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Mercredi 30 mai 2012 : 9284 concerts, 20898 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert Hindi Zahra + Danton Eeprom + Hafdís Huld + Wayne Beckford + Sophie Hunger (Midem 2010)


Hindi Zahra + Danton Eeprom + Hafdís Huld + Wayne Beckford + Sophie Hunger (Midem 2010) en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime



Une invitation dans le Salon Zéphyr du Carlton à l’occasion du Gala du Midem à Cannes, vous refuseriez ? De plus, Hafdís Huld (ex Gus Gus) est au programme en compagnie d’autres talents à découvrir.
Une soirée en trois actes. Le premier d’entre eux a pour nom MidemTalent.



Hindi Zahra


Une musique à mi-chemin entre ballades berbères teintées de soul et folk jazzy. Et même davantage éclectique puisque certains titres proposent un rythme reggae (Try, Set Me Free) et que Beautiful Tango ne doit pas son titre au hasard.
Quatre musiciens caméléons donc (batterie, claviers et deux guitaristes tantôt acoustiques tantôt électriques dont un souvent bassiste) accompagnent le joli brin de voix de Hindi Zahra. Ils se libèrent sur Set Me Free.



Un peu statique au début, elle prend de l’assurance au fil des morceaux. Il faut dire qu’elle ne peut faire autrement, portée par le dynamisme croissant du merveilleux Imik Si Mik (même voix que Madeleine Peyroux mais en plus énergique). Elle a même créé une décoiffante danse des cheveux sur Oursoul avant de chauffer le public sur les deux titres entrainants finals Stand Up qui tranche avec la délicieuse et quiète complainte berbère qui l’introduisait et Music.

Setlist : Try / Imik Si Mik / Beautiful Tango / Set Me Free / Oursoul / Stand Up / Music

Interludes de Danton Eeprom




Mon fils est MDR en lisant son nom. Voyant que je ne partage pas, il m’explique ce qu’est un Eeprom mais je crois que j’ai déjà oublié. Ne comptez pas sur moi pour commenter sa performance, ce serait comme si Jean-Michel Larqué parlait de foot : je n’y comprends rien. Il a un beau chapeau et ça a fait passer agréablement les blancs entre les sets. A ce propos, saluons la performance des techniciens : un quart d’heure maximum entre deux groupes !

Hafdís Huld




Je connaissais son album Dirty Paper Cut et son passé avec Gus Gus (débuts à 15 ans et participation aux deux meilleurs albums du groupe : Polydistortion & This Is Normal). Je ne connaissais pas son nouvel album Synchronised Swimmers et son putain d’accent islandais. Parce que la demoiselle a un sacré tempérament et parle beaucoup entre les morceaux. Pour évoquer son pays et nous expliquer qu’il ne faut pas se moquer des gros hommes qui posent en couverture des journaux islandais avec un poisson à la main parce que c’est important pour son peuple. Pour nous confier qu’elle a été numberrr one avec Synchronised Swimmers et qu’elle en est verrrry prrrrot. Pour nous dire que d’habitude, davantage de musiciens l’accompagnent et qu’Alisdair Wright (guitare), son seul acolyte ce soir, joue aussi du banjo (running gag : elle mimera un jeu de banjo sur chacune des plages où il est habituellement présent).



Musicalement c’est acoustique, beau et reposant. Des mélodies sublimées par une voix débordant de tendresse et de légers arpèges.
Le ton est toutefois susceptible d’être haussé (l’excellent Ice Cream Is Nice même s’il est moins abouti sans banjo, Action Man, voix proche de celle de Lene Marlin, Kongulo, chanson dédicacée au français Alain Robert qui grimpe les buildings à mains nues). Mais l’essentiel est zen (Plastic Halo) voire zénissime (Winter Sun). Quarante minutes passées trop vite.

Setlist : Ski Jumper / Ice Cream Is Nice / Plastic Halo / Action Man / Synchronised Swimmers / Tomoko / Winter Sun / Kongulo

Bonus video : Ice Cream Is Nice



Wayne Beckford




Ma découverte de la soirée. C’est tout d’abord instrumentalement très riche : guitare, basse, batterie, claviers, trompette, trombone, deux choristes ; c’est ensuite scéniquement élaboré : projection du clip Dynamite, déhanchements des Beckfordettes, danses d’un dynamisme fou de Wayne Beckford : il rampe, se cabre, rue, saute, grandécarte… ; c’est enfin et surtout musicalement au poil (et ce n’est pourtant pas ma nourriture préférée loin de là). Un peu la même gifle que m’avait procurée Raphael Saadiq mais puissance dix.



Il s’était jusqu’ici cantonné à écrire pour d’autres (Seal, Gnarls Barkley…). Son talent et son aura sont tels qu’il devrait les dépasser rapidement en notoriété !

La plupart de ses compos sont surdynamitées, à commencer par la seule que je connaissais jusqu’alors, Dynamite aux paroles on ne peut plus suggestives. Mais l’une d’entre elles, dédiée à son quartier du Southland de Londres est le plus beau moment d’émotion que m’ait procuré un artiste depuis bien longtemps. Sa voix est guidée par son cœur. Pas de chiqué dans les larmes qui parcourent ses joues lorsqu’il termine par This is where I live, pas de cinéma lorsqu’il interrompt le titre suivant au bout de quelques secondes parce qu’il n’est pas remis de ses émotions.



Il devait effectuer un duo avec son amie China Moses mais celle-ci était malade et a dû annuler. Elle allait beaucoup mieux deux jours plus tard. Quarante minutes passées trop vite.

Bonus video : Dynamite



Sophie Hunger


Difficile de passer après un tel phénomène. Parce qu’autant une musique "plan plan" avant Wayne Beckford, c’est concevable, autant après, ça confine à l’hérésie. Sophie Hunger a laissé de côté tous les titres de son album Monday’s Ghost susceptibles de faire bouger le public (The Tourist, Drainpipes, Round And Round) pour jouer la carte du folk mou.



Son interprétation est toutefois expressive, on pense carrément à Brel dans Amsterdam lors de son interprétation du premier titre a cappella, à Sarah Slean pour la voix dans House Of Gods mais on est loin de Lhasa dans sa reprise de Con Toda Palabra (un massacre).
Un trombone ajoute à sa musique une nuancette jazz qui ne suffit toutefois pas à justifier l’appellation Talent Jazz de cette partie de soirée.



De jolis moments cependant lorsque Sophie troque sa guitare contre le piano à queue. Monday’s Ghost était d’une délicatesse extrême, interprétation remarquable, public captivé, seule la clim de la salle parasitait cet instant magique.
Ces quarante minutes-là sont passées moins vite. Les micros sont coupés pour préparer la scène à la partie jazz de la soirée nuit. Mais la Suissesse veut prolonger cet instant. Alors, elle et ses deux complices vont s’asseoir sur le bord de la scène et nous offrent un acoustique cadeau d’adieu.



Michael Flury : trombone, voix, glockenspiel ; Sophie Hunger : chant, guitar, piano ; Christian Prader : guitare, flûte, voix.

Setlist : Waltzer Fur Niemand ? / Shape / House Of Gods / Citylights / Beauty Above All ? / Monday’s Ghost / Sophie Hunger Blues / The Boat Is Full / Rise And Fall / Con Toda Palabra / End Of The Story

Il reste deux heures de jazz mais mes covoiturés ont faim ou sommeil ou les deux (c’est leur motif officiel, en fait, ils n’aiment pas le jazz). Mon côté démocrate-trop-tolérant m’empêchera d’assister à la Catalan Jazz Night qui proposait deux sets d’une heure : Giulia Valle Group et Xavier Dotras Trio.

Une petite vidéo de Hindi Zahra, Danton Eeprom et Sophie Hunger.


 


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