Critique de concert Jean-Louis Murat (Francofolies de Montréal)

Pour une Américaine ayant vécu plus de deux ans à Clermont-Ferrand il y a quelques années, écouter la musique lancinante de Jean-Louis Murat c'est un peu comme manger un bon Saint Nectaire fermier (pardon pour le cliché !). Des le premier contact, on sent l'herbage qui couvre les montagnes et nourrit les vaches, on se rappelle du Lac de Guéry gelé, on voit les collines doucement vallonnées de la vallée du Chaudefour... C'est rude, c'est sauvage, c'est mystérieux et c'est beau.
Ayant beaucoup entendu parler du caractère ténébreux de Jean-Louis Murat, on est quand même surprise de le voir commencer à jouer sans saluer le public qui crie son nom et applaudit très fort depuis le début de son concert au Club Soda de Montréal. Après la troisième chanson, on a droit à notre premier “merci”. Cette indifférence ajoutée à l'article qu'on a lu dans le journal - qui disait que Murat avait accepté de venir à Montréal pour deux spectacles en pensant qu'il s'installerait avec sa famille pendant l'enregistrement d'un nouvel album dans l’église d'Arcade Fire (ce qui n'est finalement pas arrivé) -, nous donne le léger sentiment d'une obligation de jouer pour nous.

Après environ 40 minutes, il s'embarque dans une version longue et expressive de Qu'est Ce Que Ça Veut Dire ?, la première chanson de son nouvel album, Grand Lièvre. C'est à ce moment qu'on a l'impression qu'il se réveille... Il chante ce titre les yeux fermés et les bras ouverts, quand il ne joue pas des riffs puissants sur sa guitare. Toute la salle est captivée. Le silence pendant les presque 10 minutes de la chanson est suivi de cris et d'applaudissement à la fin du morceau. Murat et le public communient ainsi jusqu’à la fin du show, quand il joue une version très rock de 16h00 Qu'est Ce Que Tu Fais ?. Un seul rappel, composé de deux vieilles chansons, est suivi par une ovation de presque 2 minutes par un public qui a toujours faim de voir “Jean-Louis!”
Environ la moitié des chansons jouées ce soir viennent du nouvel album, agrémentées par deux ou trois inédits et quelques anciens titres. Le show a un côté plus électrique que les albums et sans les choeurs aigus, une absence dont on ne souffre pas. Pour conclure, il faut dire que malgré l’apparent manque d’intérêt de se trouver là, surtout au début, Jean-Louis Murat a vraiment une voix aussi belle sur scène que sur l'album et que même s'il ne semble pas remarquer notre présence dans la salle, il est vraiment clair qu'il est passionné par sa musique.
Liens : www.francofolies.com, www.clubsoda.ca, www.jlmurat.com, www.myspace.com/jlmurat, www.facebook.com/jeanlouismurat, http://twitter.com/jeanlouismurat, www.leliendefait.com, www.surjeanlouismurat.com.
Signature : Christi Hansen
le 12/06/2012
>> Réponse (le 12/06/2012 par surjeanlouismurat) Merci pour le compte-rendu. D'après ce qui a été dit par les journalistes locaux, effectivement belle communion avec le peuple québecois... malgré une difficulté pour murat de digérer le jetlag ? D'accord avec vous sur "qu'est-ce que ça veut dire", qui est le grand moment pour moi de ce set sur les concerts que j'ai vu... Alain Brunet de Radio canada a par contre regretté la faible affluence du 2ème soir... Il en a tiré un article... autour de la crise de la chanson francophone... http://blogues.lapresse.ca/brunet/2012/06/10/francophonie-les-stats-du-club-soda-font-peur/ > Réagir à cette critique

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Dimanche 19 mai 2013 : 10094 concerts, 21928 critiques de concert, 4852 critiques de CD. 














