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James Hunter

James Hunter en concert
Le Cargo de Nuit - Arles   15 mai 2009
  
4 étoiles, bon concert


Jaime



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    " The Dear Hunter "
    (Voyage au Bout du Savoir Faire)


    Assister à un concert de James Hunter, c’est comme assister à la projection d’un vieux film en noir et blanc, c’est le retour affiché vers les cinés d’art et d’essai ; " ça " sonne comme " Cinéphiles Initiés, Versus Connaisseurs ! ", ou autres " pointus " de qualité en goguette sous fantômes du passé à jamais labellisés. C’est délaisser à jamais les piètres Volverine, Anges et Démons , ou Millénium, LE film !, pour mirer au plus vite (sans retenue aucune) : Philadelphia Story, La Vie Est Belle, ou L’Assassin Habite Au 21
    C’est du bonheur en tranches (fines) de soul, Rythm’n’Blues ou jazz, offertes sur plateau d’argent et écrin de velours bien épais qui enveloppe ; porté par des cordes (vocales) de concours tendues vers un seul et unique but : le plaisir, et ses proches cousines !
    En ce qui concerne notre homme affable, le succès (relatif) est venu bien tard – dans la foulée d’un fort revival " soul ", qui dépote et comble d’aise – malgré une paire d’albums sortis entre 1996 et 2001, il lui aura en effet fallu attendre jusqu’à People Gonna Talk(2006) pour avancer enfin d’UNE case…
    " Ces deux albums contenaient déjà ce que contiennent People Gonna Talk et The Hard Way, mais ils étaient alors peu nombreux à me suivre… " (JH).



    Dès le premier morceau She’s Got A Way, on sait où l’on pose les petons : une rythmique qui swingue – portée par un duo contrebasse-batterie au top ! – une voix qui maîtrise graves et aigus sans forcer ou ciller, une foule d’entrelacs de guitare et notes d’orgue qui se partagent le travail à parts égales ; tandis que le duo de saxes égrène gentiment thèmes et solos sans moufter ou empiéter sur la bonne humeur générale qui se répand illico au sein des rangs serrés du lieu et gagne jusqu’aux tréfonds de nos Arlésiennes molécules ravies.
    Si People Gonna Talkvient un poil trop tôt dans la soirée – un tel sommet de rocksteady, ça se déguste, ça s’attend, ça se mérite ! – Riot Act ravive bien vite les fantômes de Ray Charles et des Big Bands à l’ancienne, provoquant une curieuse chorégraphie spontanée à quatre (filles !) sur les hauteurs " balconnées " du lieu.



    Une montée en puissance logiquement suivie du très suranné Class Act : du " vrai ", du " vécu ", du " composé " à l’ancienne, qui nous fait nous interroger sur les nombreux usurpateurs en vogue, issus de la mouvance soul actuelle – " Maison du Vin " exceptée ! – et qui nous rappelle que le James, LUI, a planté ses premières graines musicales en une époque où l’on savait ENCORE, ce que Sam Cooke représente pour l’humain lambda en quête d’absolu fait voix !
    Seul petit bémol, l’homme semble parfois tellement maîtriser son affaire, que l’on en vient à se demander si l’on ne pourrait pas exiger plus et ENCORE mieux, de sa part ! ! ! À l’image de ces doigts interdépendants qui forcent le respect et qui chercheront sans doutes encore longtemps les frets et cordes de sa guitares après qu’on lui ai pourtant coupé têtes et membres… Mais qui pourraient nous gratifier d’envolées plus " senties ", plus " free ", plus " spontanées "…

    Tandis que les mythiques 5 Royales sont convoqués, eux et leur non-moins mythique Baby Don’t Do it, l’on se surprend à rêver que l’homme qui enchaîne les " Bayebééé-héééééé-Bayebééé-héééééé ! ! ! " sur un coin de scène un tantinet obscure (comme le gouvernement les lois liberticides !) déroge un instant à sa fonction pour venir se bouger la couenne à nos côtés et faire tourner le micro sans retenue… Peine perdue !
    Lorsque Hand It Overouvre le grand grimoire des romances " à la James ! ", une double agression vient tempérer mes ardeurs, portée par un trio de jeunes filles chancelantes, trop fortement parfumées et manifestement éprises de… Boisson ! Je repousse le flot de phéromones ainsi drainées pour me consacrer pleinement à Ain’t Goin’ Nowhere et ses roulis de toms qui font tanguer le Cargo et mettent en valeur les parties tour à tour tirées vrillées ou acérées du " Chasseur " en grande quête ! Au bout de la longue route : le Graal de légende, le temple de la soul disparu, le cimetière des six cordes, de toutes obédiences et chapelles louées.



    Jonathan Lee(batterie et chapeau de paille !) propose alors de passer au registre " reprises " de la soirée, et ils se lancent tout de go dans le fameux The Very Thought Of You de Ray Noble : tour à tour popularisé, par, Bing Crosby, Franck Sinatra, Nat King Cole, Sir Paul Mc Cartney, Elvis Costello, ou Billie Holiday ; c’est le retour de la romance, de la salle de bal poussiéreuse, du thé (pas) dansant sur ponton sur Manche : joue contre joue, côtes contre bassin, iris dans prunelle, bien fiché…
    Puisque nous sommes désormais passés au registre " Carte Vermeil ", voici que s’annonce le non-moins prestigieux Down Home Girl, nanti de ses effluves funky très New Orleans : né des neurones du fameux Jerry Lieber et défloré par Alvin Robinson, The Coasters, et les Rolling Stones de Now ! (64). Une paire de classiques qui nous offrent LE plaisir ultime : celui de se prendre une bonne giclée de cuivres dans la tronche (et le plexus !) jusqu’à nous demander pourquoi on a si longtemps accepté de les remplacer par des claviers et synthés sur scène ; une substitution qui aura tant fait pour ruiner les efforts et réputations des groupes de reggae soi-disant " roots " des pathétiques 90’s…



    Des réminiscences Caribéennes présentes tout du long des albums du sieur James, qui habillent Jacquelinede sautillant et qui enluminent le chaloupé Corina – soi-disant interprété à MA demande, alors que j’avais proposé Mollena : en gros, la même, mais deux ou trois tons au-dessus ! – de chaleur toute estivale. Une escapade saupoudrée de " Tchick-e-Tchick- Tchick ! Tchick-e-Tchick- Tchick ! ", très " back To Conventry " : berceau Anglais du premier revival ska " 80’s ", terre natale des SelecterdePauline Black et des Specials de Terry Hall
    Sur Don’t Do Me No Favours, on comprend mieux pourquoi l’homme à accompagné l’incontournable Van Morrison et Georgie Fame, sur scène : j’en veux pour preuve, cet échange chiadé et jouissif, également partagé entre l’orgue de Karl (seul américain du lot lâché en pâture aux Cokneys du groupe !) et la guitare plaintive du natif de Colchester, Essex.



    Le live sonne tellement comme le terrain de chasse privilégié et naturel du groupe – car c’est un véritable groupe qui officie AVEC Hunter, James ! – que l’on a parfois l’impression de chanter et danser aux côtés du " house band " du lieu, en compagnie d’un Sextet de " Rythm and Soul " sans tralalas, qui vient juste brûler de la planche pour le plaisir et slalomer entre les fantômes du passé pour recouvrir nos visages maintes fois " Crisifiés " d’un hâle de plaisir, de joie, d’envie de vivre, retrouvée.
    Une impression confirmée par la magistrale exécution du (long, long, long !) morceau final (All Through Cryin’) au cours duquel chacun des solistes pourra œuvrer à cueillir sa tranche de gloriole méritée (avec une mention spéciale pour le duo de saxes Lee Badau (Bariton) et Damian Hand (ténor)). Une ambiance très Booker-T rencontre Count Basie, qui plonge l’assistance dans les souvenirs enfumés des clubs d’après guerre ; même si le charmeur en chef en fait un poil trop en jouant de sa guitare, dans le but affiché de conquérir quelque donzelle nichée au premier rang et un tantinet en manque de… Soul ?


    Signature : jacques 2 chabannes
    le 18/05/2009
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