Critique de concert Henri Florens Invite Stéphane Belmondo (Festival Jazz Sur La Ville)

Après Olivier Temime hier (excellents échos de sa prestation), Henri Florens Trio invite Stéphane Belmondo. La Mesón en est à nouveau le théâtre pour l’avant-dernière soirée de Jazz Sur La Ville.
Le dispositif de micros est réduit à sa plus simple expression : un petit pour le piano, un rikiki pour la contrebasse et deux enceintes symboliques. Avec un peu moins d’affluence (la salle était pleine), ils auraient même pu jouer entièrement en acoustique.
La trompette de Stéphane Belmondo n’avait en tout cas pas besoin d’amplification. Puissance et fluidité du débit sur le traditionnel morceau de présentation sur lequel chacun appose son solo. Idem pour la batterie du jovial et énergique Jean-Pierre Arnaud.
Dans une ambiance de franche camaraderie où humour, chambrage et autodérision sont omniprésents, "Henri a toujours autant de cheveux à 40 ans alors que moi…" (Belmondo), le trio plus un va nous offrir une heure et demie de reprises.
Je découvre ce soir Henri Florens, pourtant un des pianistes incontournables lorsqu’on regarde les programmations de jazz dans la région. Ses accompagnements légers et discrets me font penser à McCoy Tyner. Sur ses soli, ses envolées font se délecter Stéphane Belmondo, les yeux clos, calé dans le creux du piano.
Stéphane laisse sa trompette au bout de deux pièces. A chaque fin de phrase, il la regardait étrangement, comme un tennisman regarde sa raquette quand il a mis son revers dans le couloir. Je n’ai pourtant pas entendu de notes "out".
Changement de raquette. Il prend alors son bugle pour une ballade, le must de la soirée. La batterie est délicatement caressée par les balais, la contrebasse chuchote, le solo de piano s’arrête, Stéphane ouvre les yeux et dans un silence absolu (aucun accompagnement, aucun cri du public), il dépose un solo / passing-shot de revers croisé sur la ligne dont nous pouvons nous repaître pendant les ralentis. Jeu et première manche, Belmondo.
Les enchaînements sont lents et hésitants. Ils ont apparemment choisi de jouer au feeling mais leur feeling n’est pas le même. Certaines pièces proposées par Henri arrivent trop tôt dans la soirée pour Stéphane. Ils ne les présentent pas et j’avoue que je ne suis capable d’en nommer aucune. Du Miles Davis, du Coltrane, mais les titres...
Sur chacune d’elles, Stéphane Belmondo extirpe des soli improbables de son bugle. La trompette est définitivement restée sur son support malgré une hésitation pour un titre.
Un saxophoniste entre alors dans la Mesón et déballe son instrument. Un mini-bœuf débute. Ténor et bugle se renvoient la balle. Le dernier échange est long, David Sauzay (c’est son nom) monte au filet et croit conclure mais Stéphane a le dernier mot. Jeu, set et match Belmondo.
Les joueurs rentrent au vestiaire mais pas l’arbitre. Henri Florens ne veut pas plus que nous que ça s’arrête et joue du Chopin "mort la nuit dernière (un 17 octobre)" en attendant qu’ils reviennent.
Ils reviennent, Sylvain Romano (contrebasse) en tête, suivi d’un Jean-Pierre Arnaud boute-en-train qui suggère qu’on mette un cadenas à la porte pour empêcher les couche-tôt de partir et éventuellement les obliger à jouer toute la nuit.
Mais les prolongations seront hélas ! de courte durée : un nouveau duel Stéphane Belmondo / David Sauzay et les lumières se rallument définitivement.
Ambiance fraternelle, joie de se retrouver pour jouer ensemble, écoute des autres, talent… Du jazz, quoi !
Bonus vidéo :
Le dispositif de micros est réduit à sa plus simple expression : un petit pour le piano, un rikiki pour la contrebasse et deux enceintes symboliques. Avec un peu moins d’affluence (la salle était pleine), ils auraient même pu jouer entièrement en acoustique.
La trompette de Stéphane Belmondo n’avait en tout cas pas besoin d’amplification. Puissance et fluidité du débit sur le traditionnel morceau de présentation sur lequel chacun appose son solo. Idem pour la batterie du jovial et énergique Jean-Pierre Arnaud.
Dans une ambiance de franche camaraderie où humour, chambrage et autodérision sont omniprésents, "Henri a toujours autant de cheveux à 40 ans alors que moi…" (Belmondo), le trio plus un va nous offrir une heure et demie de reprises.
Je découvre ce soir Henri Florens, pourtant un des pianistes incontournables lorsqu’on regarde les programmations de jazz dans la région. Ses accompagnements légers et discrets me font penser à McCoy Tyner. Sur ses soli, ses envolées font se délecter Stéphane Belmondo, les yeux clos, calé dans le creux du piano.
Stéphane laisse sa trompette au bout de deux pièces. A chaque fin de phrase, il la regardait étrangement, comme un tennisman regarde sa raquette quand il a mis son revers dans le couloir. Je n’ai pourtant pas entendu de notes "out".
Changement de raquette. Il prend alors son bugle pour une ballade, le must de la soirée. La batterie est délicatement caressée par les balais, la contrebasse chuchote, le solo de piano s’arrête, Stéphane ouvre les yeux et dans un silence absolu (aucun accompagnement, aucun cri du public), il dépose un solo / passing-shot de revers croisé sur la ligne dont nous pouvons nous repaître pendant les ralentis. Jeu et première manche, Belmondo.
Les enchaînements sont lents et hésitants. Ils ont apparemment choisi de jouer au feeling mais leur feeling n’est pas le même. Certaines pièces proposées par Henri arrivent trop tôt dans la soirée pour Stéphane. Ils ne les présentent pas et j’avoue que je ne suis capable d’en nommer aucune. Du Miles Davis, du Coltrane, mais les titres...
Sur chacune d’elles, Stéphane Belmondo extirpe des soli improbables de son bugle. La trompette est définitivement restée sur son support malgré une hésitation pour un titre.
Un saxophoniste entre alors dans la Mesón et déballe son instrument. Un mini-bœuf débute. Ténor et bugle se renvoient la balle. Le dernier échange est long, David Sauzay (c’est son nom) monte au filet et croit conclure mais Stéphane a le dernier mot. Jeu, set et match Belmondo.
Les joueurs rentrent au vestiaire mais pas l’arbitre. Henri Florens ne veut pas plus que nous que ça s’arrête et joue du Chopin "mort la nuit dernière (un 17 octobre)" en attendant qu’ils reviennent.
Ils reviennent, Sylvain Romano (contrebasse) en tête, suivi d’un Jean-Pierre Arnaud boute-en-train qui suggère qu’on mette un cadenas à la porte pour empêcher les couche-tôt de partir et éventuellement les obliger à jouer toute la nuit.
Mais les prolongations seront hélas ! de courte durée : un nouveau duel Stéphane Belmondo / David Sauzay et les lumières se rallument définitivement.
Ambiance fraternelle, joie de se retrouver pour jouer ensemble, écoute des autres, talent… Du jazz, quoi !
Signature : mcyavellle 23/10/2009
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