Critique de concert Guitar Wolf (Les EffervEssonne 2002)

Guitar Wolf a sans aucun doute donné le meilleur concert des trois jours du festival Les Effervessonne à Villebon-sur-Yvette (91). Ce n’est pas un exploit pour eux : ce gang de yakuzas en provenance du pays du Soleil Levant dégage la puissance d’un réacteur thermo nucléaire sur scène !
Après quelques négociations du manager pour pousser sur scène Seiji, le chanteur guitariste, celui-ci daigne enfin rejoindre ses camarades habillés comme Vince Clark ou un certain Elvis Presley : cuirs et lunettes noirs, cheveux gominés… Et c’est parti pour une balance (avec public !) très bruyante et drôle ! Laissant leurs instruments jouer à vide et Toru chauffer sa batterie, Billy, le bassiste, en profite pour prendre des poses rock ‘n’ roll en se recoiffant ostensiblement tandis que Seiji se décapsule une bière, la boit cul-sec, jette la cannette dans le public, se met à hurler en crachant partout avant de mettre à rude épreuve l’intégralité de son matériel… Oui, rien que ça !

Un “one two three four” hurlé à la Ramones est le signal du début des hostilités… C’est le cas de le dire, le répertoire de Guitar Wolf ne comporte vraiment aucun temps mort : les morceaux, bien punk rock, sont joués à la vitesse de la lumière sans aucun soucis de justesse. En 10 minutes, une sélection s’opère ; les spectateurs conquis se jettent les uns sur les autres, slamment et scrutent attentivement la moindre facétie du trio tandis que les autres vont se reposer dehors, dégoûtés par tant d’extrémisme sonore ! Ces derniers se rendront compte, mais un peu tard (quand le groupe aura splitté ?), que ce combo japonais est absolument énorme et doit être vu sur scène !

Les mauvais garçons qui composent Guitar Wolf n’oublient pas de rendre hommage à leurs maîtres... mais à leur manière : irrévérencieuse et violente ! Mick Jagger et Keith Richards peuvent partir se reposer tranquillement ; la version d'(I can’t get no) Satisfaction des Rolling Stones par Guitar Wolf est bouleversante de violence. Peu de temps après, on se rend compte avec délectation que les efforts du MC5 pour réveiller les populations il y a 30 ans n’ont pas été vains ; Kick out the jam (motherfuckers) est magnifié par ces trois voyous hystériques, on en a presque les larmes aux yeux ! En maltraitant leurs instruments avec une énergie surhumaine, Seiji, Billy et Toru donnent envie de tout casser avec une frénésie pas très éloignée de la folie pure et simple…

Le public qui est resté sous le Magic Mirrors transformé en bouge tokyoïte malsain est proche du Nirvana quand survient l’inexplicable : le concert se transforme en happening ! Seiji laisse sa guitare à qui la veut ; deux ou trois guitaristes amateurs sortis du public se succèdent alors sur les planches, poussés à faire le plus de bruit possible par le groupe et les aficionados de Guitar Wolf… Débarrassé de sa guitare, le chanteur en profite pour hurler comme s’il voulait crever le plafond du chapiteau ! Puis il prend la sage décision de massacrer consciencieusement son micro, descend dans le public, se jette partout ; ce loubard énigmatique a l’air complètement dément. Après avoir récupéré sa chère Gibson SG, il monte même jouer sur son ampli et se ramasse joliment la gueule en sautant de celui-ci. Le groupe se retire, exsangue, non sans avoir enchaîné une série de morceaux et un solo de guitare derrière la tête. Seiji gît au sol, presque inanimé, il se traîne dehors à grand peine et reste sous la pluie les bras en croix pendant que son collègue Billy se recoiffe négligemment… Rock ‘n’ roll !
Cinq minutes plus tard, le super power trio revient sur scène dans une forme à peine croyable ; il n’a aucun mal à réjouir le maigre public qui est resté avec sa musique et ses moues caricaturales et hautaines… Guitar Wolf mérite un public plus nombreux et déchaîné mais aussi une place au Rock ‘n’ Roll Hall of Fame !
(Photos prises par "Live in Marseille" à Marseille, le 26 novembre 2002.)
Après quelques négociations du manager pour pousser sur scène Seiji, le chanteur guitariste, celui-ci daigne enfin rejoindre ses camarades habillés comme Vince Clark ou un certain Elvis Presley : cuirs et lunettes noirs, cheveux gominés… Et c’est parti pour une balance (avec public !) très bruyante et drôle ! Laissant leurs instruments jouer à vide et Toru chauffer sa batterie, Billy, le bassiste, en profite pour prendre des poses rock ‘n’ roll en se recoiffant ostensiblement tandis que Seiji se décapsule une bière, la boit cul-sec, jette la cannette dans le public, se met à hurler en crachant partout avant de mettre à rude épreuve l’intégralité de son matériel… Oui, rien que ça !

Un “one two three four” hurlé à la Ramones est le signal du début des hostilités… C’est le cas de le dire, le répertoire de Guitar Wolf ne comporte vraiment aucun temps mort : les morceaux, bien punk rock, sont joués à la vitesse de la lumière sans aucun soucis de justesse. En 10 minutes, une sélection s’opère ; les spectateurs conquis se jettent les uns sur les autres, slamment et scrutent attentivement la moindre facétie du trio tandis que les autres vont se reposer dehors, dégoûtés par tant d’extrémisme sonore ! Ces derniers se rendront compte, mais un peu tard (quand le groupe aura splitté ?), que ce combo japonais est absolument énorme et doit être vu sur scène !

Les mauvais garçons qui composent Guitar Wolf n’oublient pas de rendre hommage à leurs maîtres... mais à leur manière : irrévérencieuse et violente ! Mick Jagger et Keith Richards peuvent partir se reposer tranquillement ; la version d'(I can’t get no) Satisfaction des Rolling Stones par Guitar Wolf est bouleversante de violence. Peu de temps après, on se rend compte avec délectation que les efforts du MC5 pour réveiller les populations il y a 30 ans n’ont pas été vains ; Kick out the jam (motherfuckers) est magnifié par ces trois voyous hystériques, on en a presque les larmes aux yeux ! En maltraitant leurs instruments avec une énergie surhumaine, Seiji, Billy et Toru donnent envie de tout casser avec une frénésie pas très éloignée de la folie pure et simple…

Le public qui est resté sous le Magic Mirrors transformé en bouge tokyoïte malsain est proche du Nirvana quand survient l’inexplicable : le concert se transforme en happening ! Seiji laisse sa guitare à qui la veut ; deux ou trois guitaristes amateurs sortis du public se succèdent alors sur les planches, poussés à faire le plus de bruit possible par le groupe et les aficionados de Guitar Wolf… Débarrassé de sa guitare, le chanteur en profite pour hurler comme s’il voulait crever le plafond du chapiteau ! Puis il prend la sage décision de massacrer consciencieusement son micro, descend dans le public, se jette partout ; ce loubard énigmatique a l’air complètement dément. Après avoir récupéré sa chère Gibson SG, il monte même jouer sur son ampli et se ramasse joliment la gueule en sautant de celui-ci. Le groupe se retire, exsangue, non sans avoir enchaîné une série de morceaux et un solo de guitare derrière la tête. Seiji gît au sol, presque inanimé, il se traîne dehors à grand peine et reste sous la pluie les bras en croix pendant que son collègue Billy se recoiffe négligemment… Rock ‘n’ roll !
Cinq minutes plus tard, le super power trio revient sur scène dans une forme à peine croyable ; il n’a aucun mal à réjouir le maigre public qui est resté avec sa musique et ses moues caricaturales et hautaines… Guitar Wolf mérite un public plus nombreux et déchaîné mais aussi une place au Rock ‘n’ Roll Hall of Fame !
(Photos prises par "Live in Marseille" à Marseille, le 26 novembre 2002.)
Signature : pierre andrieule 08/12/2002
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