Critique de concert Gilles Erhart & Benjamin Faugloire rencontrent Buster Keaton

Élégante soirée au Cri du Port.
Gilles Erhart et Benjamin Faugloire rencontrent Buster Keaton. Le film Le Caméraman est projeté sur un grand écran et, comme à l'époque du cinéma muet, un claviériste, ce soir c'est deux, improvisent en regardant l'écran.
Où se placer ? Plutôt vers le fond de la salle comme on a coutume de le faire au cinéma pour ne pas être trop près de l'écran ou devant pour observer les pianistes ? J'opte pour la seconde solution, au premier rang, du côté du piano.
Gilles Erhart vient s'y installer. Benjamin Faugloire est à l'orgue, de l'autre côté de la scène. Ils ont, disent-ils, préparé un thème - qui sera la trame de la soirée - sur lequel ils improviseront.
La magie vient surtout de l'écran. Ce film de 1928 est un véritable bijou, une ôde à la gloire du cinéma. Les scènes burlesques déclenchent l'hilarité du public : lorsque l'étourdi et maladroit Buster Keaton brise la vitre de la porte d'entrée de l'agence de reporters (running gag), lorsque son empressement à répondre au téléphone à son amoureuse le fait descendre un étage de trop... Même la scène avec la peau de banane fait son petit effet. Ajoutons une perfection au niveau des cascades, une scène d'anthologie dans une cabine que Buster est obligé de partager avec un malabar pour mettre son maillot de bain (vous imaginez qui flotte dans son maillot à la sortie), des scènes hallucinantes avec un singe et, bien sûr, des scènes de tendresse.
Pour ce qui est des claviers, je ne parlerai que de Gilles Erhart : je n'ai que très peu entendu son acolyte. Ce n'était pas seulement dû à ma position mais également à une trop faible implication de Benjamin Faugloire. Ce n'est pas plus mal, le son du piano collait mieux avec les images que celui de l'orgue. Le thème joué était fluide et délicat. On peut reprocher -ou pas- le peu de changement de rythme entre les scènes burlesques et les scènes romantiques du moins au début du set, Gilles Erhart ayant un peu rectifié le tir au fil de la soirée. Ceux qui s'attendaient à un thème du style "Histoires sans paroles" en auront été pour leurs frais. Pour ma part, j'ai apprécié que ça sorte un peu des sentiers battus. Mais j'ai tellement adoré le film que même du Richard Clayderman aurait fait l'affaire.
Ne vous inquiétez pas, les responsables du Cri du Port ne peuvent pas faire une telle faute de goût. La programmation de cette salle est sans faille et je l'ajoute tout de go à la liste de mes salles préférées.
Gilles Erhart et Benjamin Faugloire rencontrent Buster Keaton. Le film Le Caméraman est projeté sur un grand écran et, comme à l'époque du cinéma muet, un claviériste, ce soir c'est deux, improvisent en regardant l'écran.
Où se placer ? Plutôt vers le fond de la salle comme on a coutume de le faire au cinéma pour ne pas être trop près de l'écran ou devant pour observer les pianistes ? J'opte pour la seconde solution, au premier rang, du côté du piano.
Gilles Erhart vient s'y installer. Benjamin Faugloire est à l'orgue, de l'autre côté de la scène. Ils ont, disent-ils, préparé un thème - qui sera la trame de la soirée - sur lequel ils improviseront.
La magie vient surtout de l'écran. Ce film de 1928 est un véritable bijou, une ôde à la gloire du cinéma. Les scènes burlesques déclenchent l'hilarité du public : lorsque l'étourdi et maladroit Buster Keaton brise la vitre de la porte d'entrée de l'agence de reporters (running gag), lorsque son empressement à répondre au téléphone à son amoureuse le fait descendre un étage de trop... Même la scène avec la peau de banane fait son petit effet. Ajoutons une perfection au niveau des cascades, une scène d'anthologie dans une cabine que Buster est obligé de partager avec un malabar pour mettre son maillot de bain (vous imaginez qui flotte dans son maillot à la sortie), des scènes hallucinantes avec un singe et, bien sûr, des scènes de tendresse.
Pour ce qui est des claviers, je ne parlerai que de Gilles Erhart : je n'ai que très peu entendu son acolyte. Ce n'était pas seulement dû à ma position mais également à une trop faible implication de Benjamin Faugloire. Ce n'est pas plus mal, le son du piano collait mieux avec les images que celui de l'orgue. Le thème joué était fluide et délicat. On peut reprocher -ou pas- le peu de changement de rythme entre les scènes burlesques et les scènes romantiques du moins au début du set, Gilles Erhart ayant un peu rectifié le tir au fil de la soirée. Ceux qui s'attendaient à un thème du style "Histoires sans paroles" en auront été pour leurs frais. Pour ma part, j'ai apprécié que ça sorte un peu des sentiers battus. Mais j'ai tellement adoré le film que même du Richard Clayderman aurait fait l'affaire.
Ne vous inquiétez pas, les responsables du Cri du Port ne peuvent pas faire une telle faute de goût. La programmation de cette salle est sans faille et je l'ajoute tout de go à la liste de mes salles préférées.
Signature : mcyavellle 22/02/2009
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