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Lundi 17 juin 2013 : 10124 concerts, 22023 critiques de concert, 4863 critiques de CD.

Critique de concert The Horrors + Miles Kane + Crocodiles + The Vaccines + Trentemoller + Cat's Eyes + Concrete Knives + The La's + François And The Atlas Mountains + Archive + Lykke Li + Tinie Tempah (Festival Rock en Seine 2011)


The Horrors + Miles Kane + Crocodiles + The Vaccines + Trentemoller + Cat's Eyes + Concrete Knives + The La's + François And The Atlas Mountains + Archive + Lykke Li + Tinie Tempah (Festival Rock en Seine 2011) en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime





Avec 108 000 spectateurs en trois jours, Rock en Seine 2011 a parfaitement rempli son contrat, établissant un nouveau record de fréquentation grâce à la création d'une quatrième scène intelligemment placée assez loin des trois autres pour éviter les interférences sonores et les " embouteillages "... Voici le compte rendu de la troisième et dernière journée du festival, le dimanche 28 août, sur le papier et dans les faits la plus " faible " des trois (Archive n'est pas une tête affiche aussi énorme que les Foo Fighters ou Arctic Monkeys, donc le site n'affiche pas complet, contrairement aux 26 et 27) mais avec néanmoins de quoi s'infuser une bonne dose de live de qualité ! La preuve ici :





Crocodiles

Comme aux Transmusicales de Rennes en décembre 2010, le groupe américain Crocodiles prouve à Rock en Seine qu'il est très à l'aise quand il s'agit de présenter en direct ses excellents morceaux de rock psyché shoegaze... Si l'on prend un chanteur/guitariste très convaincant, un guitariste admirablement bruitiste et un groupe (basse, batterie, orgue... ) en forme pour jouer des morceaux à la fois référencés (Jesus And Mary Chain... ), bien foutus, percutants et servis avec une bonne dose de larsens, on obtient les mordants Crocodiles... A voir sur scène !





The Vaccines

Pas trop convaincus par le disque des Vaccines, What Did You Expect From The Vaccines ?, on décide néanmoins d'aller jeter un oeil - et une oreille - à la prestation du groupe anglais sur la Grande Scène peu après 15 heures... Bonne idée puisque la fraicheur, l'énergie et la qualité de nombreux morceaux emportent l'adhésion en live, même si l'on sent que le chanteur est toujours à deux doigts de déraper vers le côtés trop emphatique et consensuel de la force pop rock. Car, clairement, ce combo est bâti pour bourrer à fond les stades britanniques, mais il est sauvé par sa passion pour la pop sixties, le punk et le post punk ; on trouve en effet dans l'ADN de ses morceaux des traces des séminaux Ramones, Phil Spector, Joy Division, Jesus and Mary Chain et aussi de... U2, c'est là que le bât blesse un peu. Sinon, une fois qu'on s'est habitué à la voix un peu mielleuse du vocaliste et à ses airs légèrement bovins, il n'est pas difficile de se laisser séduire par les pop songs très accrocheuses. Petit cadeau, le groupe reprend – plutôt bien – le Sometimes Good Guys Don't Wear White des Standells. Les Vaccines sont à suivre de près, s'ils évitent soigneusement de se vautrer dans la quête du succès massif à tout prix.





François And The Atlas Mountains

De passage devant la scène de l'Industrie en route pour aller voir Cat's Eyes sur la nouvelle scène, notre système auditif est charmé par une douce mélopée mélangent chanson française, pop futée et influences africaines. C'est François And The Atlas Mountains qui comme à son habitude fait montre de sa classe coutumière : on se souvient avec émotion de son concert au Rat Pack à Clermont-Ferrand, il y a de cela quelques temps... En plein air devant une foule assez importante, ça marche aussi : la voix d'ange torturé de François, ses titres bien écrits et la cohésion affichée par le très inspiré groupe font définitivement mouche ! A découvrir !





Cat's Eyes

Dès le début de son set, à 15h50, Cat's Eyes, le projet pop sixties de Faris Badwan de The Horrors surprend avec un titre très musclé joué toutes guitares en avant. Puis, on continue dans le pas attendu avec une reprise glaçante et jouissive de Lucifer Sam du Pink Floyd de Syd Barrett. Jusque là on pourrait assister à un concert de The Horrors, ce serait pareil, mais progressivement Rachel Zeffira, dont on ne voit souvent que la timide silhouette, prend un peu plus de place au chant et à l'orgue (voire à la clarinette). Avec un groupe de scène bénéficiant de la présence d'un bon bassiste ultra flippant physiquement (a-t-il été cryogénisé en 1970 et décongelé avant le show pour autant ressembler à un freak seventies à cheveux longs et lunettes ? Mystère... ) et capable de dévoiler des humeurs versatiles, Cat's Eyes oscille entre pop sixties très bucolique à la Ronettes de Phil Spector ou à la Shangri La's, bizarreries pop à la Julee Cruise avec Angelo Badalamenti chez David Lynch et rock psyché bruitiste floydien période Syd B.. C'est très bon, hyper efficace pour tripper et malheureusement trop court ! En clair, ça vaut le détour sur scène !




Concrete Knives

En attendant la reformation événementielle (en fait non, mais on pouvait pas le savoir avant, hein !) des La's, on profite un petit peu du concert des jeunes français de Concrete Knives, une version light mais prometteuse des Canadiens d'Arcade Fire et des Amerloques de Talking Heads dans le style " chorale débridée et foutraque ". Au menu du chef : joie de jouer palpable, sympathique fraicheur, fourmillement d'idées d'arrangements et pas mal d'aspirants au titre de tubes pop rock. A voir plus longuement bientôt.





The La's

L'on se faisait une joie d'assister à une reformation des fameux La's de Lee Mavers (leur chanteur guitariste songwriter ayant influencé gravement Oasis et les Libertines, entre autres) mais malheureusement les musiciens ne sont que deux à se présenter sur scène : Lee M. au micro et à la guitare Danelectro avec distorsion et un bassiste, qui n'est pas John Power, se révèle parfois approximatif et arbore une maillot de la Juventus de Turin. Mr Mavers se pointe en blouson de cuir, avec un haut survêtement ouvert dessous et en lunettes de soleil ; il ressemble à un vieux Noel Gallagher aux dents bouffées par la nicotine et l'alcool. Mais il a quand même plus la classe que les punks à roulettes de Simple Plan dont on vient de nous infliger les images (sans le son, heureusement !) sur les écrans géants avant le show des soi-disant La's. Passées la surprise de voir la place du batteur inoccupée (la batterie servira à un pathétique interlude où le Lee le fracassé jammera pathétiquement sur les futs avec son acolyte) et la déception de se voir proposer des arrangements trop monocordes, il faut avouer que les versions minimalistes des titres cultes de The La's ravivent, un peu, la flamme de la passion pour ce groupe. Lee Mavers chante plutôt bien, même s'il a pris 20 ans dans la gueule, et il sait manier une six cordes. L'inoubliable hit à la Byrds, There she goes, arrive assez rapidement, et il est légèrement massacré mais sans plus. On se dit qu'il faut profiter du moment sans trop s'énerver... Ici ou là, on arrive ainsi à entrevoir assez clairement sur The La's les influences des Who – les riffs basiques et implacables sont souvent au programme – et des Beatles par l'entremise de mélodies travaillées et de chansons immédiates... Las, sans un mot, avec une nonchalance et une morgue fatigantes à la longue, les La's light déroulent leur show. Et puis s'en vont en se faisant l'accolade. Mavers fait un petit signe de la main au public : c'est fini. Le gars semble ne pas avoir vu que la moitié du public a pris ses jambes à son cou pour fuir ce spectacle tristounet et plus adapté à une petite salle remplie de fans qu'à une immense scène de festival.





Miles Kane

Cet exode vers les autres scènes bénéficie à Miles Kane qui se produit devant un nombre de personnes considérable sur la scène de l'Industrie incroyable : gros succès mérité à la clé pour l'ex Rascals et Last Shadow Pupetts avec Alex Turner des Arctic Monkeys... A ce rythme là, il rattrapera bientôt le groupe de son pote et se produira dans des lieux aussi grandes. Il faut dire que le fringant jeune homme, assez mal fagoté avec son pantalon blanc trop remonté et sa chemise noire, sait s'y prendre pour écrire des morceaux qui claquent et donnent envie de communier avec les autres spectateurs en live : Rearrange, Come Closer, Colour Of The Trap, Counting Down The Days, Inhaler... Avec sa voix lennonienne, son jeu de guitare aussi délié que catchy et l'apport de son survolté groupe de scène, Miles Kane casse la baraque. Mis à part un titre un peu massacré, Kingcrawler, c'est un sans faute, qui en appelle de nombreux autres !






The Horrors

Comme lors de son infernal passage à Rock en Seine en 2009, The Horrors donne le meilleur concert de la journée sur la flambant neuve scène située au milieu d'une forêt à l'entrée du site... La pertinence maléfique du répertoire présenté étourdit l'assistance, complétement ensorcelée, lui donnant l'impression de tanguer dangereusement avant de tomber dans un insondable précipices de dépressions en tout genre. Le fait que la scène soit placée dans une pente renforce encore cette impression de perdre pied, surtout si l'on s'est adonné à des libations presque excessives pour se mettre encore mieux dans l'ambiance, étrange, sombre et romantique. Tel une bande de Nosferatu musiciens dirigés de main de maitre par Faris Badwan, l'homme aux cordes vocales plus noires que noires, The Horrors concocte une version admirablement sinistre de son répertoire récent, laissant la part belle à son dernier album Skying et au précédent, Primary Colors. L'unité du son en fusion qui s'échappe des enceintes propose de brillantes réminiscences de Joy Division, The Cure et My Bloody Valentine. A la manière d'un curieux vaisseau avançant nuitamment dans les ténèbres, le combo anglais tisse un mur du son extrémiste mais mélodique avec un batteur impossible à prendre en défaut, un bassiste efféminé faisant l'amour à son instrument, un claviers éhontément impassible mais toujours à propos et un guitariste jamais avare d'un riff obsédant ou d'un larsen maitrisé. Pourtant programmé un peu tôt dans la soirée, The Horrors enchante grâce à la puissance émotionnelle de son répertoire ; de Changing The Rain à Moving Further Away en passant par I can See Through You, Dive In ou Still Life, c'est juste parfait... La tournée prévue à l'automne 2011 est absolument IMMANQUABLE !



Tinie Tempah

Comme on na jamais rien eu à faire des pleurnicheries néo métal trop torturées – genre " tu vois quoi c'est pas facile d'avoir des gros bras et un coeur qui bat avec des sentiments mélancoliques " – des Deftones, qui jouent sur la grande scène, on tente de jeter un oreille au show de Tinie Tempah. Très mauvaise idée, ce gars là étant un croisement hautement putassier et limite vomitif entre David Guetta, Puff Daddy et de la soupe rock FM américaine... Proprement infect messieurs dames et donc vivement déconseillé aux personnes de goût !





Trentemoller

Direction la scène où se produit Trentemoller, où, là, il se passe clairement quelque chose : un électronicien à mèche made in Danmark s'acoquine avec une groupe de rock psyché pour créer une sorte de bande son idéale pour se mettre la tête à l'envers. Beats démoniaques, batterie organique, son de synthés analogique évoquant un Theremin, triturage et filtrage des sons synthétiques comme il faut, guitares distordues et basses monstrueuses : la formule magique, entre techno, electronica, psychédélisme et surf rock sur la fin, pour faire danser le public la tête dans un genre de Big Bang... Un Choc !





Lykke Li

Belle déception au concert de Lykke Li : au lieu d'offrir une relecture scénique inspirée de ses compositions, la Suédoise se prend pour Madonna ou Lady Gaga, toutes proportions gardées bien évidemment, en créant une sorte de show à l'américaine assez vain... Il y a trop de mise en scène (choriste, batteurs et percussionniste qui en font des caisses, chorégraphies, discours formatés... ), un son trop énorme et pas assez de mystère pour cela soit intéressant à notre goût. Dommage !





Archive

En quittant les lieux, on a le temps de constater qu'Archive, un groupe qui est mort il y a longtemps (2004 ?) mais qui ne le sait pas, continue à se vautrer dan le mélange trip hop électro rock psyché grandiloquent et facile, avec des chanteurs fatigants qui se croient sur le plateau de l'Eurovision... Il y a des fans mais la Grande Scène est loin d'être complète, ce qui est assez rassurant.


Rendez-vous l'année prochaine donc, pour les 10 ans du festival et, on l'espère, armé d'une prog rivalisant avec les bons côtés des légendaires festivals anglais de Reading et Leeds (cette année, il y avait les Strokes et Pulp le même soir... ), qui ont lieu au même moment dans l'année... C'est tout le mal qu'on souhaite à Rock en Seine, qui permet toujours de passer trois jours idylliques en plein air à Paris, fin août.





A lire également, les comptes rendus des journées du samedi 27 août avec Arctic Monkeys, WU LYF, The Jim Jones Revue, Cage The Elephant, Blonde Redhead, Interpol, The Streets et du vendredi 26 août The Kills, Seasick Steve, Foo Fighters, CSS, Kid Cudi, Smith Westerns, Odd Future, The Feeling Of Love, Beat Mark, sans oublier les chroniques de l'édition 2010 avec Black Rebel Motorcycle Club, Queens Of The Stone Age, Jello Biafra, Lcd Soundsystem, Jonsi, Martina Topley Bird, Two Door Cinema Club et Arcade Fire, Roxy Music, Beirut, Eels, Wave Machines...






Photos : Boby (Lykke Li, Miles Kane à Woodstower 2011), Nicolas Brunet (The Vaccines, Archive, Trentemoller, The Horrors ), Sylvere H. (ambiance), Nicolas Tourancheau aka Kymmo (www.flickr.com/photos/kymmo, Crocodiles, The La's, Concrete Knives) et Flore-Anne Roth (ambiance)...



Liens : www.rockenseine.com, www.myspace.com/rockenseine, www.facebook.com/rockenseine.



 


>> Réponse (le 30/08/2011 par Philippe) En fait, Archive est mort en 2005 quand le (bouleversant) chanteur Craig Walker s'en est fait virer pour alcoolisme notoire. Le recrutement d'un baltringue à sa place a hélas correspondu à la baisse de forme en inspiration du groupe (qui avait tout de même commis 3 albums merveilleux avant).  > Réagir à cette critique

>> Réponse (le 30/08/2011 par Maldoror)
Je partage presque à 100 % l'excellent compte rendu de cette ultime journée de Rock en seine, la seule à laquelle j'ai hélas participé. Je rajouterai seulement une critique d'un concert non listé, celui de Lily Wood and the Prick que j'ai trouvé plutôt sympa même si je regrette un aspect un peu lisse pour du live. Enorme consternation par la suite avec le concert véritablement nullissime des fameux LA's dont l'unique album continue à m'enchanter (je croyais pourtant avoir déjà atteint le summum avec Bob Dylan et ses interprétations foireuses de ses sublimes chansons). Enfin, bonne surprise avec les Horrors qui certes n'ont pas inventé le goth mais ont des morceaux intéressants quelque part entre les Cure et My Bloody Valentine. Quant à Archive, improbable tête d'affiche, j'ai déclaré .../...

 

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