Je vais finir par croire que la curiosité est un vilain défaut. La présentation de ce groupe sur mon site préféré m’a fait braver le froid ce soir : "Scansions new-wave et pulsations soul, funk léger et textes malins, pop songs euphorisantes et variées, soutiennent les délicieuses envolées de ce quartet. Hockey est l'une des sensations scéniques du moment..."
Ca commence par une bonne surprise : la présence d’Andrea et Matthieu, le couple de So?Mash! en première partie dont j’ai déjà dit du bien ici. La décision a dû être prise tardivement puisque même le site du Cabaret Aléatoire ne le stipulait pas.
Autant leur programmation avant Belleruche était judicieuse, autant ici ça semble saugrenu. S’ils ont assisté aux balances de Hockey, ils ont pu se demander ce qu’avait fumé le programmeur… Est-ce ça qui les a perturbés ? Toujours est-il qu’elle (Mash Puppit) était beaucoup moins à l’aise qu’au NoMad Café et je préfère rester sur le souvenir de leur prestation de ce soir-là.
J’ai par exemple moins flashé sur Erasing Frustration qui m’avait alors transporté. Là, c’est deux autres titres (électro) qui m’ont séduit et le hip hop final aux senteurs orientales avec leur bande son toujours aussi efficace. La qualité du son n’a pourtant pas aidé So Rhum : la sauce beat mitonnée sur sa console est toujours extrêmement relevée mais les assourdissantes basses l’ont rendue beaucoup trop épicée.
A la fin, Andrea s’excuse d’avoir été un peu confuse ce soir. Le final où Matthieu ouvre la trappe coffre à jouets de sa console (corne de brume et autres sons festifs et déjantés) sonne comme une invitation à les revoir dans de meilleures conditions.
Ils ont cependant contribué à augmenter le nombre d’étoiles de cette chronique. Car je cherche en vain quelque chose de positif au set de Hockey.
Le son ? beaucoup trop fort et peut-être en partie responsable de certaines critiques négatives ci-dessous.
Le charisme et le jeu de scène du chanteur (je ne parle même pas des autres) ? On peut lui en trouver si on est ému par une plume suspendue à l’oreille et la sensation provoquée par les palpitantes aventures de sa veste : j’arrive avec la capuche, je l’enlève sur le premier morceau pour qu’on voie ma plume, je fais trois morceaux en la faisant glisser sur mon musclé et dénudé bras gauche et je la tombe carrément. Sa voix n’est pas désagréable mais pas inoubliable non plus.
Les musiciens ? C’est formaté, aucune place à la création, seul le guitariste s’enhardit et ponctue quelques titres d’un solo de 6 secondes ! Tu risques ta place mon gars !
Les mélodies ? Souvent du souyoutou. Aucun titre n’a retenu mon attention. J’y ai cru une fois en live : au tout début du morceau final juste avant qu’il nous dise See you later. A la réécoute (vive Deezer), la scène a démiellé Everyone’s The Same Age, bien trop sucré pour moi. En revanche Four Holy Photos est bien meilleur en disque que sur scène où la guitare acoustique et l’harmonica enfilés par Ben Grubin se noient dans la masse.
Ca m’apprendra à être curieux ! Je cherche toujours pourquoi Hockey serait la "sensation scénique du moment". Le jeune public présent a toutefois réclamé des rappels. Il va pouvoir m’expliquer ci-dessous pourquoi je me suis trompé de concert et vanter les qualités de ce groupe. Je suis pour ma part persuadé qu’ils en ont un aussi bon au sein de leur lycée.
Hockey : Benjamin Grubin : chant, guitare, harmonica, percussions ; Brian White : guitare ; Jeremy Reynolds : basse ; Anthony Stassi : batterie ; Ryan Dolliver : claviers.
Setlist : Work
Learn To Lose
Wanna Be Black
DJ
3AM Spanish
Four Holy Photos
Curse This City
Song Away
Rebels Marry Young
Preacher
Everyone’s The Same Age
Rappels : Too Fake
Put The Game Down