Jean Pelle vient comme tous les soirs depuis le début de ce festival nous présenter les deux bougies que nous allons souffler ensemble pour arriver samedi soir au nombre 10, l’âge de ce festival.
Il précise que Yaron Herman a collaboré voilà quelques années avec Raphaël Imbert. Il nous dit l’éventail de ses influences : de Monk à Messiaen en passant par Sokolov, Bach et Police.
Il nous présente le trompettiste qui l’accompagne : Ambrose Akinmusire d’Oakland engagé à seulement 18 ans dans la formation de Steve Coleman.
Il profite de la présence d’une rythmique marseillaise pour rappeler que la classe de jazz du Conservatoire de Marseille est historiquement la première en France.
Il termine par une pensée pour Al Jarreau récemment hospitalisé et acteur d’une prestation mémorable ici-même trois jours auparavant.
Comme ses influences, le répertoire de Yaron Herman va être pluriel :
Du jazz classique en préambule, du jazz moderne ensuite, des ballades belles à en pleurer, de brillantissimes soli de piano, des variations sur de surprenantes reprises (Toxic de Britney Spears, No Surprises de Radiohead en rappel et surtout Heart Shaped Box de Nirvana où la trompette d’Ambrose Akinmusire crie les Hey ! Wait ! de Kurt Cobain).
Le piano peut adopter un ton martial, ses touches peuvent être caressées, ses cordes percutées à la main… Yaron Herman crée des sons, étouffe de la main gauche les notes qu’il joue de la droite, poursuit les percussions sur son piano à la suite d’un beau solo de Cédrick Bec. Il VIT sa musique.
Piano et trompette s’entendent à merveille sur une rythmique nickel.
Encore une belle découverte après Ibrahim Maalouf la veille.
Un moment amusant lorsque Yaron sort sa partition pour une de ses nouvelles compositions, Saturn Returns. Le mistral l’emporte au-dessus des arbres du parc. Yaron y voit "une métaphore de la vie". Une autre tombe au pied de la scène. L’agent de sécurité saisit sans hésiter l’occasion qui lui est donnée de pouvoir enfin se rendre utile.
Yaron Herman : piano / Simon Tailleu : contrebasse / Ambrose Akinmusire : trompette / Cédrick Bec : batterie
Youpi, c’est l’heure du Manu Katché Quartet.
Je pourrais faire un copier / coller de ma chronique du mois de mars à Aix. Ce ne sont pourtant pas les mêmes musiciens puisque cette fois-ci deux des trois qui l’accompagnent sur l’album sont là (le saxo et le bassiste). Mais au bout de six titres, il ne s’est toujours rien passé. Ce saxophoniste-là semble bridé aussi mais à deux reprises, il a donné l’impression de se sentir concerné. Si cette fois-ci je ne me suis pas endormi, le fait que la pelouse du Parc Longchamp n’est pas aussi confortable que les fauteuils du Grand Théâtre de Provence doit y être pour beaucoup.
Manu Katché semble reprocher à Jean Pelle d’avoir dévoilé en préambule le nom de ses invités "surprise". Si l’affluence est ce qu’elle est, c’est justement parce que nombre de guitaristes sont venus pour Sylvain Luc. Il leur a fallu patienter/subir une heure pour pouvoir l’apprécier. L’un d’entre eux rencontré à la fin du concert regrettait qu’il n’ait pas joué davantage. Il s’est toutefois illustré sur Keep’On Tricking puis pratiquement jusqu’à la fin du concert.
D’autres sont venus écouter Marion Rampal, ignorant que sa prestation allait être encore plus brève. Elle dépose sa voix sur Stay With You. Tous les photographes sont revenus pour l’occasion. Il faut dire que sa participation au festival de Porquerolles a paraît-il fait sensation et que sa notoriété devrait enfin exploser. C’est le pic du concert, émotionnellement et applaudimètrement parlant. Un seul titre et puis s’en va. Stay with us, Marion !
Lévon Minassian joueur de doudouk la remplace numériquement. "Je lui ai adressé une invitation pour jouer ici qu’il a acceptée évidemment immédiatement" . Evidemment ! Manu Katché a eu un rappel. L’heure du fameux solo de batterie. Je relance un appel au peuple pour qu’il explique son enthousiasme.
http://www.concertandco.com/critique/concert-jazz-cinq-continents-manu-katche-quartet/palais-longchamp-marseille-1er/35385.htmEn première partie nous avons eu Yaron Herman & Ambrose Akinmusire, une très belle découverte. Un beau mélange d'influences et de sonorités. Un batteur (Cédric Beck) dont Manu Katché devrait s'inspirer... passons à la tête d'affiche !
Si il en est qui croient encore que le jazz a une chance de se démocratiser, je suis dans l'obligation de leurs donner tort.
La preuve en est, hier soir, j'ai assisté a un concert de M. Manu Katché. Il est remarquable de voir à quel point la "nouvelle star" du jazz Français a réussit a nous ensuquer des les trois premières secondes... Manu Katché n'est pas un jazzman. Car il n'y a pas d'autre mot pour qualifier ce show d'une heure et demi que celui, excusez moi l'emploi qui peut sembler rude, de MERDE. Le métier de critique musical auquel je m'attèle .../... >> La suite