Critique de concert Frédéric Nevchehirlian + Guylaine Renaud + Antoine Chao

Soirée surprise sur le thème du vélo de Jeanne Calment dans une bodega historique de la ville D'arles : la Muleta. Le thème de cette soirée était imposé par le Museon Arlaten, le musée d'ethnographie de la ville d'Arles et de la Provence plus généralement (musée créé par Frédéric Mistral, "l'inventeur de la Provence“ il y a un peu plus d'un siècle, c'est-à-dire après la naissance de Jeanne Calment).
Cette soirée, ouverte au public, se fait dans le cadre de l'opération "Le Voyage des 10" organisée par le musée pendant que des travaux sont réalisés dans celui-ci (infos sur le site du musée), et donne lieu, cette fois, à l'enregistrement d'une émission (Equinoxe) pour France Culture.
Je m'y présente sans savoir ce que je vais voir, uniquement attiré par la présence participative de Fredéric Nevchehirlian... La soirée commence par une introduction des officiels (conservateur du musée et président de la Muleta), interviewés par l'animatrice de France Culture. Ils laissent ensuite la place à Fredéric Nevchehirlian, Antoine Chao et Guylaine Renaud (qui viennent de passer une semaine en résidence non loin d'Arles pour préparer cette soirée).
Antoine Chao derrière le bar, les mains sur les platines, le béret à portée de ces mains, lance des enregistrements d'époque (c.a.d. des 130 dernières années !), ou d'autres faits par lui même pour l'occasion, et interagit avec le duo sur scène : Fred Nevchehirlian et Guylaine Renaud. Ces deux derniers jouent le rôle de troubadours modernes. G. Renaud chante ou conte et joue du tambourin. Nevchehirlian chante et raconte et joue de la guitare. L'histoire que les trois racontent mêle les événement de la vie d'Arles contemporains de Jeanne Calment à ceux du fameux vélo qu'elle enfourcha toute sa vie. Le parti pris approprié (on n'est pas ici pour sanctifiée l'ex doyenne de l'humanité, mais pour la prendre comme témoin du siècle), mixe archives sonores et création.

On commence par un succulent texte électrique (à la fois tendre et drôle) de Nevchehirlian ("La Roue") : "la roue, c'est comme l'homme, mais en mieux : c'est rond", qui introduit à merveille le suivant et folklorique (dans le bon sens du terme) "Lou Vélocipède" de Guylaine Renaud. Le trio réussit la gageure de captiver l'attention de la salle entière sur ce thème imposé : depuis le devant, où des enfants sont assis, jusqu'au fond où le bar est ouvert, le silence total se fait quand Fred Nevchehirlian met en musique la lettre de Vincent van Gogh à son frère Théo à propos de ses déboires arlésiens. L'émotion est alors palpable, on peut la sentir nous envelopper. Le ton est également juste quand Guylaine Renaud évoque l'écrivaine Graziella Roman presque centenaire ("Jeune est le temps"). Le ton et le son (la guitare !) sont exemplaires quand Nevchehirlian reprend "Aucun Express" de Bashung, ou lorsqu'il transforme le poème satirique de 1896, "Les Bloomers du Kentucky" en blues.
Les choix fait par le trio (en décalage et avec recul) sont impeccables, convertissent cette soirée surprise en concert réussi et prouvent une fois de plus que les résidences, et les mélanges de genres conduisent toujours, quand ils sont confié à des artistes de talent, à de grandes réussites.
Cette soirée, ouverte au public, se fait dans le cadre de l'opération "Le Voyage des 10" organisée par le musée pendant que des travaux sont réalisés dans celui-ci (infos sur le site du musée), et donne lieu, cette fois, à l'enregistrement d'une émission (Equinoxe) pour France Culture.
Je m'y présente sans savoir ce que je vais voir, uniquement attiré par la présence participative de Fredéric Nevchehirlian... La soirée commence par une introduction des officiels (conservateur du musée et président de la Muleta), interviewés par l'animatrice de France Culture. Ils laissent ensuite la place à Fredéric Nevchehirlian, Antoine Chao et Guylaine Renaud (qui viennent de passer une semaine en résidence non loin d'Arles pour préparer cette soirée).
Antoine Chao derrière le bar, les mains sur les platines, le béret à portée de ces mains, lance des enregistrements d'époque (c.a.d. des 130 dernières années !), ou d'autres faits par lui même pour l'occasion, et interagit avec le duo sur scène : Fred Nevchehirlian et Guylaine Renaud. Ces deux derniers jouent le rôle de troubadours modernes. G. Renaud chante ou conte et joue du tambourin. Nevchehirlian chante et raconte et joue de la guitare. L'histoire que les trois racontent mêle les événement de la vie d'Arles contemporains de Jeanne Calment à ceux du fameux vélo qu'elle enfourcha toute sa vie. Le parti pris approprié (on n'est pas ici pour sanctifiée l'ex doyenne de l'humanité, mais pour la prendre comme témoin du siècle), mixe archives sonores et création.

On commence par un succulent texte électrique (à la fois tendre et drôle) de Nevchehirlian ("La Roue") : "la roue, c'est comme l'homme, mais en mieux : c'est rond", qui introduit à merveille le suivant et folklorique (dans le bon sens du terme) "Lou Vélocipède" de Guylaine Renaud. Le trio réussit la gageure de captiver l'attention de la salle entière sur ce thème imposé : depuis le devant, où des enfants sont assis, jusqu'au fond où le bar est ouvert, le silence total se fait quand Fred Nevchehirlian met en musique la lettre de Vincent van Gogh à son frère Théo à propos de ses déboires arlésiens. L'émotion est alors palpable, on peut la sentir nous envelopper. Le ton est également juste quand Guylaine Renaud évoque l'écrivaine Graziella Roman presque centenaire ("Jeune est le temps"). Le ton et le son (la guitare !) sont exemplaires quand Nevchehirlian reprend "Aucun Express" de Bashung, ou lorsqu'il transforme le poème satirique de 1896, "Les Bloomers du Kentucky" en blues.
Les choix fait par le trio (en décalage et avec recul) sont impeccables, convertissent cette soirée surprise en concert réussi et prouvent une fois de plus que les résidences, et les mélanges de genres conduisent toujours, quand ils sont confié à des artistes de talent, à de grandes réussites.
Signature : chlorophille 23/11/2008
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le 1er mars 2012 - Forum de la Fnac Centre Bourse - Marseille (par Mcyavell)
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