nuit du paradoxe », puisque je n’ai finalement pas été convaincu à 100% par Infinite Livez vs Stade et qu’au contraire j’ai vraiment adoré le set des « vieux » Tuxedomoon…
Il faut dire que ce soir, le quatuor est quasi débarrassé de sons électroniques,malgré l’utilisation d’une boîte à rythme et d’un synthé… Le synthé/chanteur a en effet plus souvent jouer de la clarinette ou chanter. Trois des quatre musiciens sont des multi-instrumentistes, et les instruments joués sont bien acoustiques : trompette, violon, clarinette,…
Seul le bassiste, conservera jusqu’à la fin son unique instrument. Et c’est justement lui qui a grandement contribué à me faire rentrer à 100% dans le truc par ses lignes de basse très hypnotiques. J’ai été littéralement happé de la première à la dernière note de ce concert. En effet, par ci par là, les échappées vers le sud de l’Europe ou les Carpates ne sont pas pour me déplaire. Un bien curieux et surprenant voyage en réalité.
Dans certains passages instrumentaux climatiques, on s’attendrait presque à entendre une grosse voix à la Léonard Cohen…le grand Léonard n’est évidemment pas là mais le guitariste et le synthé possèdent tout deux de bien singulières voix qui ont participé à mon trip.
Conclusion : une des plus grandes surprises que j’ai eu sur scène, tant je pensais que j’allais m’emmerder… Tuxedomoon, un groupe à découvrir définitivement sur scène. En plus, ils sont plutôt du genre sympas et ont répondu aux deux ( ?) rappels, adieu navette d’1h…dodo à 4h…
Photos de Carole Largaud
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