Critique de concert Festival Jazz des Cinq Continents : Dhafer Youssef Abu Nawas Rhapsody - Chick Corea, Stanley Clarke, Jean-Luc Ponty, Lenny White, Frank Gambale : Return To Forever IV

Dernière soirée du Festival Jazz Des Cinq Continents. La foule est au rendez-vous, plus nombreuse que jamais. En première partie, un quartet qui rassemble des musiciens de trois continents, et quatre pays.

Tigran Hamasyan : piano / Chris Jennings : contrebasse / Dhafer Youssef : oud et voix / Mark Guiliana : drums .
Les disputes debout/assis devenues malheureusement habituelles, durent de plus en plus, s’étendent jusque dans l’arrière partie de la pelouse et contaminent salement les premiers morceaux. Quel dommage.

Le groupe attaque sur une mélodie Africaine, qu’on suppose être Tunisienne, ou Maghrébine d’après la nationalité du chanteur oudiste. C’est joli, et si l’association des musiciens d’horizons si différents est originale, elle fonctionne immédiatement.

Dhafer Youssef applique régulièrement l’index sur sa paroi nasale gauche, à l’extérieur, évidemment, pour effectuer des notes longues, profondes, aériennes. Je n’oserai pas commenter ce chant, même techniquement, tant il semble ancré dans une culture qui m’est inconnue, et que je sais immense, et très ancienne. La seule chose que je peux dire est que ce chant produit un effet puissant, et très beau.

Les musiciens s’échelonnent sur une verticale qui va de l’arythmie jusqu'à la régularité, la constance rythmique, assurée par ces longues notes chantées de Dhafer Youssef. Vient ensuite la contrebasse, et les trois autres instruments, en comptant l’oud, alternent leurs rangs sur cette échelle, selon les morceaux, les passages. Une belle cohésion d’ensemble émerge.

Une autre chose émerge, c’est le jeu pianistique exceptionnel de Tigran Hamasyan. Une merveille d’énergie, de finesse, de sensibilité et de virtuosité associées. Une belle personnalité musicale déjà affirmée se profile chez ce jeune pianiste.

Par moments, Dhafer Youssef se retire vers l’arrière de la scène : les morceaux deviennent plus jazz. Il revient pour ramener le groupe vers l’Afrique lors des morceaux suivants. Passages renouvelés d’un continent aux autres, nous n’avions pas encore entendu une telle alternance, une telle dualité sur cette scène. Un concert de qualité, de charme et de personnalité à l’arrivée.
La deuxième partie représente pour beaucoup l’apogée, le point culminant du Festival. Le Groupe de fusion Return To Forever, rescapé des années 70 revient sur scène dans une quatrième formule.

Chick Corea : piano / Jean-Luc Ponty : violon / Stanley Clarke : basse / Frank Gambale : guitare / Lenny White : batterie.

Ça attaque très fort, en intensité et en volume. Les râleurs qui s’acharnent à crier "assis" tout en sachant qu’ils ont depuis longtemps perdu la bataille sont vite couverts par les décibels. On ne s’assied pas devant Chick Corea, Stanley Clarke et Jean-Luc Ponty.

Les trois musiciens alternent régulièrement instrument électrique et acoustique. Stanley Clarke, tantôt à la contrebasse, tantôt à la basse reprend la parole à Jean-Luc Ponty, tantôt violon marron, tantôt violon bleu, puis la cède à Chick Corea, tantôt piano, tantôt clavier. Bien que ce ne soit pas le propos, il est difficile de dire qui domine, qui l’emporte dans l’excellence des solos qui s’enchaînent.

Mais on a toujours besoin d’une idole, d’un premier, alors très arbitrairement, et ne partageant cet avis qu’avec moi-même, je déclare que c’est Jean-Luc Ponty le dabe. Il est petit, ma, il est grand. Sans doute est-ce dû à la richesse de la palette sonore du violon. Cet instrument, même s’il est électrique, permet des effets de doigté, des distorsions, des nuances en tout genre que n’ont pas les autres.

Ce style fusion propre à ce groupe, Return To Forever qui en est le créateur n’a pas pris une ride. D’une grande tonicité, et riche de nombreuses variations, il soulève le public qui l’écoute, et c’est encore le cas ce soir, dès que celui-ci reconnaît les grands titres de Chick Corea ou de Stanley Clarke : Señor Mouse, Romantic Warrior, Dayride, After the Cosmic Rain, et vers la fin du concert, Spain après son entrée concerto d’Aranjuez et Schooldays. Et si Fiesta n’était pas au répertoire, elle était bien présente chez le public, dans l’ambiance générale, sur la pelouse.

Nous émettons le vœu pieux de voir revenir ce groupe, pour toujours, sur toutes les scènes du monde qu’il parcourt encore activement, et la nôtre avant toutes bien sûr.
Plus de photos de Dhafer Youssef Abu Nawas Rhapsody et Return To Forever IV.
Des extraits vidéo de tout le Festival Jazz Des Cinq Continents par là.

Les disputes debout/assis devenues malheureusement habituelles, durent de plus en plus, s’étendent jusque dans l’arrière partie de la pelouse et contaminent salement les premiers morceaux. Quel dommage.

Le groupe attaque sur une mélodie Africaine, qu’on suppose être Tunisienne, ou Maghrébine d’après la nationalité du chanteur oudiste. C’est joli, et si l’association des musiciens d’horizons si différents est originale, elle fonctionne immédiatement.

Dhafer Youssef applique régulièrement l’index sur sa paroi nasale gauche, à l’extérieur, évidemment, pour effectuer des notes longues, profondes, aériennes. Je n’oserai pas commenter ce chant, même techniquement, tant il semble ancré dans une culture qui m’est inconnue, et que je sais immense, et très ancienne. La seule chose que je peux dire est que ce chant produit un effet puissant, et très beau.

Les musiciens s’échelonnent sur une verticale qui va de l’arythmie jusqu'à la régularité, la constance rythmique, assurée par ces longues notes chantées de Dhafer Youssef. Vient ensuite la contrebasse, et les trois autres instruments, en comptant l’oud, alternent leurs rangs sur cette échelle, selon les morceaux, les passages. Une belle cohésion d’ensemble émerge.

Une autre chose émerge, c’est le jeu pianistique exceptionnel de Tigran Hamasyan. Une merveille d’énergie, de finesse, de sensibilité et de virtuosité associées. Une belle personnalité musicale déjà affirmée se profile chez ce jeune pianiste.

Par moments, Dhafer Youssef se retire vers l’arrière de la scène : les morceaux deviennent plus jazz. Il revient pour ramener le groupe vers l’Afrique lors des morceaux suivants. Passages renouvelés d’un continent aux autres, nous n’avions pas encore entendu une telle alternance, une telle dualité sur cette scène. Un concert de qualité, de charme et de personnalité à l’arrivée.
La deuxième partie représente pour beaucoup l’apogée, le point culminant du Festival. Le Groupe de fusion Return To Forever, rescapé des années 70 revient sur scène dans une quatrième formule.


Ça attaque très fort, en intensité et en volume. Les râleurs qui s’acharnent à crier "assis" tout en sachant qu’ils ont depuis longtemps perdu la bataille sont vite couverts par les décibels. On ne s’assied pas devant Chick Corea, Stanley Clarke et Jean-Luc Ponty.

Les trois musiciens alternent régulièrement instrument électrique et acoustique. Stanley Clarke, tantôt à la contrebasse, tantôt à la basse reprend la parole à Jean-Luc Ponty, tantôt violon marron, tantôt violon bleu, puis la cède à Chick Corea, tantôt piano, tantôt clavier. Bien que ce ne soit pas le propos, il est difficile de dire qui domine, qui l’emporte dans l’excellence des solos qui s’enchaînent.

Mais on a toujours besoin d’une idole, d’un premier, alors très arbitrairement, et ne partageant cet avis qu’avec moi-même, je déclare que c’est Jean-Luc Ponty le dabe. Il est petit, ma, il est grand. Sans doute est-ce dû à la richesse de la palette sonore du violon. Cet instrument, même s’il est électrique, permet des effets de doigté, des distorsions, des nuances en tout genre que n’ont pas les autres.

Ce style fusion propre à ce groupe, Return To Forever qui en est le créateur n’a pas pris une ride. D’une grande tonicité, et riche de nombreuses variations, il soulève le public qui l’écoute, et c’est encore le cas ce soir, dès que celui-ci reconnaît les grands titres de Chick Corea ou de Stanley Clarke : Señor Mouse, Romantic Warrior, Dayride, After the Cosmic Rain, et vers la fin du concert, Spain après son entrée concerto d’Aranjuez et Schooldays. Et si Fiesta n’était pas au répertoire, elle était bien présente chez le public, dans l’ambiance générale, sur la pelouse.

Nous émettons le vœu pieux de voir revenir ce groupe, pour toujours, sur toutes les scènes du monde qu’il parcourt encore activement, et la nôtre avant toutes bien sûr.
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Signature : mardalle 28/07/2011
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Photographe : mcyavell
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>> Réponse (le 28/07/2011 par mardal) Le Festival de Jazz des Cinq Continents se termine. Dixième édition, 11 ans d’âge, Grand Cru. On le savait déjà mais cette semaine en est une nouvelle preuve éclatante : la musique, c’est le live avant tout, le concert, et encore mieux, le festival. La richesse d’un festival, c’est la durée prolongée (six soirées au parc Longchamp) la présence scénique des artistes, l’interaction avec le public, les imprévus, la tension dramatique parfois, l’espace dynamique et les espaces différenciés (la pelouse, l’avant-scène, le coin resto, la terrasse bar, le coin V.I.P., les chiottes bio !), le temps d’un concert, d’une soirée, l’avant et l’après (les "after" à l’hotel ). En guise de conclusion, quelques réflexions éparses sous forme de liste. Le plus du meilleur des organisateurs : La .../...
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>> Réponse (le 28/07/2011 par Mcyavell)

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le 22 Juillet 2011 - Festival de Jazz des Cinq Continents - Marseille (par Mardal)

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