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Jeudi 24 mai 2012 : 9765 concerts, 20887 critiques de concert, 4719 critiques de CD.

Critique de concert Iggy & The Stooges + Archive + Emilie Simon + Izia (Printemps de Bourges 2010)


Iggy & The Stooges + Archive + Emilie Simon + Izia (Printemps de Bourges 2010) en concert


4 étoiles, bon concert

Jaime







Une démonstration de punk rock...

Après trois premières parties plutôt anecdotiques (Izia fatigue en un clin d'oeil avec ses hurlements et ses compos de Janis Joplin du pauvre, Emilie Simon ne provoque pas beaucoup d'émotions sur scène - même si de nombreux titres sont bons et si sa version à la guitare sèche d'I Wanna Be Your Dog est réussie - et Archive déroule son sempiternel set Floydien avec un peu d'électro et de hip hop dedans), les sauvages membres actifs d'Iggy & The Stooges ont fait une démonstration de punk rock au Printemps de Bourges 2010. Et ce avec une classe lubrique, une puissance brute et une envie de jouer digne de gamins ayant atteint un âge avancé, sans s'en rendre compte un seul instant... Si les trois premiers concerts ont reçu un accueil très favorable de la part du nombreux public réuni dans le Phénix, le traditionnel chapiteau de 6000 places érigé pendant le festival berruyer, c'est bien Iggy Pop et son redoutable combo qui ont recueilli les plus belles ovations de la soirée pendant leur set stratosphérique et malsain d'une heure vingt.





Iggy & The Stooges montent progressivement en puissance.

Malgré un départ poussif sur le pourtant génial Raw Power, Iggy & The Stooges montent progressivement en puissance tel un terrifiant moteur diesel carburant au sang frais, au sexe adolescent et au rock 'n roll way of life... Alimenté par une énergie viscérale venant des ages farouches de Detroit, Michigan, le terrible engin sonique stoogien écrase tout sur son passage, en canardant sur tout ce qui bouge avec force riffs énormes, cris surhumains et rythmiques saccadées… Après une mise en route un peu approximative, le "nouveau" guitariste James Williamson (il a co composé le mythique Raw Power - ce qui n'est pas rien, nom de Dieu ! - et il est de retour dans le groupe suite à la mort de son ennemi intime Ron Asheton) fait rugir sa six cordes comme dans un rêve humide, on lui pardonnera donc la perte de son sex appeal (les ravages du temps) et sa petite forme sur le premier refrain du morceau inaugural. De toute façon, on demande juste aux Stooges d'assurer un minimum pour dérouler le tapis rouge sonore au maître de cérémonie, Iggy, qui, s'il boite de plus en plus, est néanmoins le plus fringant de la troupe : très en voix, intenable dans ses chorégraphies de possédé, jamais avare d'un plongeon dans le public et toujours à la limite de sortir son terrible instrument de son jean taille basse (à l'occasion d'un morceau "intime", on ne verra que son pubis ce soir, contrairement au show d'anthologie donné au Zénith de Paris en juillet 2004 où il avait défouraillé à tout va)...




L'iguane est plus que jamais un dieu vivant du rock 'n roll...

Longue chevelure peroxydée, gilet arraché dès le début du set, muscles saillants et tête de mort-vivant ravi d'en découdre, l'iguane est plus que jamais un dieu vivant du rock 'n roll... Son age avancé ne l'empêche pas de faire mouiller les culottes et gonfler les braguettes en moins de cinq minutes, grâce à son très bel organe vocal sachant aussi bien aller dans les graves profondes et que dans les râles orgasmiques... Concentrés et en retrait, Scott Asheton aka Rock Action, le batteur canal historique assure le rythme sans débander, après sa légère panne au démarrage (trop mou), le bien nommé Mike Watt, quant à lui, fait vrombir sa basse comme un damné de la terre, Steve McKay (saxophone, piano, percussions), lui, fait bien le job malgré une présence parfois trop marquée (horrible version de Cock in My Pocket, avec sax dégoulinant au diapason de tout le groupe, hors sujet) et le déjà cité James Williamson renoue brillamment avec son passé de psychopathe du riff stonien et du solo vrillant. Même si tout est sous contrôle et savamment répété (l'envahissement de la scène sur le démentiel Shake appeal avec les roadies protégeant les musiciens et Williamson jouant caché derrière ses amplis, pour ne pas être emmerdé), il se passe donc quelques chose sur scène, grave au titanesque répertoire d'Iggy & The Stooges, à un son de dingue et à la magique touche de Mr Pop.




Le séminal combo entraîne une jouissance collective !

En se plongeant avec allégresse dans le surpuissant autant que mythique album Raw Power et dans les compositions éjaculées jute après celui-ci, tout en n'omettant pas les classiques I Wanna Be You dog, Search And Destroy, 1969 et Fun House, le séminal combo entraîne une jouissance collective peu commune. Le Phénix gronde de plaisir sur les titres cités à l'instant et sur les plus rares Gimme Danger, Johanna (qu'Iggy avait joué également en 1994 lors d'un prestation de feu de près de 2 heures ici-même), Your Pretty Face Is Going To Hell, 1970, Beyond The Law, Penetration, Five Foot One, Open Up And Bleed et I Need Somebody... Et le concert - expéditif et bien envoyé, même si un peu en deçà de celui, hystérique, de 1994 et du mémorable Zénith de 2004 - de se terminer en apothéose par un rappel de feu. Pendant toute la durée de ce spectacle déjanté en diable, Iggy & The Stooges n'ont pas cessé de hausser le ton pour travailler au corps leurs fans, puis les faire jouir lors d'un très bruyant feu d'artifice final. C'est du grand art de maintenir ainsi la pression à ce niveau là quand on a cet age canonique ! Conclusion, les Stooges ne sont pas morts, leurs facultés érectiles sont intactes et ils vont à coup sûr encore revenir de tournée après avoir disséminé de nombreux enfants du rock 'n roll partout où ils seront passés. Comme dirait l'autre idiot : ça ne finira jamais...






Liens : www.printemps-bourges.com, www.myspace.com/iggyandthestooges, www.iggyandthestoogesmusic.com.





A lire sur le Printemps de Bourges 2010, des chroniques des concerts de Chain And The Gang, Mustang, Ben Sharpa, Gizelle Smith & The Mighty Mocambos, Lexicon, Solillaquists Of Sound, Sexy Sushi, The Bloody Beetroots Death Crew 77 et Crookers , Wave Machines, Royal Bangs, The Love Me Nots, Fool's Gold, Ladylike Dragons, Les Plastiscines, Daniel Johnston & The B.E.A.M. Orchestra, The Brian Jonestown Massacre, Health, LoneLady, Teenage Bad Girl, The Subs, Gazelle, Koudlam, Midlake + Tunng, The Black Box Revelation...


 


Izia : actuellement en concert 


  4 étoiles
Izia + Dissonant Nation
le 1 Mars 2012 - Transbordeur, Lyon (par Solveyk)
 

  5 étoiles
Izia + Haussmann Tree
le 14 novembre 2010 - Olympia - Paris (par Julyzz)
 

  5 étoiles
Izia + Jeff Lang
le 8 Novembre 2010 - L'Aéronef - Lille (par Fredc)
 

  5 étoiles
Izia + Hangar
le 4 novembre 2010 - Espace Julien - Marseille (par Pa Berton)
 

  5 étoiles
Izia + Vadel
le 14 octobre 2010 - Salle de Montfavet - Avignon (par Lionel Degiovanni)
 

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