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Lundi 28 mai 2012 : 9066 concerts, 20891 critiques de concert, 4722 critiques de CD.

Critique de concert Hoffmann Family Blues Experience / Splash macadam


Hoffmann Family Blues Experience / Splash macadam en concert


5 étoiles, concert à ne pas manquer

Jaime

"Blues Experience… Du Quatuor Type !""
(Oui ! J’ai vu "David, Vincent"…)


La première image, la première perception, le premier ressentir que l’on retiens, puis "engrange", d’un lieu (d’un visage, d’un événement, d’une tranche de plaisir ou d’un coin de scène monté sous concert) reste généralement la BONNE, la plus importante, la définitive, celle qui vous accompagnera tout du long de votre vie, par la suite, le jour où vous appuierez goulûment sur la touche "souvenir" afin d’en raviver l’envie, d’en revivre les fastes, les rondeurs, et les ondes. Lors, j’espère juste que je ne me rappellerais pas, À VIE, de cette odeur âpre et putride de bois "jeune" en train de diffuser à "donf" dans un coin de salle – mêlée" à un pauvre bâtonnet d’encens Indien pas du tout à la hauteur de l’immensité du challenge à relever – qui me/nous saisit les naseaux pour les obstruer immédiatement d’horreur au sortir du couloir menant à la grande salle du Cabaret (ses poteaux, son bar, ses alcôves en mode réfection, côté banquettes de bois…). Fort heureusement, ce soir, l’essentiel se situe définitivement ailleurs : le quatuor de la Hofmann Family Blues se présente devant ses fans et ses visiteurs d’un soir afin de leur soumettre des extraits d’un nouvel album à paraître tout bientôt (avril) et y enregistrer le show en vue d’un DVD "bonus" à insérer prochainement aux côtés du bien nommé I’mYour Slave



Pour ce faire, Vincent (Hofmann/guitares+chant) – chemise "Summer of Love" floquée du visage du maître Jimi (Hendrix) – se lance illico presto dans un double déflorage en règle (Playin’ In A Band, puis I’m Your Slave) aidé des mimiques torturées et ramonage nerveux de manche, du gars David "rouflaquettes" Hofmann (guitares+voix). Une entrée en matière qui les place d’emblée sur la carte des héritiers d’un genre "baigné" froidement au début du siècle dernier sur les fonds pas baptismaux du Crossroads de légende. Tout de suite, on peut d’ores et déjà se rendre compte que ce prochain album devrait s’en aller lorgner de nouveau du côté des moiteurs entourant leur tout premier opus (Blues Experience) en lieu et place de son suivant immédiat When The Guitars Slide The Blues: plus "produit" (trop ?) moins "roots", un rien trop policé du propos initial.



Dans la famille King, je demande le père ! C’est déjà LE moment de l’hommage avoué au maître du genre : non pas BB, non, ni même, Albert, ou Earl, non… Freddie ! Un, I’m Goin’ Down tendu de plaisir, qui revisite le classique "Texan" d’une belle volée de "slide" maîtrisée, chatouilleuse d’aigus, gourmande. Passée la demande de manifester à "donf" pour rendre l’enregistrement ENCORE plus "vivant", et les interrogations bien de saison du public concernant les fréquentes pauses durant lesquelles Vincent règle ses divers "open tuning" – les spectateurs d’aujourd’hui se sont habitués à ce que l’on glisse une nouvelle guitare toute accordée entre les mains du guitariste entre les morceaux, comme par magie, mais semblent oublier que durant les lointaines 50’s, 60’s ou 70’s, lorsque l’on réécoute les live d’antan (Hendrix en tête !) les guitaristes prenaient leur temps pour arriver finalement au résultat souhaité, sans se soucier plus que cela du rythme démentiel désormais imposé par la dictature des nouvelles technologies… – le quatuor semble véritablement trouver son rythme et se lâcher pleinement aux abords du séminal Robert (Johnson) au carrefour de son antédiluvien Ramblin’ On My Mind moite de désir, d’envie, de stupre, de vie. Lors, le bonhomme Vincent se targue soudain de ré-agencer la scène, d’installer une chaise aux avant-postes, suivi de près par le gars Gérard (Roustan/Basse) qui s’empare d’une contrebasse afin de pulser/booster au mieux un long passage, "dit","acoustique", qui fera paradoxalement monter la tension d’un cran, qui finira même par emporter tous les suffrages des "présents" logiquement séduits – les jeunots présents pour le groupe "Garage" Splash Macadam, hormis : qui quittent la salle pour s’en aller rejoindre leurs chambrettes d’ado, visiblement encore soumis à la fameuse "Permission de Minuit" ! – par une double salve "Claptonienne" : un très beau Let It Grow porté par la voix et la 12 cordes de Vincent, suivi d’un titre "éclairé" de feu Blind Faith, rejoué selon les préceptes et les fastes du fameux live In the Seventies de Clapton, durant laquelle les rondes et glissées de la basse tissent un habile contrepoint à l’entrelacs de guitares proposé sans retenue ni compter par la famille Hofmann… Un must ! Un moment d’apesanteur, rare, parfait, lancé sur rails par le classique de Crosby, Stills, Nash and Young : Teach Your Children, lui-même devancé d’un hommage quasi obligé (mais pleinement assumé) au "père" musical du plus barbu des Hofmann : Neil Young !



Un Canadien déjà repris souvent sur scène, puis sur disque (une splendeur de Ohio délitée sur 6mn et quelques, d’envie…) qui voit ce soir son Southern Man tirer des larmes indexées sur chauds souvenirs à l’ensemble des premiers rangs, qui la chantent alors à tue-tête, sans compter, ni chercher à s’accorder ou se mettre au diapason, d’ailleurs… Eux ! Putain, j’ai failli oublier de noircir de la page au sujet de l’antique Heart of Gold du gars Neil : amputé de son génialissime harmonica, soit, mais maîtrisé de bout en bout ; la voix, seule, cherchant parfois son souffle en peinant à atteindre les raides hauteurs initiales de l’original (le jour où les talents de chanteur du plus très "Young" Canadien seront unanimement vantés et reconnus en ce monde de "produits" lisses, "calibrés", ou tout du moins à la hauteur de sa musicale créativité, n’est, certes pas encore arrivé, mais il ne faut pas désespérer, et tiens, ce jour-là, si on peut y ajouter également l’organe de Bob Dylan, l’injustice aura enfin reculée d’un cran !).



Une fois ces pics gravis de souplesse, on peut légitimement s’interroger sur les qualités de compositions de la "Family" qui enchaîne avec deux extraits de leur premier album ( The Story Of The Crazy Red Horse , suivi de Boogie Change in "G"). Reste, que, la barre était définitivement haute et que le groupe reste essentiellement un groupe de scène – qui ne me semble pas avoir encore trouvé sa "voie", son "rythme", en studio, en attendant, bien entendu, la sortie attendue du prochain I’m Your Slave – capable de subjuguer ou emporter une salle par moments, comme c’est le cas ce soir. Un groupe soudé, qui avance tout d’un bloc, et ce, même si les carences de son du Cabaret Aléatoire empêchent ce soir de goûter pleinement à la vigueur de sa section rythmique, au travail, parfois sec, parfois dur, parfois fin, de Rob Hirons(batterie) qui semble parfois taper sur des "couvercles" et s’acharner vainement à faire vrombir le tout en raison d’une prise de son sur "Toms" ou Grosse Caisse, parfois "étouffée", "molle", "plate" du rendu.



Pour la bonne bouche, il serait de bon ton de ne pas omettre l’énorme travail accompli par le "Hofmann" duo aux commandes des guitares incisives. Un duo qui se fond, se confond, se mêle de plaisir tout du long, au point que l’on ne sait plus très bien, parfois, qui fait "quoi", "cela", ou "comment". Une sorte de concours permanent opposant la lignée dans le plus pur style Buffalo Springfield : avec le paternel ciselant sans fin sa "Stills" approche, et le fiston se taillant la part "Young" du jeune lion affûtant crocs et griffes ; un gamin en devenir, du reste, qui ne devrait pas tarder à poster sa candidature officielle, à postuler au rôle de "Guitar Hero Massilien", pour s’en venir lécher les fesses quarantenaires des gars Michel (Cowboys From Outer Space) ou Polo (Holy Curse) s’il consent à se lâcher de plus en plus au cours des années à venir, comme au cours de ce concert, du reste, qu’il termine en trombe, pulpes en fêtes, dans une orgie de cordes tirées, tenues ou vrillées, et ce, malgré une version, un rien bancale, de l’hymne All Along The Watchtower (piquée au "Zimm", mais jouée en "mode" Hendrix !) ; un "monstre" tentaculaire des doigts et de l’inventivité, d’ailleurs tatoué sur le corps de sa Fender, qui semble ainsi veiller sur l’éclosion de ce talent brut, en contrepoint parfait aux prunelles humides et émues du père, remerciant alors tendrement son "premier de couvée" du plus craquant des sourires… Que du bonheur, on vous dit !



Set list:
Playin' in a band / i'm your slave /(2 originaux 3éme album " I'm your slave")/ I'm goin' down (F.King)/ Like a highway chile (original 2éme album "When the guitars slide")/It's a Boogie /What's the mojo?( 2 originaux 3 éme album)/Ramblin' on my mind (R.Johnson)/ All your love(Otis Rush)/ Southern man / Hearth of gold ( N.Young)/ Teach your children (CSN&Y)/Let it grow ( E.Clapton)/ Can't find my way home(S.Winwood)/The story of the crazy red horse/Boogie change in G ( 2 orig. 1er Album "Blues Heritage")/ Indian prayer / Life is hard (2 originaux 3ème album)/ Al Along the watchtower (Dylan)

P "2CHAB" S :
Le lendemain soir, ils remettront "ça" en version "bonus", "gratuite", ouverte à tous et toutes ; allant même jusqu’à promettre aux spectateurs présents au cours des DEUX soirées, de bénéficier d’un exemplaire "offert" du DVD, afin de les remercier de leur gracieuse présence, de leur aimable participation au projet… À méditer !

P "2CHAB2" S :
Arrivé, un rien trop tard, pour bien juger de la performance tendue des Splash Macadam, je ne pourrais jamais que louer le "final" bourré d’énergie d’un trio rock "basique", bardé d’envie, juste héritier de la vague Anglaise des 80’s et de leur rugueuses prestations scéniques…


 


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