Critique de concert Forabandit : Sam Karpienia, Ulaş Özdemir & Bijan Chemirani (Chants Sacrés en Méditerranée)


C'est curieux tout de même tout le monde s'accorde à dire que les mois d'octobre et de mars sont parmi les plus chargés en concert et pourtant tout le monde continue à organiser des festivals à cette date ... Parmi tous les festivals qui ont lieu en ce moment il est parfois difficile de choisir entre la Fiesta des Suds (21ème edition), le festival Chhhhhut (2ème édition), le festival Jazz sur la Ville (7ème édition), RIAM (9ème édition) et le festival Chants Sacrés en Méditerranée qui en est lui à sa 21ème edition.

Au programme ce soir au Café Julien, Forabandit dont j'ai beaucoup le disque et en ouverture Françoise Atlan (qui joue semble t il quasiment tous les soirs). Arrivé un peu tard je ne verrai que la fin de son set (3-4 morceaux). Contrairement à la fois où je l'avais vue accompagnée par l'orchestre de Fez (au Dock des Suds) ce soir elle est seule devant un Café Julien en configuration assise (pour cela la scène a été tourtnée 90 degrés par rapport à sa configuration habituelle. A capella où accompagnée d'un tambourin quelle effleure à peine, elle (en)chantera (le public présent ce soir de) ses chansons judéo-espagnoles.

Pas un bruit et beaucoup du monde ... tellement que je n'ose pas m'approcher. En haut aussi c'est plein. Du coup c'est du fond que j’apprécierai sa voix, comprenant un peu les parties espagnoles, même si je suis complètement néophyte dans ce registre. Je profiterai de la pause entre les deux sets pour m'approcher un peu par le bar.

En attendant je repense souris en pensant que lorsque j'ai découvert Sam Karpienia au sein de Dupain je n'aimais pas sa voix. D'ailleurs déjà dans Gacha Empega la voix qui me plaisait la plus des trois était celle de Manu Théron. Depuis, je ne sais pas si son chant a évolué ou si c'est mon oreille mais toujours est il que depuis un bon moment déjà j'ai changé d'avis et le suis dans ses nombreux projets (plus ou moins longs) : les reformations multiples des deux groupes cités ci dessus mais aussi, Karpienia ou Troba Nova et maintenant ce Forabandit, sans oublié des projets plus ponctuels tel que ses duos avec Stephane Galeski, Ahmad Comparoé, ou ses surgissement aux côtés de Manu Théron par exemple, .

Ce soir il chante en occitan et jour du oud, et il est accompagné de Bijan Cheminari (zarb, percussion) comme au sein de Karpienia et de Troba Nova, et de Ulas Ozdemir qui lui joue du baglma (un truc qui ressemble à une oud) et chante en turc. Il joueront il me semble tous les morceaux du disque entrecoupés d’interventions en VO de la part des deux chanteurs .... l'occasion de retrouver avec un plaisir intact la gouaille de Sam.

Toujours ce contact désopilant ... Lorsque Ulas se lance dans une grande explication en turc, bien souvent lorsqu'il fait une pause pour que Sam traduise, ce dernier se contente de le regarder en souriant d'un air entendu, ou de "traduire" ce qui lui passe par la tête.(en effet cela m'étonnerait qu’avec son air si sérieux, Ulas se soit mis à parler de sa moustache !

Jamais complétement sérieux, surtout lorsqu'il citant Pessoa ou Clara D'anduze il guide quad même l'auditeur en introduisant les morceaux, comme cette intro de l'Amor de luenh qui finit par un discret "c'est pour cela que depuis on a inventer l'amour de près". Il nous donnera aussi quelques éléments sur ce qui les a rassemblait lors de leur première rencontre - résidence en 2009 (par exemple : les deux chantent le mystique - religieux dans un cas, amoureux dans l'autre).

Musicalement (car c'est quand même de cela qu'il s'agit), l'improbable rencontre prend tout son sens sur scène. La voix de Sam (rapeuse, éraillée, un rien gueularde) et de Ulas (plus claire, presque douce) se superposent et complètent à merveille sur tous les morceaux. Bien que calmes ils n'en sont pas moins entrainants voire hypnotiques.

Le chant limite "indien" de Ulas me fera pensé à une ou deux reprises à certains morceaux de Susheela Raman. Lorsqu'il recule discrètement de son micro pour se mettre à crier (tout en retenu) on ne bouge plus ... Bref on se délecte de leurs envolées instrumentales et on boit leur paroles (même si on ne les comprend pas dans le détail - typiquement le genre de concert où l'idée où l'ajout de sous-titres qui défileraient en temps réel serait un réel plus !)

Je n'avais pas forcement prévu de rester tout le temps mais c'est pourtant ce que je ferai ... et si je n'avais pas déjà leur disque il est clair que je n'aurais pas résister à l'envie de l’acheter pour pouvoir prolonger un peu la magie de ce soir chez moi en famille.
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et une petite de Françoise Atlan par ici
Signature : pirlouiiiitle 25/10/2012
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