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Lundi 15 septembre 2014 : 15423 concerts, 22993 critiques de concert, 4971 critiques de CD.

Critique de concert Herman Dune + Dick Turner


Herman Dune + Dick Turner en concert


3 étoiles, concert moyen

Jaime

C'était jeudi 5 avril au Poste à Galène. Pour les envies folles de folk, il y avait Herman Dune à l'affiche, çà tombait plutôt bien.

Arrivée un peu en avance, dans une salle encore presque vide, j’ai largement le temps de m’acclimater. Je ne sais pas qui a programmé la musique, mais çà sent bon le cliché sur le groupe, on a en effet droit à une succession de titres issus de leurs influences diverses et non reniées, de Otis Redding aux Doors en passant par I walk the line, Sympathy for the devil, Stairway to heaven et même One de U2... çà fait beaucoup d’un coup mais au moins la couleur est annoncée.

Dick Turner by Pirlouiiiit 05042012

Vers 21h30, la salle est encore clairsemée lorsque débarque un phénomène à lui tout seul, Dick Turner. Un ordinateur et un trombone pour tout accompagnement, ce colosse aux mains impressionnantes donne tout de suite le ton, en français dans le texte, avec un fort accent américain : "Je vais mettre mon chapeau" "cette chanson parle de la difficulté d'être un homme" it's difficult to be a man... et là, c'est parti pour trois quarts d'heure d'une comédie un peu (d’accord, de loin) inspirée de la période ziggy stardust de Bowie mais en mode burlesque et flirtant très dangereusement avec le ridicule...

Il faut imaginer Dick Turner, figure pouponne et petites lunettes, dans son pantalon marron à bretelles, drapé d'une immense cape avec des symboles brodés en strass et un chapeau doré plus que haut de forme (un cylindre en mousse, en fait… mais "je l'ai fabrrriqué toute seul" "je souis souperrr connntent!").

Dick Turner by Pirlouiiiit 05042012

Il faut imaginer également une série de chansons aux paroles loufoques, entonnées d'une voix profonde, avec plus ou moins de bruitages, de sons au trombone (on ne peut pas vraiment parler de mélodie), ou sur une base disco... le tout entrecoupé d'explications telles que "cette chanson parle des difficultés qu'on peut avoir quand on a qu'un bras" "çà s'appelle striptease, je ne la chanterai que si une fille ou un mec se dévoue" ou encore "c'est l'histoire philosophique d'un éleveur de reptiles qui nourrit son serpent tous les jours avec une petite souris blanche et qui préfère être un homme qu'une souris"... voilà…

Tout le monde est un peu bluffé, quelques aficionados du genre lancent des "bravo" et saluent la performance mais une demie heure plus tard, passés les premiers éclats de rire et l'effet de surprise, on ressent un peu d’impatience et le bruit des conversations ne tarde pas à couvrir la musique.

Dick Turner by Pirlouiiiit 05042012

Dick Turner nous explique, sous les applaudissements tout de même, que c'est le dernier soir de sa tournée avec Herman Dune qu'il remercie chaleureusement et que "c'est finiiii mon carrière de rockstar"!

Vers 22h30, après quelques minutes de balance et quelques titres du Velvet et de Bowie, dans une salle désormais comble, entre sur scène Herman Dune, plus exactement David-Ivar Yaya Herman Dune (guitare et chant) et Cosmic Néman Herman Dune (batterie), tous deux chapeaux vissés sur la tête et chemise en jean façon country.

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

Sans un mot et après une longue intro musicale, Herman Dune enchaîne ses titres les uns après les autres et presque systématiquement sur le même modèle.

Toujours un début très country – folk, chacun de son côté, puis David-Ivar se rapproche de son comparse pour ce qui ressemble à une improvisation mais qui n’en est probablement pas une, ou en tout cas, pas aussi libre que ce que l’on pourrait penser, dans un registre beaucoup plus rock, tout en distorsions couinantes et rythmes saccadés.

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

La scène n'est pas grande et plutôt encombrée, ce qui laisse peu de place au guitariste pour s'exprimer physiquement, quelques mouvements d'épaules et torsions de cou tout au plus. La performance scénique est minimaliste quoiqu'assez amusante.

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

Malheureusement, le manque de communication avec le public donne le sentiment qu'Herman Dune s'ennuie. Ce n'est en effet qu'à la fin de la quatrième chanson qu'est murmuré un petit "merci" et que le batteur esquisse un sourire en coin. Les rares commentaires du groupe sonnent faux et on se demande parfois s'ils ne vont pas s'endormir...

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

Malgré tout, les titres sont bons et ils jouent bien. Le live apporte de l'intensité à la voix de David-Ivar, parfois rauque, parfois trainante en fin de phrases et ils arrivent à créer un univers beaucoup plus rock qu'en écoute directe, tout l’intérêt de les voir en concert. Leurs chansons sont toujours aussi séduisantes et les refrains facilement repris par le public.

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

Sans surprise, les applaudissements pleuvent sur Tell me something I don't know, les téléphones portables se tendent, les couples se resserrent et on connaît les paroles par cœur de My home is nowhere without you. Next year in Zion est reprise avec des rugissements de lion et une énorme impro très rock 90's. Et enfin, au bout de 7 titres, Herman Dune semble s’intéresser un peu à nous et nous fait chanter sur Ah hears strange moosic, ce qui crée une jolie ambiance, à laquelle s'ajoute la voix enlevée de David-Ivar, l'interprétation est très agréable.

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

S'ensuivent I wish I could see you soon sur laquelle le public féminin s'en donne à cœur joie et une très belle version de When the water gets cold and freezes on the lake, très lente et monotone au début pour après exploser.

Puis le batteur sort de scène (toujours sans un mot) et David-Ivar reprend quelques titres en solo à la guitare. Personnellement, j'aimais Herman Dune quand ils étaient trois, alors tout seul... c'est un peu dur.

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

Je trouve en outre le choix de cette partie solo peu judicieuse, après plus d'une heure de concert, et un démarrage difficile, alors que la salle était enfin chauffée. Il commence d'ailleurs à y avoir de la désertion. Je reste encore un peu par curiosité mais rapidement, j'ai l'impression (que pourtant je n'avais pas eue de façon si prononcée, à l'écoute des albums) d'entendre des imitations forcément moins abouties de chansons de U2 (Your Love is Gold est quasiment reprise sur When Love comes to town ) ou du Velvet (notamment sur The Rock). C'est gênant.

Cette séquence solo met également trop en avant les paroles, forcément, en quasi acoustique, privés de percussions et de ligne de basse, on écoute davantage les textes, et pardon pour ceux qui louent la poésie d'Herman Dune, mais au bout de quatre chansons dans le même style, la naïveté des thèmes et des mots choisis ont eu raison de ma patience...

Herman Dune by Pirlouiiiit 05042012

J'aurais aimé en outre, et je ne suis pas la seule, entendre davantage de morceaux de Giant, je suis donc restée sur ma faim sans Bristol ni Your name my game, mais je n’ai pas non plus vu la fin du concert…

Reste que ces deux musiciens ont du talent et que leur musique, aussi simplistes que soient devenus les paroles et les accords, est toujours aussi "addictive".

Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici



 


>> Réponse (le 13/04/2012 par pirlouiiiit)
Ce soir nous avons prévu de faire un tour au Poste à Galène pour revoir Herman Dune, avant d’aller au Paradox découvrir Pat McManus … vu les horaires des deux salles c’est largement compatible … J’ai déjà vu Herman Dune il y a un moment. C’était à l’Espace Doun à l’époque ou Herman Dune était encore un trio (avant le départ de Stanley Brinks) et ce soir là il y avait même Lisa Li-Lund … dans le cadre intimiste de Doun ce fut bien sûr magique, ce qui explique que je ne soit pas retourné les voir au Cabaret Aléatoire. N’ayant pas été là lors de leur précédent passage au Poste à Galène je ne les avais donc plus vu depuis 2005. A notre arrivée, encore beaucoup de monde sur le trottoir et il ne s'agit pas de fumeurs, mais de gens qui font la queue ... Je trépigne entendant qu'à .../...

 

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