Critique de concert Flotation Toy Warning + Maison Neuve


Bien difficile de se remettre de cette extraordinaire soirée Talitres Records au Café de la Danse (Paris) en compagnie des très prometteurs français de Maison Neuve, une première partie idéale pour annoncer le set mirifique des revenants anglais de Flotation Toy Warning... Voir un groupe - simple, convivial et hyper content de se produire sur scène - déclencher des torrents d'émotions pendant la totalité de son show en jouant ses chansons, c'est vraiment rare. Flotation Toy Warning, en état de grâce devant une salle copieusement remplie et extatique, a réussi cet exploit. Compte rendu :

Maison Neuve
Auteur d'un excellent album (Joan ) sorti il y a peu sur le précieux label Talitres Records, Maison Neuve place d'entrée de jeu les choses sur la bonne voie, celle qui mène à un live marquant : chansons très bien écrites, idées originales d'arrangements (saxophone, synthés bizarres, chœurs décalés... ), son évoluant entre rock new yorkais à la Velvet Underground, post rock ombrageux, shoegazing bruitiste et pop en français ou en anglais. Emmenée par un chanteur à la voix prenante et au jeu de jambes digne de Mohamed Ali - il trépigne joliment en exécutant des pas de danse drolatiques... -, la troupe joue de manière compacte, nerveuse et enlevée, ce qui fait très forte impression dans les rangs du public. Les aspirants au titre de mini tube défilent à vitesse grand V : Prophet, Victor, The Wrong Class, Au Large De la Ville, Lizzy In The Sea, Touch In The Heart et, bien sûr, l'immense Under Skies Of Fire, servi dans un tonnerre de distorsion... Les parties vocales de ces morceaux sacrément bien foutus font souvent penser à Lou Reed et à Nico, ce qui est très, très bon signe... Au final, on ne peut donc que vivement conseiller au plus grand nombre le dernier disque et les concerts de ce groupe !

Flotation Toy Warning
Tout est ok, la scène est installée (trois claviers etc), le public est impatient... Pour se rassurer et s'émoustiller, on se souvient brièvement de très bons concerts du groupe Flotation Toy Warning à la Route du Rock de Saint-Malo en 2004 et surtout sur la péniche du Sirius à Lyon en 2005. Et puis c'est parti pour un premier morceau assez flottant, Popstar Researching Oblivion... Le temps de se caler sur scène et l'on prend la mer avec le groupe de Paul Carter, pour une chevauchée sidérante de beauté, très propice à la mélancolie et idéale pour se rêver en capitaine d'un bateau aux prises aussi bien avec les orages menaçants qu'avec les accalmies idylliques...

Ravis de se produire à Paris devant leur public le plus nombreux à ce jour, les musiciens de Flotation Toy Warning (qui semblent tous amis et très proches, ça fait plaisir à voir !) tutoient des cimes inatteignables, malgré quelques approximations plutôt touchantes... Les inestimables, incroyables et inépuisables titres de Bluffer's Guide To The Flight Deck (publié par Talitres Records, un must de toute discothèque qui se respecte !) sont joués avec une foi, une inspiration et une sensibilité qui donnent plusieurs fois envie de pleurer de bonheur, puis de serrer très fort chaque musicien dans ses bras. La voix de Mr Carter est tout simplement bouleversante, les morceaux sont géniaux (y compris les petits nouveaux comme When The Boat Comes Inside The House et A Season Underground, même s'il faut un peu de temps pour les apprivoiser.. ) et le groupe parfait pour créer des atmosphères planantes avec force chœurs élégiaques, claviers et synthés décalés, cordes synthétiques envoutantes, guitare, basse et batterie propices au décollage vers la voix lactée ou à la navigation nocturne sous les étoiles... On pense à une synthèse parfaitement miraculeuse entre Nick Drake (les cordes de Robert Kirby), Grandaddy, Jeff Buckley, Flaming Lips, Mercury Rev et un chanteur lyrique. C'est juste di – vin !

Outre l'inoubliable rappel divin débuté par un morceau joué en solo au synthé par Paul Carter, les moments mémorables de ce concert d'exception resteront Fire Engine on Fire, Part 2, avec sa partie de guitare sonnant comme une scie musicale, Losing Carolina ; For Drusky porté par sa structure alambiquée et ses arpèges ultra poignants et Donald Pleasance, illuminé par ses synthés, ses cordes, ses cuivres et sa mélodie vocale en forme d'ascenseur vers le paradis... Souhaitons à ce singulier groupe de rencontrer un large public à la mesure de son talent, immense. Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre le nouvel album, prévu pour 2012, et le prochain rendez-vous scénique en compagnie de Flotation Toy Warning.

Photos du concert par air pour Le Cargo : http://lecargo.org/spip/flotation-toy-warning/le-cafe-de-la-danse-paris/article7651.html...

Liens : www.cafedeladanse.com, www.facebook.com/cafedeladanse, www.flotationtoywarning.co.uk, www.facebook.com/pages/Flotation-Toy-Warning, www.facebook.com/maisonneuvemusic, www.facebook.com/talitres.rds, http://talitres.com.
Signature : pierre andrieule 25/10/2011
Envoyer un message à pierre andrieu
Voir toutes les critiques de concert rédigées par pierre andrieu

le 14 août 2004 - Fort de Saint Père, Palais du Grand-Large et Plage (par Pierre Andrieu)
Café de la Danse, Paris

le 6 octobre 2011 - Café de la Danse, Paris (par Pierre Andrieu)

le 16 septembre 2011 - Café de la Danse, Paris (par Pierre Andrieu)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation
















