Critique de concert Incubus + FiN


Aller voir Incubus en concert en 2011, c’est simplement assouvir un fantasme d’adolescente frustrée de ne pas avoir eu 20 ans il y a 10 ans. Quoi qu’il en soit, après un concert inégal en termes de qualité des morceaux (le dernier album If Not Now, When ? a la capacité de vous faire saigner les oreilles en une écoute), le bilan reste quand même relativement positif pour les anciens fans hardcore.
Inconnu au bataillon, Fin ouvre le bal devant un public mitigé. Ils sont cinq, font du pseudo rock qui peut plaire à votre belle mère et franchement, même dans la catégorie rock FM ils n’ont pas inventé le fil à couper le beurre. Heureusement le set ne dure pas trop longtemps et on peut passer à autre chose...
La quantité de roadies pour mettre en place la scène d’Incubus fait un peu peur à voir, on se demande si le boulot de certains n’est pas simplement d’apporter les jacks à un collègue qui lui serait chargé de les brancher aux amplis. Quoi qu’il en soit, lorsque le concert débute, on est rassuré par une relative simplicité de la part du groupe qui tout au long de la soirée donnera vraiment l’impression d’être heureux de jouer devant un public français venu en petit comité accueillir un des anciens groupes phares de la scène alternative californienne.
Passons tout de suite sur le sujet Brandon Boyd et ses groupies. Oui ce garçon possède un charme plus que certain mais de là à hurler son nom entre chaque chanson et manquer de se pâmer à chaque couche de vêtement qu’il retire, il ne faut pas exagérer. L’impression d’assister au concert d’un boys band est parfois un peu trop présente, ce qui enlève beaucoup de crédibilité à un chanteur aux capacités vocales assez impressionnantes. En effet le son ce soir au Zénith de Paris est incroyablement correct et Brandon Boyd et ses acolytes méritent qu’on leur tire notre chapeau pour une prestation sans aucune fausse note, tant au sens propre du terme qu’en termes de communication et présence scénique. Tous les musiciens sont bons, ont le sourire et ne ménagent as leurs efforts pour nous offrir un concert digne de ce nom.
Après, là où le bât blesse, c’est bien évidemment sur la setlist qui, pour une grosse moitié, laisse à désirer tant les chansons du dernier album et, dans une moindre mesure, celles de l’avant dernier, sont un ramassis de rock mainstream et consensuel qui donnerait envie de pleurer à toute personne ayant apprécié les incroyables Fungus Amongus et S.C.I.E.N.C.E. Le paroxysme du pathétique pour un groupe ayant composé des morceaux tels que Take Me To Your Leader ou Glass fut atteint lors du mini set acoustique Brandon Boyd/Mike Einziger et la chanson Love Hurts tirée de Light Grenades. Au secours, rangez moi ces briquets et ces téléphones portables, sortez les tomates et les œufs pourris ! Il n’en reste que le groupe jouera un petit nombre d’anciens morceaux tels que Vitamin et enchainera Nice to Know You, Drive et Wish You Were Here avant le rappel, ce qui, il faut l’admettre, ravit les oreilles.
Point culminant de la soirée, A Certain Shade Of Green en rappel, ou comment réveiller des souvenirs vieux d’une décennie en rappelant au public la puissance de ces premiers morceaux fusion entre funk et néo métal. Le groupe achève malheureusement cette impression en terminant le concert sur une ballade tirée du dernier album donnant juste envie de se pendre face à tant de facilité.
Le rappel eut il été joué dans l’autre sens, le concert aurait laissé une véritablement bonne impression, mais malheureusement il faut bien l’admettre, Incubus ce n’est plus ce que c’était. Il serait pas mal pour eux de s’en rendre compte, soit en retournant aux sources (ils ont prouvé par leur joie manifeste à jouer leurs anciens morceaux que c’était possible) soit en arrêtant tout bonnement et simplement les frais.
Signature : coline magaud
le 27/11/2011
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