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Samedi 25 mai 2013 : 10197 concerts, 21947 critiques de concert, 4855 critiques de CD.

Critique de concert Rock en Seine 2012 - Jour 2 : The Black Keys, Noel Gallagher, Agoria, Eagles Of Death Metal, The Temper Trap, Speech Debelle


Rock en Seine 2012 - Jour 2 : The Black Keys, Noel Gallagher, Agoria, Eagles Of Death Metal, The Temper Trap, Speech Debelle en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime



SAMEDI 25 AOÛT 2012

Temps : Plutôt beau, rares averses en soirée, très froid la nuit.

On a vu : Speech Debelle, Of Monsters And Men, Ed Sheeran, The Temper Trap, Eagles Of Death Metal et Lou Doillon dans l’espace VIP/presse ; Jean-Paul Huchon et Elisa Jo, visiblement peu emballée, devant Noel Gallagher ; Antoine de Caunes, Hyphen Hyphen et Anaïs à l’after VIP.


SPEECH DEBELLE – Scène de la Cascade – 15h00 : 7,5/10

C’est sous un beau soleil que cette deuxième journée de Rock en Seine commence avec la rappeuse/chanteuse Speech Debelle sur la Scène de la Cascade. Musicalement, elle se situe à mi-chemin entre deux artistes déjà passés par le festival francilien : Macy Gray et The Streets. Avec un excellent groove et un bon flow, l’artiste britannique livre une musique très mélodique et rythmée, bien entourée par son band, devant malheureusement bien peu de monde et pour un set de 35 petites minutes à peine. Belle performance toutefois.


THE TEMPER TRAP – Scène de la Cascade – 19h10 : 6,5/10

Beaucoup de monde pour un concert plutôt sympa des Temper Trap. Malheureusement, le groupe originaire de Melbourne n’invente vraiment rien et tourne vite en rond, sauf quand le chanteur Dougy Mandagi se lance enfin et offre quelques montées épiques dans les aigus (notamment sur le très beau et assez émouvant Trembling Hands). Avec une base électro, des riffs rock voire parfois metal et une voix pop, la formation australienne aurait sans doute pu produire une prestation moins insipide et surtout moins inégale, certains morceaux se révélant carrément lassants.


Noel Gallagher's High Flying Birds


NOEL GALLAGHER’S HIGH FLYING BIRDS – Grande Scène – 20h00 : 7/10

Trois ans après la séparation, dans les loges de cette même scène, d’avec son frère Liam, qui marquait la fin d’Oasis (le groupe continue depuis sans lui sous le nom de Beady Eye), l’enfant terrible de la pop britannique était donc de retour à Saint-Cloud avec sa nouvelle formation. En livrant un pop rock très sympa, teinté de folk et de blues, le chanteur de Manchester réussit à faire passer un bon moment au public venu nombreux pour l’acclamer. Hélas, il ne propose rien de bien exceptionnel et révèle même une certaine propension à susciter l’ennui, avec dans son répertoire à peu près autant d’accords que Chuck Berry (trois ou quatre environ…). Ces accords sont d’ailleurs ceux qu’il utilisait déjà avec Oasis, dont les morceaux qu’il reprend constituent assez logiquement les meilleurs moments du concert, notamment le beatlesque Whatever et le fameux Don’t Look Back In Anger qui clôt le concert et transcende enfin l’immense foule, heureuse de reprendre le refrain en chœur. Une prestation sans grand intérêt, donc, mais pas désagréable.


EAGLES OF DEATH METAL – Scène de la Cascade – 21h00 : NN

Sans Josh Homme, mais avec un Jesse Hughes survolté, du gros son qui tâche et quelques riffs à tout casser, les remuants Eagles Of Death Metal sont toujours très attendus par les amateurs de rock. Malgré tout, comme lors de leur dernier passage à Saint-Cloud il y a trois ans, on reste un peu sur sa faim à l’issue de leur prestation live, beaucoup moins accrocheuse et paradoxalement moins déjantée que peut l’être leur musique en album.


The Black Keys


THE BLACK KEYS – Grande Scène – 22h00 : 9/10

Déjà aperçus au Zénith il y a quelques mois, où ils avaient livré un concert à la hauteur des attentes énormes qu’ils suscitent, Dan Auerbach et Patrick Carney étaient de retour à Paris comme tête d’affiche de cette journée. Une tête d’affiche qui a pu surprendre et qui était pourtant la plus légitime du festival au vu de la notoriété considérable dont le groupe jouit aujourd’hui à l’échelle mondiale (d’ailleurs programmé comme tête d’affiche au festival Coachella du printemps dernier). Devant une foule comme on n’en a rarement vu à Saint-Cloud, déjà gigantesque 20 minutes avant le concert, le duo commence plutôt doucement avec le tube Howlin’ For You avant de monter petit à petit en puissance. Après Next Girl, c’est déjà l’électrique Run Right Back qui vient fouetter les oreilles des spectateurs, mais les choses commencent vraiment à chauffer sur Dead And Gone, premier d’une longue série de morceaux imparables, avec leurs riffs de guitare furieux et leurs refrains hyper efficaces, repris par une foule qui a toutefois du mal à se laisser totalement emporter, la faute à un manque évident de puissance sonore (et c’est quelqu’un qui trouve généralement le son bien trop fort en festival qui vous le dit). Qu’à cela ne tienne, le groupe enchaîne avec l’énorme Gold On The Ceiling et son solo de guitare extatique, avant de calmer le jeu sur deux morceaux blues plus calmes dont Girl Is On My Mind. Le concert reprend ensuite sa folle course en avant avec Your Touch, puis Little Black Submarines, qui commence aussi doucement qu’il finit fort, avec son riff incroyablement puissant. Viennent alors Money Maker, le très hard rock Strange Times et le plus mélodique Nova Baby. Sur Everlasting Night, c’est une boule à facettes géante qui s’élève au-dessus de la scène pour un des plus beaux moments de ce concert. Elle disparaît déjà pour le fameux Tighten Up et ses sifflets mythiques, avant que ne résonnent enfin les premières notes du tube absolu Lonely Boy, qui prend tout le monde par surprise, mais qui déchaîne enfin la foule et la fait hurler à tue-tête sur le refrain. Le set se termine finalement en apothéose par I Got Mine au cours duquel le nom du groupe apparaît en fond de scène, en lettres de lumière.

Avec leur blues-rock abrasif et surpuissant, devant une véritable marée humaine, les Black Keys auront livré un des meilleurs concerts du festival, même s’il était incontestablement en-dessous de leur incroyable prestation au Zénith et que le manque de puissance sonore leur a été extrêmement préjudiciable, empêchant le public de vraiment rentrer dedans et de se laisser emporter. Malgré tout, la musique du duo reste particulièrement efficace, entre vieux titres rocailleux et nouveaux morceaux tubesques avec leurs refrains facilement mémorisables. La mise en scène, sobre pendant l’essentiel du concert, s’anime très astucieusement à la fin avec la boule à facettes et les lettres lumineuses, une réussite de plus à mettre à l’actif du groupe, qui aura malgré tout quelque peu déçu, tant, il faut le dire, l’attente était énorme.


Agoria


AGORIA – Scène de la Cascade – 23h30 : 8/10

Le DJ Agoria est de retour cette année avec un tout nouveau show visuel et vidéo, c’était donc l’occasion rêvée de le voir animer une des traditionnelles fins de soirée électro de Rock en Seine. Sans attendre, le Lyonnais secoue une foule éparse, avec un son peut-être moins percutant et moins prenant que ce qu’avait pu proposer Paul Kalkbrenner au même endroit un an plus tôt, mais un set sans doute plus dansant. C’est après 30 minutes de mise en jambe que les choses sérieuses commencent. Agoria fait alors entrer le public dans une impressionnante essoreuse supersonique, avant de lui flanquer une belle série d’uppercuts et de directs en pleine poire, à grands coups de basses telluriques. Derrière lui sont projetées des vidéos qui montrent la machinerie infernale d’un monde industriel abandonné aux chaînes de montage, aux montagnes de containers, aux cheminées métalliques vomissant leurs fumées noires, aux villes tentaculaires d’un monde d’acier froid et de lumières halogènes. Le show continue de monter en puissance et étend peu à peu son emprise sur les corps pour finir de lessiver les festivaliers restés jusqu’au bout de l’expérience. Une des belles réussites de ce festival.


BILAN DU JOUR 2 :

Deuxième jour un peu en demi-teinte, entre les belles performances de Speech Debelle et Agoria, la grande réussite – bien qu’on eût espéré encore mieux – des très attendus Black Keys et les relatives déceptions The Temper Trap et Noel Gallagher. En tout cas, entre rap, rock, pop et électro, la journée aura confirmé la volonté d’éclectisme des organisateurs !


BONUS :
La chronique du Jour 1 : Placebo, Bloc Party, Dionysos, C2C…
La chronique du Jour 3 : Green Day, Foster The People, The Dandy Warhols, Passion Pit, Avant-Seine All Stars...

Crédits photos : Sylvere Hieulle, Nicolas Joubard et Victor Picon pour Rock en Seine.


 


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