Toujours grâce à Gilles et Sophie, je rentre au Réservoir pour assister au concert de Gary Lucas. Je le connais seulement pour avoir composé « Grace » et « Mojo Pin » pour Jeff Buckley, mais il a aussi joué avec beaucoup de musiciens influents, dont Captain Beefheart.
Il se présente seul sur scène avec trois guitares différentes (acoustique, électro-acoustique et électrique) reliées à une batterie de pédales d’effets placées sur une table. Il modifie le son de sa guitare en pianotant à la main et avec virtuosité sur ses pédales. Même s’il est incontestablement un excellent guitariste, ses morceaux de folklore chinois instrumentaux me laissent assez froid.
Ce n’est pas le renfort d’une chanteuse américaine à la voix aiguë qui arrange les choses. Mon voisin, qui connaît Gary Lucas depuis longtemps et me rappelle furieusement Joey Ramone, déclare : « il est sur une mauvaise pente Gary : il pourrait se présenter à l’Eurovision avec ça ! » Qui aime bien, châtie bien, plus que jamais ! Heureusement, les morceaux atmosphériques joués sur une Stratocaster sont superbes et évocateurs. Les titres bluesy où il chante et joue magnifiquement en slide sont, eux-aussi, bien envoyés.
Le chanteur de Tanger vient chanter deux titres assez réussis, sa voix se mélange bien aux parties de guitare de son hôte. Après un petit speech où il nous raconte sa rencontre avec Jeff Buckley, Lucas nous joue tout seul « Grace ». C’est un moment magique, on oublie presque l’absence de Jeff au chant ! Il est toutefois dommage d’essayer de replacer certains accords et sonorités dans ses nouvelles compositions en espérant le même succès que le fils de Tim.
Elli Meideiros vient chanter deux petites chansons, c’est anecdotique mais pas désagréable. Non, ils n’ont pas osé interpréter « Toi, toi, mon toi » ! Comme les gens lui réservent un triomphe et le rappelle bruyamment, le guitariste américain semble ne pas vouloir arrêter de jouer : il revient à chaque fois !
Il a l’air réellement passionné et toujours content de jouer. Son enthousiasme fait plaisir à voir ! Je n’ai pas tout aimé, loin de là, mais j’ai quand même passé une bonne soirée.
(Photos Sophie Hay)
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