Grand Corps Malade au Théâtre Galli, ou comment la télé arrive à amener le slameur devant le grand, grand public... La voix off vient de nous rappeler qu'il est strictement interdit d'enregistrer le concert, c'était important de le souligner, c'est bon on peut commencer.
Coincé entre deux one man show prévus au théâtre, le grand corps, pas si malade que ça nous confie être très heureux d'avoir quitté les scènes slam des bars enfumés et humides pour traverser le pays et faire escale dans de jolies salles aux fauteuils rouges velours et strapontins, pour nous offrir de "vrais" concerts. (et déjà là, j'ai très envie d'y retourner dans ce bar humide, voir si y'a pas un faux concert ce soir...).

En parlant de concert, ce soir je dirais plutôt qu'on assiste à une séance d'écoute, ou à une conférence nocturne, un truc dans le genre. A en juger les têtes inclinées vers la droite, les yeux légèrement plissés et les sourires béats, l'oratoire est conquis par la messe. Le ton est donné, grave. La voix, inébranlable déclame les textes comme une poésie apprise par coeur et récitée au tableau. C'est de ça qu'il s'agit, d'un récit (de poésie aussi, oui.. non parce que c'est vrai qu'il a écrit bien).

Et c'est vraiment dommage, les musiciens sont là pourtant, basse-batterie-guitare-et piano tous assis bien confortablement, ils ponctuent les intermèdes entre les morceaux et accompagnent le Grand Corps sur quelques vers. Alors c'est bien, ça laisse la place aux textes, et puis l'acapella c'est quand même ça le slam, au départ.
Mais parlons-en tiens, le slam c'est pas aussi dans la façon? La façon de faire vivre un texte, claquer des mots, partager quelques lignes simplement, sans chanter d'accord, mais avec conviction, un peu au moins. Sur scène tout semble figé, les yeux ouvert personne ne bouge, les yeux fermés on s'endormirait presque, bercé par la voix invariable et imposée.
On regrette presque le moment tranquille pendant lequel on écoute l'album à la maison, ou compressé dans le lecteur mp3 qui nous accompagne à chaque voyage en train. Ici le live ne semble laisser aucune place à l'mprévu, jusqu'aux interventions parlées des musiciens dans de micro-sketches plus ou moins drôles.
On assiste juste à un concert en série. Le collector ça sera pour la saison prochaine, peut-être.

Ravie de voir que tout le monde a trouvé ça fantastique. On peut se réjouir de voir que grâce à la notoriété récente du grand blond, de banlieue parisienne, le slam sort des lieux sombres et trop souvent ignorés, pour se répandre doucement en partout, dans des ateliers et des scènes ouvertes. Pas plus tard que les 26 et 27 mars, au Crep des Lices de Toulon. et c'est gratuit, et ouvert à tous.
Allez, salut.

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