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Chronique de Concert

Les Insus?

Les Insus? en concert

Bayonne 25 Juillet 2017

Critique écrite le par

Je vais vous parler d'un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître ... Début des années 80, dans la cour des collèges, de nombreux élèves ont inscrit le nom de leurs groupes préférés au marquer noir sur leur sac US. On retrouve souvent les mêmes noms, TRUST, AC/DC, IRON MAIDEN, POLICE ou TELEPHONE. TELEPHONE était plus grand public que TRUST, mais a toujours été un vrai groupe de rock, ne se fourvoyant que très peu dans la soupe de l'époque. 1986, le groupe splitte, Aubert et Kolinka d'un côté, Bertignac et Corine de l'autre, sans jamais retrouver l'urgence et la vitalité de leur ancien groupe. 30 ans après, TELEPHONE se reforme, sans Corine, trop de tensions et de vieux problèmes personnels. Les 3 choisissent de ne pas reprendre leur ancien nom, le groupe n'étant pas au complet. C'est avec un inconnu à la basse, Aleksander Angelov, que LES INSUS (-PORTABLES :humour !) reprennent le chemin de la route et sillonnent la France des grandes salles et des festivals pendant 2 ans, et ce sont 2 soirées au Stade De France en septembre qui vont clore cette reformation.

En attendant, cet été, le groupe fait ses derniers concerts en province, et c'est à Bayonne, dans les arènes, qu'ils font leurs adieux au sud-ouest. Dés la mise en vente des places en novembre dernier, le concert a été complet en une paire d'heures, et là, j'ai eu plus de chance que la fois précédente à Pau où je n'avais pas pu avoir de billet. Les échos de la tournée, et les vidéos qui circulent ont fait monter l'envie. C'est donc avec une vraie envie que je vais enfin aller écouter en vrai les morceaux qui ont marqué ma jeunesse. Et je ne suis pas le seul, gros attroupement devant les arènes pour pouvoir rentrer, quasiment que des quadras et quinquas nostalgiques des émois rock de leur jeunesse. Après avoir fait la queue pendant un bon moment, j'entre dans les arènes, direction la fosse, tout à droite. Concert complet oblige, on est bien serré, mais la visibilité est bonne (enfin, j'ai pas de grand devant pour être plus précis).



Quelques morceaux rock dans la sono en apéritif (et du tout bon, avec notamment "Immigrant Song" de Led Zeppelin, "Born Under a Bad Sign" d'Albert King, "London Calling" des Clash ou "Feelin' Alright" de Joe Cocker, on sent que la soirée devrait être bonne) et les lumières s'éteignent enfin. C'est en jouant "Crache Ton Venin" que les musiciens débarquent, tout sourire. Le son est bon, assez fort, mais plus habitué aux concerts Metal que Rock, je trouve que les guitares manquent de mordant. Mais pour la plupart des spectateurs, ça devait être suffisant. La complicité est évidente entre les musiciens, qui se cherchent, se sourient, se taquinent. Le bassiste par contre, est quasi inexistant (dans le style, à égalité avec le guitariste de TRUST sur ce point), dur de faire sa place à côté des 3 membres mythiques, et niveau musical, on peut regretter le jeu rond et souple de Corine.

Le public adore dès le début, et avec le pur rock 'n' roll "Hygiaphone" suivi du plus rare" Dans Ton Lit", la pression ne retombe pas. Et que dire de l'enchaînement des brûlots "Faits Divers"/"Argent Trop cher "pour le moment Hard Rock du concert suivi d'un autre enchaînement, plus émotionnel, avec "La Bombe Humaine"/"Au Coeur de La Nuit". Magnifique, et les choeurs du public qui résonnent dans les arènes rendent le tout encore plus beau. Se retourner et voir le public debout, à moitié en transe, c'est pas courant à Bayonne. Le light show est plutôt minimaliste, tant mieux, priorité à la musique. Kolinka est le plus spectaculaire, et curieusement c'est le musicien dont mes collègues féminines présentes au show me parleront le plus le lendemain. Aubert n'est pas trop en voix, mais son enthousiasme compense sans problème. Bertignac, toujours débonnaire, tripote sa cigarette électronique entre les morceaux, tire un peu dessus et s'en sert en tant que bottleneck pour des petites parties de slide ; quand la modernité rejoint la tradition. Bertignac, justement, est à l'honneur au chant sur les 2 titres suivants, "66 heures" et le très pop "Cendrillon", chanté aussi à tue tête par le public. "Flipper" et "Métro (c'est trop)" remettent le 1er album - mon préféré - à l'honneur pour des moments de pur rock, 40 ans après on a pas fait mieux.

Les roadies amènent les guitares sèches et une caisse claire, pour l'intermède acoustique avec "Le Silence", joué dans une version blues épurée (Delta blues style), avec Bertignac à la slide tout du long, et à la fin du titre il ne s'arrête pas, joue encore quelques notes et embraye sur le début du "Sex Machine" de Jean Brun, suivi pas Aubert, et c'est parti pour une minute de "get up, get on up" en choeur, moment bien sympa. Le très moyen "Le Jour s'est Levé" (leur dernier tube, en 1985) remporte un gros succès, et le funky "Un Peu de ton Amour" balance bien, ils touchent avec talent à tous les styles. L'ambiance sur scène est toujours aussi joviale, Aubert et Bertignac discutent, plaisantent, rigolent, Kolinka fait tourner les baguettes, quel plaisir de voir un groupe de vieux qui s'amuse sur scène. Après avoir demandé ce que buvaient les Basques (le public crie "Patcharan", les musiciens ne comprennent pas le mot, et il faut que Bertignac demande à quelqu'un du 1er rang pour comprendre) : à la suite, pour rester dans l'esprit local, Aubert se lance dans un jeu de mot avec son nom : "Aubert est basque". Live = vivant, c'était vraiment ça, des impros, des morceaux rallongés, du vrai live comme on n'en fait plus. Ils ont même tapé le bœuf à plusieurs reprises (tellement que j'ai eu peur que les gars de L214 débarquent). Là où TRUST ralentit les tempos ou modifie des parties vocales façon rap, leurs camarades livrent des versions encore plus rentre-dedans et en rajoutant des solos. Seul regret : pas de "Le Vaudou" (peut-être les meilleures 2 minutes de l'histoire du Rock français).

Mais retour au concert pour 3 extraits de l'album "Un Autre Monde" (celui que j'aime le moins) avec "Ce que je veux", "New York avec toi", bien meilleure que la version studio et le méga tube "Un autre monde", sur lequel Kolinka lance dans la foule un énorme globe gonflable qui fait le tour de la fosse, et pendant lequel les spectateurs se déchaînent. C'est l'heure des rappels, et certains spectateurs peu habitués des concerts se barrent dés que le groupe sort de scène... Dommage, c'est sur "Ça (c'est vraiment toi)" que le groupe revient une première fois, avec une reprise du "Whole Lotta Love" de Led Zep au milieu. Je ne sais pas si c'était prévu, mais ça faisait pas trop préparé : Bertignac joue le riff d'intro de Whole Lotta Love, les autres embrayent pendant 1 minute, et Bertignac relance la machine pour jouer une autre partie du morceau, avec Kolinka un peu à la ramasse sur le coup. Excellent !

Le groupe repart (d'autres spectateurs aussi ), mais revient pour un dernier titre, le justement nommé "Tu Vas Me Manquer", loin d'être un indispensable, merde, ils ont pas joué "Téléphomme" et "Le Vaudou" (peut-être les meilleures 2 minutes de l'histoire du Rock français). 2h15 de bonheur et de Rock. (et ça va souvent ensemble pour moi), putain j'ai vu TELEPHONE !!!


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