Critique de concert Fiesta des Suds : Seun Kuti & Egypt80 + True Live + Celso Pina + Nortec Collective

Nous sommes les 99% (non, un peu moins quand même, tout le monde n’a pas les moyens de payer les 20 ou 25 euros d’entrée, et tout le monde n’a pas un ami au conseil général qui distribue des invitations à tour de bras…) qui allons faire la fiesta pendant que les 1% travaillent à baiser le système.
Pas franchement dans un état festif au départ, et le froid a en plus rafraîchit mes dernières ardeurs. Mais finalement je dois avouer que j’ai passé une très bonne soirée, qui a même gommé en partie certains préjugés que j’ai par rapport à la Fiesta et à ce genre de festival en général…
Il faut dire que ma soirée commence avec un de mes artistes favoris : le nigérian Seun Kuti digne successeur de son père. De mon point de vue il dépasse même Fela par sa présence et son jeu de scène. Première constatation il y a moins de monde que la semaine dernière pour la soirée Paco de Lucia.
Tant mieux, car ce n’était pas des conditions pour voir un concert.
Cette fois-ci on peut se faufiler au milieu de la foule et on n’est pas obligé de suivre le concert sur écran géant…

Il me semble qu’il y a dû y avoir du clamssage ou des départs en retraite au sein de Egypt 80 (groupe original de Fela) depuis la dernière fois : pas mal de jeunes et de nouvelles têtes sur les quinze musiciens et danseuses. Le son est moyen : notamment la basse est souvent un peu noyée alors qu’elle est la colonne vertébrale de l’ensemble. Mais bon je sais : on est sous chapiteau, donc c’est pas si mal.
Les danseuses de Seun n’ont pas l’air d’être trop touchées par le froid et elles réchauffent bien l’ambiance. Seun, comme d’habitude, parle entre les chansons et évoque notamment la situation de son pays le Nigéria : colonisation, vol du pétrole par les grandes compagnies occidentales, et encore il a la gentillesse ou pas le temps de rentrer dans les détails de la catastrophe sanitaire, sociale et écologique…

Bon j’en profite au passage, pour préciser que c’était plutôt bienvenue de trouver sur le site de la fiesta des stands Amnesty et Emmaüs notamment. Bon il m’aura fallut 10 ou 15 minutes pour rentrer totalement dans le truc. Magie de la musique et de la transe afrobeat qui te fait tout oublier !
Seun continue de parler, et tente même quelques phrases en français et quelques piques envers notre cher président. L’essentiel de la set list consiste en titres du nouvel album From Africa with Fury : Rise. Je ne connais pas encore l’album mais ça cartonne comme toujours et je retiens notamment Mr Big Thief ( M.Grand voleur où il y a sans doute un jeu de mot avec Chief, c’est simple, efficace et ça a le mérite d’être clair et compréhensible par tout le monde).

A choisir j’ai toujours préféré les groupes engagés surtout quand ils transpirent la sincérité comme c’est le cas de Seun. On va pas changer le monde mais bon au moins ça soulage d’entendre certaines vérités.
L’hypnose nigériane suit son court. Putaing ça fait du bien, meilleur que tous les médicaments. Seun se met torse nu et continue ses chorégraphies un brin sexuelles où on devine même par moment que madame nature a été généreuse, mais bon je m’égare !

Seun termine en nous rappelant qu’il ne s’agit pas de musique traditionnelle africaine mais bien de musique originale, puisque l’afrobeat consiste en un mélange de funk afro, musique africaine, jazz, …Et je crois qu’il a raison de préciser ce détail, car malgré nous on peut toujours avoir de fâcheux préjugés sur l’Afrique et la culture africaine.
Ils terminent par un rappel avec une des rares chansons interprétées ce soir du premier album Mosquito song.
Direction la chaleureuse (dans tous les sens du terme) salle des sucres pour les australiens de True Live (pas très accrocheur le nom, dommage).
J’arrive alors qu’un violoncelliste (!) exécute une intro en solo. True Live c’est du hiphop jazzy exécuté par de vrais musiciens et ça m’a bien accroché en extraits, ce qui devient de plus en plus rare pour moi dans le rap et le hiphop…

La surprise ce soir c’est que le groupe est donc composé d’un violoncelliste, d’un violoniste, d’un contrebassiste et d’un batteur. Des instruments plutôt rares (à part la batterie) dans ce contexte rap. En plus ils sont habillés en costards donc ça change des éternelles casquettes/survets. Ca pourrait me faire fuir mais en fait ça fonctionne parfaitement.

Leur musique est souvent très énergique et le chanteur assure aussi bien par son flow rap que par ses envolées soul. Ca fait un moment que je n’avais pas entendu une voix aussi puissante et agréable et en plus utilisée dans un contexte musical plutôt de qualité.

Bon, malgré tout je finis par me lasser à cause de leur titre TV qui n’en finit pas et en plus je veux voir les mexicains de Celso Pina qui jouent en même temps dans la salle cabaret. La petite salle est pleine à ras bord. Difficile de tenter une percée. Tant pis, je reste au fond et l’ambiance est aussi bonne qu’aux premiers rangs !
Celso Pina est un chanteur accordéoniste mexicain et ce soir il est accompagné par un groupe au complet : guitare électrique, basse, batterie et deux percussionnistes.
Je ne sais pas complètement pourquoi mais je déteste la salsa et je déteste la samba ! Donc j’ai beaucoup de mal à vibrer au son des musiques sud-américaines.
Mais ce soir c’est de Cumbia dont il s’agit. La basse marque tous les temps forts ce qui donne un côté chaloupé et un peu grisant qui ne met pas longtemps à m’entraîner…Sympathique surprise ! L’ambiance dans la salle justifie enfin le nom du festival ! La cumbia commence à être popularisée à Marseille vu que des salles marseillaises lui consacrent des soirées notamment l’Enthropy (salle actuellement fermée pour cause officieuse de Marseille 2013 doit sentir bon sous les bras, parfumé au déodorant umpiste).

J’aurai sans doute dû partir sur cette bonne note, d’autant que je me fais payer une crêpe par le tenancier de la crêperie. Mais finalement je suis allé constaté en live ce que j’avais déjà pressenti en extraits le mélange musique traditionnelle sud-américaine + techno de Nortec Collective manque sacrément de piquant et de saveur…Bref, pas grave ça a été une vraie soirée de fiesta avec par-ci par-là quelques valeurs retrouvées…
Pas franchement dans un état festif au départ, et le froid a en plus rafraîchit mes dernières ardeurs. Mais finalement je dois avouer que j’ai passé une très bonne soirée, qui a même gommé en partie certains préjugés que j’ai par rapport à la Fiesta et à ce genre de festival en général…
Il faut dire que ma soirée commence avec un de mes artistes favoris : le nigérian Seun Kuti digne successeur de son père. De mon point de vue il dépasse même Fela par sa présence et son jeu de scène. Première constatation il y a moins de monde que la semaine dernière pour la soirée Paco de Lucia.
Tant mieux, car ce n’était pas des conditions pour voir un concert.
Cette fois-ci on peut se faufiler au milieu de la foule et on n’est pas obligé de suivre le concert sur écran géant…

Il me semble qu’il y a dû y avoir du clamssage ou des départs en retraite au sein de Egypt 80 (groupe original de Fela) depuis la dernière fois : pas mal de jeunes et de nouvelles têtes sur les quinze musiciens et danseuses. Le son est moyen : notamment la basse est souvent un peu noyée alors qu’elle est la colonne vertébrale de l’ensemble. Mais bon je sais : on est sous chapiteau, donc c’est pas si mal.
Les danseuses de Seun n’ont pas l’air d’être trop touchées par le froid et elles réchauffent bien l’ambiance. Seun, comme d’habitude, parle entre les chansons et évoque notamment la situation de son pays le Nigéria : colonisation, vol du pétrole par les grandes compagnies occidentales, et encore il a la gentillesse ou pas le temps de rentrer dans les détails de la catastrophe sanitaire, sociale et écologique…

Bon j’en profite au passage, pour préciser que c’était plutôt bienvenue de trouver sur le site de la fiesta des stands Amnesty et Emmaüs notamment. Bon il m’aura fallut 10 ou 15 minutes pour rentrer totalement dans le truc. Magie de la musique et de la transe afrobeat qui te fait tout oublier !
Seun continue de parler, et tente même quelques phrases en français et quelques piques envers notre cher président. L’essentiel de la set list consiste en titres du nouvel album From Africa with Fury : Rise. Je ne connais pas encore l’album mais ça cartonne comme toujours et je retiens notamment Mr Big Thief ( M.Grand voleur où il y a sans doute un jeu de mot avec Chief, c’est simple, efficace et ça a le mérite d’être clair et compréhensible par tout le monde).

A choisir j’ai toujours préféré les groupes engagés surtout quand ils transpirent la sincérité comme c’est le cas de Seun. On va pas changer le monde mais bon au moins ça soulage d’entendre certaines vérités.
L’hypnose nigériane suit son court. Putaing ça fait du bien, meilleur que tous les médicaments. Seun se met torse nu et continue ses chorégraphies un brin sexuelles où on devine même par moment que madame nature a été généreuse, mais bon je m’égare !

Seun termine en nous rappelant qu’il ne s’agit pas de musique traditionnelle africaine mais bien de musique originale, puisque l’afrobeat consiste en un mélange de funk afro, musique africaine, jazz, …Et je crois qu’il a raison de préciser ce détail, car malgré nous on peut toujours avoir de fâcheux préjugés sur l’Afrique et la culture africaine.
Ils terminent par un rappel avec une des rares chansons interprétées ce soir du premier album Mosquito song.
Direction la chaleureuse (dans tous les sens du terme) salle des sucres pour les australiens de True Live (pas très accrocheur le nom, dommage).
J’arrive alors qu’un violoncelliste (!) exécute une intro en solo. True Live c’est du hiphop jazzy exécuté par de vrais musiciens et ça m’a bien accroché en extraits, ce qui devient de plus en plus rare pour moi dans le rap et le hiphop…

La surprise ce soir c’est que le groupe est donc composé d’un violoncelliste, d’un violoniste, d’un contrebassiste et d’un batteur. Des instruments plutôt rares (à part la batterie) dans ce contexte rap. En plus ils sont habillés en costards donc ça change des éternelles casquettes/survets. Ca pourrait me faire fuir mais en fait ça fonctionne parfaitement.

Leur musique est souvent très énergique et le chanteur assure aussi bien par son flow rap que par ses envolées soul. Ca fait un moment que je n’avais pas entendu une voix aussi puissante et agréable et en plus utilisée dans un contexte musical plutôt de qualité.

Bon, malgré tout je finis par me lasser à cause de leur titre TV qui n’en finit pas et en plus je veux voir les mexicains de Celso Pina qui jouent en même temps dans la salle cabaret. La petite salle est pleine à ras bord. Difficile de tenter une percée. Tant pis, je reste au fond et l’ambiance est aussi bonne qu’aux premiers rangs !
Celso Pina est un chanteur accordéoniste mexicain et ce soir il est accompagné par un groupe au complet : guitare électrique, basse, batterie et deux percussionnistes.
Je ne sais pas complètement pourquoi mais je déteste la salsa et je déteste la samba ! Donc j’ai beaucoup de mal à vibrer au son des musiques sud-américaines.
Mais ce soir c’est de Cumbia dont il s’agit. La basse marque tous les temps forts ce qui donne un côté chaloupé et un peu grisant qui ne met pas longtemps à m’entraîner…Sympathique surprise ! L’ambiance dans la salle justifie enfin le nom du festival ! La cumbia commence à être popularisée à Marseille vu que des salles marseillaises lui consacrent des soirées notamment l’Enthropy (salle actuellement fermée pour cause officieuse de Marseille 2013 doit sentir bon sous les bras, parfumé au déodorant umpiste).

J’aurai sans doute dû partir sur cette bonne note, d’autant que je me fais payer une crêpe par le tenancier de la crêperie. Mais finalement je suis allé constaté en live ce que j’avais déjà pressenti en extraits le mélange musique traditionnelle sud-américaine + techno de Nortec Collective manque sacrément de piquant et de saveur…Bref, pas grave ça a été une vraie soirée de fiesta avec par-ci par-là quelques valeurs retrouvées…
Signature : roohakimle 24/10/2011
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Photographe : julienk
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