Critique de concert Irina Popovska

Transformer un snack à poulpes en boite de nuit russe mafieuse, juste pour la durée d'un concert, n'est pas le genre de challenge qui ferait peur au propriétaire de ce lieu, comédien à ses heures perdues et qui finira d'ailleurs sans doute par faire carrière au cinéma.
Pour recevoir la grande Irina Popovska, chanteuse russe sexy & mystérieuse, il a donc mis les petits plats (de panisses) dans les grands, et redécoré toute sa boutique à la mode soviétique. Ce soir, Chez Gilda, c'est dance floor slave : zdravstvuitye, Irina Popovska !
L'hilarant trio est prêt à nous retourner : d'abord, un deejay impassible à grosses lunettes noires, habillé d'un blouson en plastique à la mode russe des années 1990, jouissivement abominable. Et très pratique pour, très certainement, planquer plusieurs gros calibres, juste au cas où les tchétchènes se pointeraient.
Ensuite, un(e ?) claviériste qui pourrait se surnommer pink-Motörhead : entièrement en plastique, le visage en forme de chaine hifi, la troublante et drôle créature a une expression vide de sens (et donc) très kraftwerkienne. Il n'est d'ailleurs pas sûr qu'elle y voie quoi que ce soit, mais elle parvient à jouer du clavier, de profil dans les cabinets.
Par ailleurs le gérant habituel des lieux a été remplacé par un apparatchik hautain et mutique, en grand uniforme de l'Armée Rouge, qui sert les gens sans desserrer les dents, mâchant un mégot éteint, et n'intervenant que pour préciser, tovaritch, que son Parti désapprouve ce genre de pratiques et de paroles provocantes.
Musicalement c'est un délire total, en russe et en anglais, ambiance électro-punk, souvent sur des airs russes traditionnels torturés, avec même certains titres assez marquants (Fuck you Kalinka !), mais bien sûr le tout est d'abord un spectacle visuel, tellement drôle qu'on en oublierait presque d'écouter...
Irina Popovska et ses comparses ont une présence scénique formidable, et ils nous emmènent très, très loin de la rue des Trois Mages pendant la (courte) durée de leur spectacle total. Manque juste quelques shots de vodka et l'illusion serait parfaite : pour vos mariages, baptèmes et enterrements slaves, pensez Popovska !
Au final un spectacle au second degré (quoique ?) parfaitement maîtrisé, aussi hilarant qu'entraînant, et une grosse ambiance pour une vraie performance scénique, réalisée dans les 3 mètres cubes du fond de chez Gilda (cabinets et comptoir y compris) : formidable ! Dasvidania & spacibo, Irina Popovska !
Bonus : une vidéo par ici !
Signature : Philippele 13/02/2011
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Photographe : Philippe
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>> Réponse (le 16/02/2011 par Serguei)



le 18 juin 2011 - Estak Crew - Marseille (par Pirlouiiiit)
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