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Lundi 28 mai 2012 : 9035 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert French Cowboy + Golden Boots + Valoy--Brown And The Pi's


French Cowboy + Golden Boots + Valoy--Brown And The Pi's  en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime




C'est pour ce genre de soi-disant "petites" soirées intimistes qu'on aime aller à la Coopérative de Mai : la Havalinight, avec Valoy--Brown And The Pi's, Golden Boots et French Cowboy (les ex Little Rabbits). Trois artistes à suivre de près sur le label français Havalina Records, et trois artistes ayant un mal fou à éveiller l'intérêt d'un large public. Sans grosse promo, sans plan marketing pour attaquer le "marché des consommateurs de musique", sans passages radio et télé importants, point de salut. Ou presque : il y a encore de l'espoir, le Heavy Trash de Jon Spencer ayant attiré ici-même il a deux jours une belle foule de rockers. Mais il semblerait quand même que faire de bons disques, comme le récent (Isn't My Bedroom) A Masterpiece, cela ne suffise plus de nos jours... On dirait même que c'est le contraire (cf les aseptisées et lisses Rose et Coeur de Pirate qui remplissent la grande salle de la Coopé ces jours-ci). Cela dit, le Label Havalina et ses poulains n'ont cure des considérations bassement commerciales : ils savent pourquoi ils font de la musique. Parce que c'est vital pour eux, qu'ils en ont intimement besoin dans leurs corps, dans leurs coeurs et dans leurs âmes. Compte rendu de la Havalinight :





Valoy--Brown And The Pi's, Au coeur des ténèbres soniques...

Peu après 20H30, premier choc dans le club de la Coopé – qui sonne légèrement creux ce soir – avec le concert renversant des Nantais de Valoy--Brown And The Pi's, un power trio au son suicidaire et jusqu'au boutiste, le genre de truc qui te colle au fond de la salle tellement le volume est fort et l'atmosphère est à couper au couteau. Valoy--Brown And The Pi's , c'est pas du léger, du consensuel et du rock pour bobo, c'est juste un combo dont les ambiances étranges, malsaines et menaçantes prennent aux tripes. Jambes écartées et chapeau de cowboy, le leader/chanteur/guitariste du trio pas exactement content déblatère de sombres textes tel un Lucky Luke en guerre contre la terre entière. Sa voix - semblant venir d'Outre Tombe - et ses sauvages riffs de guitare électrique sont admirablement soutenus par le batteur de French Cowboy, Eric Pifeteau, toujours irréprochable, et par un bassiste très remonté, lui-aussi. L'indicible noirceur qui se dégage des titres de Valoy--Brown And The Pi's est à la fois scotchante, évocatrice de terrifiants cauchemars et particulièrement marquante en live. Le spectateur, incrédule, se retrouve plongé au coeur des ténèbres soniques en compagnie des fantômes visiblement bien vivants de Nick Cave and The Bad Seeds, Leonard Cohen, Sonic Youth et Jeffrey Lee Pierce... et il en redemande.





Golden Boots, "Attention, ce public vous regarde comme des zombies !"

Changement radical de son (et transition un peu difficile de ce fait) avec le passage, juste après, des Américains branquignoles et foutraques de Golden Boots, une bande de desperados venue directement de Tucson, Arizona pour délivrer la bonne parole country/folk et pop/rock. Décontracté comme le très laid back JJ Cale, fans d'harmonies vocales aériennes comme Crosby Stills Nash & Young et lâchant parfois les chevaux comme Crazy Horse, la troupe se la joue bordeline, décalé et bizarroïde. Une partie du public décroche un peu à l'écoute de ces country songs pourtant extrêmement bien foutues, mais toujours surprenantes et à deux doigts de la sortie de route ; on dirait que ces jeunes gens originaux et barrés ont fumé une bonne quantité de champignons hallucinogènes avant de monter sur scène. Grâce à cela (ou pas), les portes de la perception sont grandes ouvertes, permettant aux curieux et aux aficionados des combos en perpétuel mouvement de tripper gravement. L'assistance doit paraitre pour le moins décontenancée au groupe, qui déclarera à Federico des French Cowboy, qui s'empressera de le répéter au micro plus tard : " Attention, ce public vous regarde comme des zombies ! " Loin d'être des morts vivants musiciens, les membres de Golden Boots font juste une country folk rock psyché et barrée faite pour dérouter, avant de mieux indiquer une passionnante piste pour décoller... Dénichés par Mr Pellegrini lors de ses pérégrinations dans le pays des cowboys, ces drôles d'oiseaux se perchent là où bon leur semble, et c'est très bien comme ça...





French Cowboy, Comme des Cowboys à l'âme fresh...

Les French Cowboy se sentent un peu comme chez eux à la Coopé depuis leur concert suivi d'une résidence d'une semaine pour enregistrer l'album Share Horses avec Lisa Li-Lund... Ils ont ici un public de fans qui les suit chaque fois qu'ils se produisent dans les parages, ce qui permet à l'atmosphère de la salle d'être chaleureuse, malgré la faible assistance. Et puis, il y a le très en forme - quel chauffeur de salle ! - Fred Le Falher, et ses 40 élèves en art graphique venus d'Aurillac présenter leur travail aux musiciens, ce qui contribue à faire du concert de French Cowboy un excellent moment de communion avec un groupe d'exception.

Malgré un trou de mémoire de Mr Pellegrini (désormais coiffé comme un savant fou, à la professeur Tournesol ) dès le deuxième morceau, le combo nantais et ses Spectorettes (quatre choristes de très haut niveau) fait une excellente impression. On le savait déjà, mais cette bande évoluant en toute liberté comme des Cowboys à l'âme fresh (à l'image de l'électron libre Jean-Louis Murat) a tous les atouts en mains pour faire marcher la machine à faire passer des étoiles sous les paupières : des chansons en or massif, une incroyable cohésion musicale, un son de dingue et, enfin, une attitude simple et conviviale. C'est carrément la grande classe cette suite indé, country folk rock et en anglais des précieux Little Rabbits ! Il serait temps que le grand public s'en aperçoive enfin... Car, animé par une inextinguible passion pour la musique, French Cowboy se fait fort de sortir des disques (déjà trois au compteur, le dernier s'appelant (Isn't My Bedroom) A Masterpiece) truffés de tubes pouvant être alanguis, dansants, très pop ou franchement rock 'n roll. Et ce tout en prenant soin de délivrer des prestations scéniques de très haut niveau !



Et oui, ce soir comme sur le reste de la tournée, French Cowboy enchaine ses mini tubes avec maestria : le disco hit Dreaming, joué au début et à la fin lors d'un rappel à la bonne franquette, l'accrocheur A Question of Time, l'envoutant Play With The boy, le très punk supersonique Supermarket, le remuant Who's that Knocking ?, le très sexy Girl, le poignant See Trees talk To Trees et j'en passe et des meilleurs... C'est un sans faute à tout point de vue : la voix de Federico est pétrie d'aspérités et bouleversante, les harmonies vocales de ses acolytes masculins et féminins sont de nature à propulser dans la stratosphère, les rythmiques sont imparables, le son de guitare est divin et... Bref, French Cowboy donne des concerts remarquables ! On ne peut donc que vous conseiller d'aller voir le groupe dès qu'il passe près de chez vous et d'acheter ses disques !



A lire également, une interview de French Cowboy (en février 2008)


Liens : www.myspace.com/sovaloy, www.myspace.com/goldenboots, www.myspace.com/thefrenchcowboy, www.havalinarecords.net.


 


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