Accueil Chronique de concert Temples + Raoul Vignal + Pom Poko + Marble Arch + Lebanon Hanover (Festival Transfer 2019)
Mercredi 26 juin 2019 : 10470 concerts, 25537 chroniques de concert, 5258 critiques d'album.

Chronique de Concert

Temples + Raoul Vignal + Pom Poko + Marble Arch + Lebanon Hanover (Festival Transfer 2019)

Temples + Raoul Vignal + Pom Poko + Marble Arch + Lebanon Hanover (Festival Transfer 2019) en concert

Transbordeur, Lyon 8 Mars 2019

Critique écrite le par



Deuxième jour, ce vendredi 8 Mars, au Transbordeur, pour la troisième édition du Festival Transfer. La soirée démarre aux alentours de 20h et se poursuivra assez tardivement aux premières lueurs du samedi. Sans interruption aucune, les concerts s'enchaîneront entre le Transbordeur Club et la salle du Transbo.

Raoul Vignal

Raoul Vignal inaugure la soirée avec son groupe : 4 musiciens au total pour une guitare (Raoul Vignal), un vibraphone (Grégoire Colson), une contrebasse ( Jody Martin) et un batteur (Lucien Chatin). Le Lyonnais entraîne le public dans son univers subtil et chaleureux : une folk légère et reposante. On commence doucement à s'immerger dans les ondes de la soirée. Après "The Silver Veil", son premier album, enregistré en 2015 chez Klangbild, studio berlinois ou il réside quelque temps, il réalise son deuxième album, "Oak Leaf", produit au studio lyonnais Mikrokosm, qui sort chez Talitres en mai 2018. Si le public est encore peu nombreux, les spectateurs présents profitent des sonorités analgésiques qui se dégagent d'une guitare ondulante, d'un fragile timbre vocal lors d'un set empli d'harmonies doucereuses. Tout cela pour évacuer le stress de la semaine. En souplesse, donc, le signal est lancé.


Pom Poko

C'est Pom Poko qui poursuit la danse dans la salle du Transbordeur. Norvégiens au nombre de 4 également - la chanteuse à la voix énergisante, Ragnhild Fangel, le batteur aux coups carabinés, Ola Djupvik, une guitare nerveuse menée par Martin Miguel Tonne, et le bassiste aux riffs frénétiques, Jonas Krøvel - ils arrivent avec un premier album tout frais, "Birthday", tout juste paru en février dernier. Les morceaux oscillent entre différents genres : ça s'énerve comme du punk, la voix imbibée d'une nuance pop approvisionne en fraicheur le rythme incandescent des mélodies. "Crazy Energy night" et le morceau éponyme de l'album "Birthday" témoignent de cet exotisme survolté. "Crazy Energy night" vacille entre riffs de guitares effrénés et passages minimalistes où ne s'expriment que la voix de Ragnhild Fangel sur un simple accord de guitare. D'autres morceaux comme "If U Want Me 2 Stay" suintent le groove, et puis grosse surprise, il y a des petits instants façon berceuses. "Peachy", c'est plutôt nonchalant, frais, ça sonne assez pop. Mais pour l'impression générale du set : c'est vif, rapide, ça fait danser, ce n'est pas pour autant "facile", l'auditoire l'a bien compris...


Marble Arch

Marble Arch entame à son tour son set, et nous voilà de retour dans le Transbordeur club. Ce n'est pas le concert le plus enivrant de ce que j'ai pu voir ce soir là. Ça entraîne sans réticence, mais c'est à double tranchant : ça étourdit. On assiste au défilé des morceaux sans surprise. Avec son nouvel album "Children of the Slump", le projet de Yann Le Razavet évolue dans une bedroom pop raffinée où les influences shoegazes et pop s'en donnent à coeur joie. Si les morceaux n'étonnent pas de manière évidente, la nostalgie qui s'en dégage charme le spectateur.


Temples

Retour dans la grande salle avec un groupe qui ne manquent pas d'"Hair", si l'on veut donner dans les vilains jeux de mots des salons de coiffure et pourtant... On retrouve donc Temples, groupe britannique qui redonne au psychédélisme sa verdoyante couleur. Avec deux albums à son actif, un premier sorti en 2013, "Sun Structures" et le deuxième, "Volcano", paru en 2017, Temples mène sa barque du côté des sixties sans néanmoins tomber dans le pur effet vintage. On s'y retrouve; "Shelter Song", "Test of Time" ou "Colours To Life" en affichent bien l'atmosphère mais ça ne touche pas qu'à ça. Le très beau morceau "Certainty" extrait de l'album de "Volcano" nous ramène plus dans une frange récente avec des influences moins définies. Le set est magistralement interprété. James Edward Bagshaw, au chant, est remarquable tant par son aisance que son timbre de voix fulgurant. On se doute que cela n'est pas dû au hasard. Le quatuor officie dans une parfaite synchronisation, cela semble peut être un peu trop bien ficelé parfois d'ailleurs. Mais qu'importe le set électrise, alors restons survoltés !


Lebanon Hanover

Bien qu'enchanté par Temples, je me sauve quelques instants rejoindre le bar afin de me rafraîchir. Quelques instants qui resteront finalement ce temps indéfini ou j'aperçois, dans le Transbordeur club, Lebanon Hanover effectuer ses dernières opérations avant son set. Venant pour eux, je ne résiste pas à l'appel de grappillage de quelques bouts de mélodies. Finalement, le set des Temples achevé, la foule rejoint progressivement le bar et le prochain set ne tarde pas à se faire annoncer. En scène, apparaît le duo britannico-suisse formé par Larissa Iceglass et William Maybelline. Clairement inscrit dans la scène cold wave, le son glacial et désespéré de Lebanon Hanover ne tarde pas à transparaître et à congeler les coeurs. Après un album paru en 2018, "Let Them Be Alien", précédé par "Besides the Abyss" (2015) et "Tomb for Two" (2013), le groupe vient présenter son univers iconique assumé, poussé jusqu'au paroxysme (cf la corde du pendu comme logo, l'intitulé des morceaux et noms d'albums, le visuel romantique des couvertures d'albums...).

Suivant le groupe depuis près de six maintenant, je reste toujours autant scotchée devant les cadences minimalistes du groupe, très marquée par la basse de Maybelline, le synthé et la boite à rythmes. Ce qui semble "conformiser" l'ensemble mélodique de Lebanon Hanover constitue en fait le système organique du groupe. On se dirait comme traîner dans une inlassable quête rythmique, quasi essentielle, à la recherche acharnée de nouvelles variations. La voix éteinte de Larissa Iceglass combinée à celle fantomatique de Maybelline finissent de donner le ton à cet univers sonore, clairement inspiré du post punk eighties. Le rendu m'a toujours paru si efficace que Lebanon Hanover ne m'apparaît pas comme un énième recyclage de ces années-là, mais dépasse ces cadres d'influences pour porter le genre musical dans ses derniers retranchements.

Malheureusement, n'étant pas véhiculée, j'ai du opter pour les transports en commun et écourter là ma soirée, ce qui ne me permit pas d'assister aux sets de Johnny Mafia et Health. Très belle soirée néanmoins, qui même si elle me laisse une moins forte impression que la deuxième édition, n'a pas manqué de me faire faire quelques belles découvertes !


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