Critique de concert Festival Seconde Nature # 4

Il conviendra en premier lieu de saluer l'opiniâtreté de l'équipe de Seconde Nature.
Après l'annulation rocambolesque de l'édition de l'année dernière, entre cafouillage de la mairie et mauvais remake des Bijoux de la Castafiore, il en fallait du courage pour se remettre sur les rails et proposer contre vents (voisinage très sourcilleux quant aux seize heures de sommeil nécessaires, un samedi et un dimanche, à se remettre de toute une semaine de Roue de la Fortune)et marées (concomitance de la sacro-sainte Coupe du Monde)un nouveau rendez-vous pointu et de qualité.
Il faudra ensuite la remercier chaleureusement d'animer la vie aixoise depuis son fief sis au centre de la ville qui propose toute l'année expositions et concerts (The Chap, gratuit (!), lundi dernier en est le plus récent exemple). Pas étonnant de la part d'activistes pas nés de la dernière pluie (certains d'entre eux participèrent à l'organisation d'un concert légendaire de Pavement au tout petit Sunset Café, il y a plus de dix ans, mais c'est une autre histoire...).
De pluie, il est justement question en ce premier soir de festival, où l'on se dit que décidément, les gouttes n'auront plus qu'à se transformer en grenouilles pour que l'asso achève de faire le tour des plaies qui semblent s'acharner sur elle ! Fort heureusement, les averses seront très légères et cesseront rapidement.
Le cadre de la fondation Vasarely est parfait pour le festival, les spectateurs peuvent, entre deux concerts, aller admirer les compositions du maître de l'art cinétique et profiter des oeuvres proposées par l'équipe de Seconde Nature. Seul inconvénient, pour ne pas chatouiller l'humeur chafouine des voisins susmentionnés, les concerts doivent commencer très tôt. Enfin, très tôt pour la région, car 20 heures est un horaire fréquent pour les festivals en général. Mais bon, ici c'est l'heure de l'apéro, du Cochino (à moins qu'il ne soit fermé depuis dix ans ?), et pour rien au monde on ne viendrait le prendre au bar du Festival, qui avait poussé la délicatesse jusqu'à diffuser le match que beaucoup n'ont pas voulu manquer (mais chez eux).
C'est donc devant une audience clairsemée que débute le concert des Andromakers. Le moins que l'on puisse dire est que les régionales de l'étape progressent de concert en concert. Le duo électro pop avance à pas de géant, la complicité entre les deux demoiselles est palpable est le concert est vraiment impressionnant ! Andromakers oscille entre comptines pop du meilleur effet et morceaux plus profonds vraiment trippants. J'espère que vous me passerez ce cliché réducteur et cette expression quelque peu cavalière, mais évoluant dans un registre vocal entre Kate Bush et Bjork (en nettement moins agaçante), Nadège assure grave. Derrière ses claviers Lucille n'est pas en reste, et je situerai la musique d'Andromakers entre Bat for Lashes et les fantastiques Pram (que tu ne connais pas lecteur, mais que je t'invite à découvrir). A l'évidence, elles ont un boulevard devant elles et on attend l'album avec impatience.
Changement de plateau rapide et entrée d'Anything Maria. Pour avoir assisté à de nombreux concerts de Sophie, je crois pouvoir affirmer sans trop m'avancer qu'elle est en train de négocier un virage pop, de s'éloigner de ses racines "rock viscéral" qui avaient tant impressionné les commentateurs locaux. On n'y perd vraiment pas au change et le deuxième concert de la soirée sera excellent. L'influence 80s française se fait sentir, notamment dans le morceau chanté en français qui rappellera aux fans transis l'album gainsbourgien d'Isabelle Adjani. Quelques titres viennent titiller le dancefloor, dont le futur hit Cook him up extrait de son dernier maxi, I am vertical. De purs moments de grâce également (superbe White Silence). Décidément, pour le rock d'ici, le XXIe siècle sera féminin ou ne sera pas.
Architeq, nouveau duo ( batteur / man machine) pour le troisième concert de la soirée, ne fera pas retomber l'ambiance. Ca groove à mort, les sons sont juste crades comme il faut, et le tout m'évoque avec plaisir le Death In Vegas première période, avec des gros samples de basse funky et une certaine nonchalance. Un excellent moment.
Mais LE moment attendu par tous était manifestement le concert de Moderat (à savoir Modeselektor et Apparat qui unissent leurs forces au VJ de Pfadfindereï). Le public n'a pas été déçu, Moderat proposant une electro à la fois sensible (guitare et chant éthérés traversant certains morceaux) et redoutablement dansante. Des compositions d'une grande finesse se jouant allègrement des clichés du genre, j'ai beaucoup apprécié, par exemple, leur manière de saboter les sempiternelles "montées" si prévisibles en les tuant dans l'oeuf. Grand concert.
Je serai un peu plus sceptique pour le dernier invité de la soirée, Black Devil Disco Club, bénéficiaire d'un retour de hype inattendu (auteur d'un album passé inaperçu en 1978, samplé par les Chemical Brothers et réédité par Aphex Twin vingt-cinq ans plus tard). Bien que grand fan de rétro-futurisme, le tout m'a plus évoqué Cerrone ou Moroder, que je ne porte pas spécialement dans mon coeur. Le public lui a réservé un très bon accueil.
Après l'annulation rocambolesque de l'édition de l'année dernière, entre cafouillage de la mairie et mauvais remake des Bijoux de la Castafiore, il en fallait du courage pour se remettre sur les rails et proposer contre vents (voisinage très sourcilleux quant aux seize heures de sommeil nécessaires, un samedi et un dimanche, à se remettre de toute une semaine de Roue de la Fortune)et marées (concomitance de la sacro-sainte Coupe du Monde)un nouveau rendez-vous pointu et de qualité.
Il faudra ensuite la remercier chaleureusement d'animer la vie aixoise depuis son fief sis au centre de la ville qui propose toute l'année expositions et concerts (The Chap, gratuit (!), lundi dernier en est le plus récent exemple). Pas étonnant de la part d'activistes pas nés de la dernière pluie (certains d'entre eux participèrent à l'organisation d'un concert légendaire de Pavement au tout petit Sunset Café, il y a plus de dix ans, mais c'est une autre histoire...).
De pluie, il est justement question en ce premier soir de festival, où l'on se dit que décidément, les gouttes n'auront plus qu'à se transformer en grenouilles pour que l'asso achève de faire le tour des plaies qui semblent s'acharner sur elle ! Fort heureusement, les averses seront très légères et cesseront rapidement.
Le cadre de la fondation Vasarely est parfait pour le festival, les spectateurs peuvent, entre deux concerts, aller admirer les compositions du maître de l'art cinétique et profiter des oeuvres proposées par l'équipe de Seconde Nature. Seul inconvénient, pour ne pas chatouiller l'humeur chafouine des voisins susmentionnés, les concerts doivent commencer très tôt. Enfin, très tôt pour la région, car 20 heures est un horaire fréquent pour les festivals en général. Mais bon, ici c'est l'heure de l'apéro, du Cochino (à moins qu'il ne soit fermé depuis dix ans ?), et pour rien au monde on ne viendrait le prendre au bar du Festival, qui avait poussé la délicatesse jusqu'à diffuser le match que beaucoup n'ont pas voulu manquer (mais chez eux).
C'est donc devant une audience clairsemée que débute le concert des Andromakers. Le moins que l'on puisse dire est que les régionales de l'étape progressent de concert en concert. Le duo électro pop avance à pas de géant, la complicité entre les deux demoiselles est palpable est le concert est vraiment impressionnant ! Andromakers oscille entre comptines pop du meilleur effet et morceaux plus profonds vraiment trippants. J'espère que vous me passerez ce cliché réducteur et cette expression quelque peu cavalière, mais évoluant dans un registre vocal entre Kate Bush et Bjork (en nettement moins agaçante), Nadège assure grave. Derrière ses claviers Lucille n'est pas en reste, et je situerai la musique d'Andromakers entre Bat for Lashes et les fantastiques Pram (que tu ne connais pas lecteur, mais que je t'invite à découvrir). A l'évidence, elles ont un boulevard devant elles et on attend l'album avec impatience.
Changement de plateau rapide et entrée d'Anything Maria. Pour avoir assisté à de nombreux concerts de Sophie, je crois pouvoir affirmer sans trop m'avancer qu'elle est en train de négocier un virage pop, de s'éloigner de ses racines "rock viscéral" qui avaient tant impressionné les commentateurs locaux. On n'y perd vraiment pas au change et le deuxième concert de la soirée sera excellent. L'influence 80s française se fait sentir, notamment dans le morceau chanté en français qui rappellera aux fans transis l'album gainsbourgien d'Isabelle Adjani. Quelques titres viennent titiller le dancefloor, dont le futur hit Cook him up extrait de son dernier maxi, I am vertical. De purs moments de grâce également (superbe White Silence). Décidément, pour le rock d'ici, le XXIe siècle sera féminin ou ne sera pas.
Architeq, nouveau duo ( batteur / man machine) pour le troisième concert de la soirée, ne fera pas retomber l'ambiance. Ca groove à mort, les sons sont juste crades comme il faut, et le tout m'évoque avec plaisir le Death In Vegas première période, avec des gros samples de basse funky et une certaine nonchalance. Un excellent moment.
Mais LE moment attendu par tous était manifestement le concert de Moderat (à savoir Modeselektor et Apparat qui unissent leurs forces au VJ de Pfadfindereï). Le public n'a pas été déçu, Moderat proposant une electro à la fois sensible (guitare et chant éthérés traversant certains morceaux) et redoutablement dansante. Des compositions d'une grande finesse se jouant allègrement des clichés du genre, j'ai beaucoup apprécié, par exemple, leur manière de saboter les sempiternelles "montées" si prévisibles en les tuant dans l'oeuf. Grand concert.
Je serai un peu plus sceptique pour le dernier invité de la soirée, Black Devil Disco Club, bénéficiaire d'un retour de hype inattendu (auteur d'un album passé inaperçu en 1978, samplé par les Chemical Brothers et réédité par Aphex Twin vingt-cinq ans plus tard). Bien que grand fan de rétro-futurisme, le tout m'a plus évoqué Cerrone ou Moroder, que je ne porte pas spécialement dans mon coeur. Le public lui a réservé un très bon accueil.
Signature : denis moore
le 13/06/2010
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le 13/06/2010
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