Critique de concert Fred Wesley & The New JBs + MC Monetti (Festival Tighten Up Series #7)

La soirée est fraîche en ce samedi et les habitués du Cabaret Aléatoire patientent à l’extérieur, dans la cour, en fumant leur cigarette ou en buvant leur demi.

Lorsqu’ils entrent dans la salle pour renouveler le contenu de leur verre, ils peuvent apprécier la platine de MC Monetti qui a entrepris de réveiller la bête funk qui sommeille en eux. Quelquefois, la nostalgie les touche en plein coeur : "This Is A Man’s Man’s World !" nous crie James Brown. Une valeur sûre.
Tellement sûre qu’en 2011, le slogan "le tromboniste de James Brown" suffit encore à remplir les salles. C’est le gage d’une soirée mi-soul mi-funky. Fred Wesley n’est pas que ça. Il était tromboniste et également arrangeur du Godfather Of Soul, mais aussi du Genius. Excusez du peu. Et puis c’est la suite du Festival Tighten Up Series #7. Ceux qui ont accordé leur confiance aux programmeurs la semaine dernière (Youngblood Brassband + Samenakoa) ne peuvent que la leur renouveler. Encore une fois à raison.

Ce ne sont pourtant pas les quelques phrases du Concerto d’Aranjuez esquissées en tout début de concert qui ont mis le feu à la Friche. Il s’agissait en fait de l’intro de Spain de Chick Corea. Une reprise hispanisante, certes mais plutôt à la sauce sud-américaine. Les préliminaires n’auront pas duré longtemps. It’s time to funk.

C’est parti pour une heure et demie où la basse, la caisse claire et la grosse caisse, vont déguster, où le clavier va rappeler le bon vieux temps du rhythm’n’blues, la guitare multiplier les accords en milieu de manche et délivrer quelques chorus sur la bien-nommée plaque de protection, le saxophone s’évader jusqu’à la saturation, la trompette s’égosiller dans les aigus, le trombone délivrer son phrasé coulissé et les cuivres tous ensemble ponctuer les morceaux avant bien entendu, de déposer la phrase finale.

La chorégraphie est aisée pour les spectateurs : pied gauche devant le droit, je reviens, pied droit devant le gauche, je reviens. Pour les bras, chacun fait preuve d’imagination à condition que les mains ne soient pas occupées à battre la mesure.

Sur la parenthèse soul, les corps ondulent différemment. Il manque une voix qui nous parlerait d’amour pour parachever les tendres messages que s’efforcent de nous adresser The New BJs, tout autant à l’aise dans ce registre-là. Alors, Fred Wesley empoigne son instrument. L’histoire d’amour, c’est son trombone qui va nous la conter. Son langage est universel, nul besoin de sous-titres.

Lorsque le batteur accomplit son chorus, lorsque c’est l’heure pour le vieux sage de récupérer et que les New JBs se débrouillent sans lui, il vient poser sa silhouette sur un tabouret sur la gauche de la scène et contemple ses ouailles avec une délectation peut-être supérieure encore à la nôtre.
L’autre parenthèse-pas-funk, Count Basie ne l’aurait pas reniée. Mais plus la pièce avançait et plus le "big band" retrouvait ses accents funky. On ne se refait pas. Accents poussés à leur paroxysme sur la fin du concert. Le public est aux anges. Radieux et libéré, à l’image du septet. Aucun scrupule à ajouter du yaourt entre les "Breakin’ Bread", aucune retenue gestuelle ni vocale lors du House Party final.

Fred Wesley & The New JBs :
Peter Madsen : claviers / Dwayne Dolphin : basse / Bruce Cox : batterie /
Fred Wesley : trombone /
Reggie Ward : guitare / Gary Winters : trompette / Philip Whack : saxophone.
Bonus vidéo : Breakin’ Bread
Plus de photos ici.

Lorsqu’ils entrent dans la salle pour renouveler le contenu de leur verre, ils peuvent apprécier la platine de MC Monetti qui a entrepris de réveiller la bête funk qui sommeille en eux. Quelquefois, la nostalgie les touche en plein coeur : "This Is A Man’s Man’s World !" nous crie James Brown. Une valeur sûre.
Tellement sûre qu’en 2011, le slogan "le tromboniste de James Brown" suffit encore à remplir les salles. C’est le gage d’une soirée mi-soul mi-funky. Fred Wesley n’est pas que ça. Il était tromboniste et également arrangeur du Godfather Of Soul, mais aussi du Genius. Excusez du peu. Et puis c’est la suite du Festival Tighten Up Series #7. Ceux qui ont accordé leur confiance aux programmeurs la semaine dernière (Youngblood Brassband + Samenakoa) ne peuvent que la leur renouveler. Encore une fois à raison.

Ce ne sont pourtant pas les quelques phrases du Concerto d’Aranjuez esquissées en tout début de concert qui ont mis le feu à la Friche. Il s’agissait en fait de l’intro de Spain de Chick Corea. Une reprise hispanisante, certes mais plutôt à la sauce sud-américaine. Les préliminaires n’auront pas duré longtemps. It’s time to funk.

C’est parti pour une heure et demie où la basse, la caisse claire et la grosse caisse, vont déguster, où le clavier va rappeler le bon vieux temps du rhythm’n’blues, la guitare multiplier les accords en milieu de manche et délivrer quelques chorus sur la bien-nommée plaque de protection, le saxophone s’évader jusqu’à la saturation, la trompette s’égosiller dans les aigus, le trombone délivrer son phrasé coulissé et les cuivres tous ensemble ponctuer les morceaux avant bien entendu, de déposer la phrase finale.

La chorégraphie est aisée pour les spectateurs : pied gauche devant le droit, je reviens, pied droit devant le gauche, je reviens. Pour les bras, chacun fait preuve d’imagination à condition que les mains ne soient pas occupées à battre la mesure.

Sur la parenthèse soul, les corps ondulent différemment. Il manque une voix qui nous parlerait d’amour pour parachever les tendres messages que s’efforcent de nous adresser The New BJs, tout autant à l’aise dans ce registre-là. Alors, Fred Wesley empoigne son instrument. L’histoire d’amour, c’est son trombone qui va nous la conter. Son langage est universel, nul besoin de sous-titres.

Lorsque le batteur accomplit son chorus, lorsque c’est l’heure pour le vieux sage de récupérer et que les New JBs se débrouillent sans lui, il vient poser sa silhouette sur un tabouret sur la gauche de la scène et contemple ses ouailles avec une délectation peut-être supérieure encore à la nôtre.
L’autre parenthèse-pas-funk, Count Basie ne l’aurait pas reniée. Mais plus la pièce avançait et plus le "big band" retrouvait ses accents funky. On ne se refait pas. Accents poussés à leur paroxysme sur la fin du concert. Le public est aux anges. Radieux et libéré, à l’image du septet. Aucun scrupule à ajouter du yaourt entre les "Breakin’ Bread", aucune retenue gestuelle ni vocale lors du House Party final.

Peter Madsen : claviers / Dwayne Dolphin : basse / Bruce Cox : batterie /
Fred Wesley : trombone /
Reggie Ward : guitare / Gary Winters : trompette / Philip Whack : saxophone.
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Signature : mcyavellle 25/05/2011
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Photographe : mcyavell
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le 3 décembre 2009 - Le Liberté, Rennes (par Pierre Andrieu)
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