Critique de concert Hugues Aufray + Annabel

Après un concert Metal qui avait fini fort tard la veille, je ne me sentais pas vraiment d'assister à un autre live qui ne m'attirait pas des masses globalement... Mais bon, ma mère ne l'ayant jamais vu, et comme le bonhomme tape dans les 81 ans, je me suis dit qu'il ne fallait pas manquer ça... Au pire j'aurai quelques classiques et des covers de Bob Dylan à me mettre sous la dent pour pas m'endormir !
Mais apparemment d'autres n'ont pas raisonné de la même manière, car le Dome était en configuration assise minimale de chez minimale... Je dirai dans les 2000-2500 personnes à tout casser.
Vu l'age moyen élevé de la salle (derrière moi il y avait même un sosie de Lilianne Bettencourt !), je me disais qu'à dix heures ca serait plié... tu parles Charles, quand les lumières se sont éteintes et qu'on a vu débarquer un joli brin de femme toute seule avec sa gratte acoustique, mon "oh putain" a du retentir dans tout le quartier, faisant marrer ceux autour, par mon désespoir déliquescent !
Mais comme je laisse toujours une chance aux inconnu(e)s, j'ai prêté une oreille attentive à Annabel, qui nous annonce une petite demi heure de set, aux influences country folk américaine. Ce qui est déjà un bon point pour elle.
Puis quand elle commence à déployer sa voix, le bon point devient un excellent point ! Ouah quel organe ! Techniquement c'est du lourd, musicalement et émotionnellement c'est du beau. Et ce qu'on peut retenir par dessus tout, c'est sa générosité. Elle donne toute son émotion à travers des reprises de Joan Baez ("Joe hill", "Donna Donna"), de Dylan, de chants traditionnels US, un peu de Country, et en point d'orgue "The boxer" de Simon & Garfunkel, superbement repris (étant grand fan, j'avoue qu'elle a magnifiquement assuré !), et un "Amazing grace" final a cappella, qui a parachevé un bien beau moment.
La donzelle a convaincu les gens présents, certains lui réservant une standing ovation. Il faut dire qu'avant le premier morceau personne ne la connaissait, et qu'au fur et à mesure, le scepticisme général s'est transformé en approbation tout aussi générale, ce qui est une belle preuve de son talent et de l'émotion qu'elle a pu transmettre. Il n'y a qu'à écouter le public reprendre "Donna Donna" version Claude Francois sur le refrain, ou les "leileilei" sur "The Boxer", sans oublier le silence religieux, puis les ohohoho finaux sur "Amazing grace".
Belle performance de cette artiste folk attachante, dont la sincérité des remerciements faisait chaud au cœur. A tous les cœurs.
Et puis quinze minutes plus tard, c'est un Hugues Aufray fringuant qui débarque sur un "Honky tonk blues" d'enfer, avec des musiciens de grands talents, chacun à son poste ! Mention spéciale à l'accordéoniste, aussi clavieriste, qui nous a démontré combien cet instrument tombé en désuétude pouvait rendre une émotion certaine à travers une musicalité limpide. Le spécialiste de la country à la gratte et mandoline assurait super aussi, ainsi qu'un batteur tonique derrière son paravent en plexiglas, et un gratteux soliste plus discret à gauche, sans oublier le bassiste/chef d'orchestre à la force tranquille. Un vrai band de pros, plaisant à regarder jouer.
Quant à l'artiste du soir, je trouve qu'il tient une excellente forme pour son age canonique ! Bien sur, parfois sa voix défaille un peu, et à la fin du show il boitillait, mais franco, deux heures sans pause, c'est pas donné à tout le monde après 70 piges !
Je ne suis pas fan ultime du bonhomme, mais je pense que c'est un chanteur "transgénérationnel", dans le sens où il a traversé plus de cinq décennies en faisant ce qu'il aimait, et que chaque génération connait au moins trois de ses classiques, les chantonnant sans savoir que c'est de lui certainement.
Autre avantage, de mon opinion, c'est que ce n'est pas un simple chanteur de variétés, au contraire, il a toujours puisé dans le folk de plusieurs régions du monde (Amérique du sud, Pays Cajun, Espagne...), et repris nombre de morceaux anglo saxon en les francisant, notamment Dylan ("La fille du nord", "La réponse est dans le vent", "L'homme orchestre"...) d'où le non-ennui pendant ces deux heures, même si quelques morceaux n'étaient pas fameux ("Les temps changent"...) dans le tas.
Du coup, même s'il manquait des standards comme "L'épervier" (réclamé à corps et à cris par un vieux derrière durant la dernière heure !), "Debout les gars", "Chacun sa mer, chacun son vent" ou encore "Comme des pierres qui roulent", on a eu un bon paquet de hits, repris en chœur par une assistance peu importante mais fervente. "Stewball", "Adieu monsieur le professeur", "Le petit âne gris", ou encore un "Céline" réarrangé de belle manière, ont permis à Aufray de faire participer son monde avec chaleur. Sans parler bien sur du "Santiano" tant attendu, où là, tout le monde debout s'est senti poussé des voiles !
Et alors que la salle se rallumait, le grand monsieur est revenu pour nous interpréter quasiment a cappella, un "La prière" émouvant, dans un silence total. Avec une ovation bien méritée pour saluer sa sortie définitive.
C'était sa première fois au Dôme, il en était ravi, et même si je ne courrai pas pour le revoir absolument, j'ai passé un bon moment, chose qui n'était pas gagné par avance ! Avec en plus une première partie tout aussi réussie, comme quoi tout peut arriver ! ;)
Setlist (incomplète et dans le désordre):
Honky tonk blues
Les temps changent
Le petit âne gris
Dès que le printemps reviens
La fille du nord
Jambalaya sur le bayou
La reponse est dans le vent
Au coeur de mon pays
Mr Tambourine man
Blowin' in the wind
Troubadour, gitan, mariachi (?)
N'y pense plus, tout est bien
Le rossignol anglais
Les crayons de couleur
Le grand cercle de la vie
Adieu monsieur le professeur
Céline
Stewball
Rappel
Hasta luego
Le vieux chalet (la haut sur la montagne)
Santiano
Rappel 2
La prière
Mais apparemment d'autres n'ont pas raisonné de la même manière, car le Dome était en configuration assise minimale de chez minimale... Je dirai dans les 2000-2500 personnes à tout casser.
Vu l'age moyen élevé de la salle (derrière moi il y avait même un sosie de Lilianne Bettencourt !), je me disais qu'à dix heures ca serait plié... tu parles Charles, quand les lumières se sont éteintes et qu'on a vu débarquer un joli brin de femme toute seule avec sa gratte acoustique, mon "oh putain" a du retentir dans tout le quartier, faisant marrer ceux autour, par mon désespoir déliquescent !
Mais comme je laisse toujours une chance aux inconnu(e)s, j'ai prêté une oreille attentive à Annabel, qui nous annonce une petite demi heure de set, aux influences country folk américaine. Ce qui est déjà un bon point pour elle.
Puis quand elle commence à déployer sa voix, le bon point devient un excellent point ! Ouah quel organe ! Techniquement c'est du lourd, musicalement et émotionnellement c'est du beau. Et ce qu'on peut retenir par dessus tout, c'est sa générosité. Elle donne toute son émotion à travers des reprises de Joan Baez ("Joe hill", "Donna Donna"), de Dylan, de chants traditionnels US, un peu de Country, et en point d'orgue "The boxer" de Simon & Garfunkel, superbement repris (étant grand fan, j'avoue qu'elle a magnifiquement assuré !), et un "Amazing grace" final a cappella, qui a parachevé un bien beau moment.
La donzelle a convaincu les gens présents, certains lui réservant une standing ovation. Il faut dire qu'avant le premier morceau personne ne la connaissait, et qu'au fur et à mesure, le scepticisme général s'est transformé en approbation tout aussi générale, ce qui est une belle preuve de son talent et de l'émotion qu'elle a pu transmettre. Il n'y a qu'à écouter le public reprendre "Donna Donna" version Claude Francois sur le refrain, ou les "leileilei" sur "The Boxer", sans oublier le silence religieux, puis les ohohoho finaux sur "Amazing grace".
Belle performance de cette artiste folk attachante, dont la sincérité des remerciements faisait chaud au cœur. A tous les cœurs.
Et puis quinze minutes plus tard, c'est un Hugues Aufray fringuant qui débarque sur un "Honky tonk blues" d'enfer, avec des musiciens de grands talents, chacun à son poste ! Mention spéciale à l'accordéoniste, aussi clavieriste, qui nous a démontré combien cet instrument tombé en désuétude pouvait rendre une émotion certaine à travers une musicalité limpide. Le spécialiste de la country à la gratte et mandoline assurait super aussi, ainsi qu'un batteur tonique derrière son paravent en plexiglas, et un gratteux soliste plus discret à gauche, sans oublier le bassiste/chef d'orchestre à la force tranquille. Un vrai band de pros, plaisant à regarder jouer.
Quant à l'artiste du soir, je trouve qu'il tient une excellente forme pour son age canonique ! Bien sur, parfois sa voix défaille un peu, et à la fin du show il boitillait, mais franco, deux heures sans pause, c'est pas donné à tout le monde après 70 piges !
Je ne suis pas fan ultime du bonhomme, mais je pense que c'est un chanteur "transgénérationnel", dans le sens où il a traversé plus de cinq décennies en faisant ce qu'il aimait, et que chaque génération connait au moins trois de ses classiques, les chantonnant sans savoir que c'est de lui certainement.
Autre avantage, de mon opinion, c'est que ce n'est pas un simple chanteur de variétés, au contraire, il a toujours puisé dans le folk de plusieurs régions du monde (Amérique du sud, Pays Cajun, Espagne...), et repris nombre de morceaux anglo saxon en les francisant, notamment Dylan ("La fille du nord", "La réponse est dans le vent", "L'homme orchestre"...) d'où le non-ennui pendant ces deux heures, même si quelques morceaux n'étaient pas fameux ("Les temps changent"...) dans le tas.
Du coup, même s'il manquait des standards comme "L'épervier" (réclamé à corps et à cris par un vieux derrière durant la dernière heure !), "Debout les gars", "Chacun sa mer, chacun son vent" ou encore "Comme des pierres qui roulent", on a eu un bon paquet de hits, repris en chœur par une assistance peu importante mais fervente. "Stewball", "Adieu monsieur le professeur", "Le petit âne gris", ou encore un "Céline" réarrangé de belle manière, ont permis à Aufray de faire participer son monde avec chaleur. Sans parler bien sur du "Santiano" tant attendu, où là, tout le monde debout s'est senti poussé des voiles !
Et alors que la salle se rallumait, le grand monsieur est revenu pour nous interpréter quasiment a cappella, un "La prière" émouvant, dans un silence total. Avec une ovation bien méritée pour saluer sa sortie définitive.
C'était sa première fois au Dôme, il en était ravi, et même si je ne courrai pas pour le revoir absolument, j'ai passé un bon moment, chose qui n'était pas gagné par avance ! Avec en plus une première partie tout aussi réussie, comme quoi tout peut arriver ! ;)
Setlist (incomplète et dans le désordre):
Honky tonk blues
Les temps changent
Le petit âne gris
Dès que le printemps reviens
La fille du nord
Jambalaya sur le bayou
La reponse est dans le vent
Au coeur de mon pays
Mr Tambourine man
Blowin' in the wind
Troubadour, gitan, mariachi (?)
N'y pense plus, tout est bien
Le rossignol anglais
Les crayons de couleur
Le grand cercle de la vie
Adieu monsieur le professeur
Céline
Stewball
Rappel
Hasta luego
Le vieux chalet (la haut sur la montagne)
Santiano
Rappel 2
La prière
Signature : gandalfle 03/11/2010
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Photographe : olivia-jehel
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le 5 au 7 aout 2010 - Presqu'ile du crozon (par Lionel Degiovanni)
Le Dôme - Marseille


le 11 décembre 2011 - le Dome - Marseille (par Pirlouiiiit)
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