Critique de concert Jean-Louis Murat + Rogojine + Kaolin

Comme le concert de Motörhead prévu le 15 décembre est annulé pour cause de too much sex, drugs and rock ‘n’roll, un ami mélomane me conseille dans le même style et un jour avant, Jean-Louis Murat. Merci pour le conseil !
La soirée commence avec Kaolin, un groupe de Montluçon. La musique de ce jeune quatuor fait un peu penser à Mogwaï bien que les Anglais fassent du post-rock instrumental alors que dans Kaolin, sur certains morceaux, le bassiste chante avec une voix qui part dans les aigus. On frôle quelquefois les vocalises un peu vaines mais globalement c’est plutôt agréable à écouter. En plus, on me signale dans l’oreillette que les voix haut perchées, ça plaît aux femmes (voir Michel Polnareff) alors...
Les moments de calme succèdent aux cataclysmes sonores, particulièrement réussis. C’est assez prenant, ils créent une ambiance particulière que le public à l’air d’apprécier dans l’ensemble. Le nuage de fumigènes dans lequel ils avaient joué au Pocoloco en mars avait ajouté encore du piment et du mystère à leur prestation : à rééditer !
Puis arrive Rogojine, un groupe Riomois (ex The Juice).
Les ambiances et les textes sont assez voisins de l’univers de Murat. C’est du rock assez calme. Les textes sont glaçants, on sent une recherche de l’originalité. A signaler, une chanson dont le thème est le « trou du cul ». Protégeons l’innocence de nos chères têtes blondes contre ce langage pour le moins cru ! La musique est sobre et colle parfaitement aux textes. Souhaitons à Rogojine une carrière aussi longue et nationale que celle de leur hôte venu de La Bourboule !
Jean-Louis Murat arrive sur scène tout seul avec sa guitare et entame une longue complainte de 9 minutes et 54 secondes ! Bertrand me signale : « rembourse-moi mes 90 francs ou je te fais un procès ! ». Il est vrai que je lui avais conseillé de venir ! C’est pas de ma faute, on m’avait dit qu’il y aurait un mur d’amplis Marshall ! Toutefois, après ce début un peu indigeste, le concert sera superbe de bout en bout. Bien sûr, le public ne pogote pas à tout bout de champs mais c’est un peu normal…
La chanson Jim est jouée sans les chœurs de Jennifer Charles d’Elysian Fields mais c’est quand même très beau ! Au mont sans soucis bénéficie quant à elle de la présence vocale de la petite fille qui chante sur le disque. Elle est terrorisée, ne chante pas très en rythme mais avec un professeur comme Jean-Louis c’est touchant ! Un grand moment, d’autant que Murat nous dit que pour l’enregistrement la petite chantait « au mont sans saucisse, au mont sans saucisse » à la place de « au mont sans soucis ». Les enfants sont décidément formidables ! Du coup, il présente chaque chanson par : « en voilà une autre bien drôle ! » Bien sûr, il n’est pas connu pour faire des chansons aux rythmes effrénés et aux textes poilants, mais ce soir Jean-Louis tient la grande forme : il arrive à être assez marrant entre les morceaux !
Le moment fort de son dernier disque Mustango va aussi constituer un bon moment de ce concert : il joue Nu dans la crevasse dans une version ralentie, rallongée avec une diction morne et traînante. La musique fait penser à un long morceau de Neil Young. Le texte est à mourir de rire (ou à pleurer de connerie selon les goûts) : « Nu dans la crevasse, je me trouve dégueulasse ! Nu dans la crevasse, putain de pétasse, ! Hier à La Poste, j’avais une mine atroce, mais que font les gens ? Au trophée des glaces, j’avais pris des places, l’autre jour à Tignes ! » Mais qu’est ce que tu bois Jean-Louis dis donc ? Il me semble déceler une métaphore à caractère sexuel dans le titre de cette chanson mais à part ça, je ne me risquerais pas à une explication de texte !
La chanson Mustang, déjà très belle sur disque, est extraordinaire dans sa version live. Murat chantant, seul au piano, ça vous arracherait des larmes ! C’est plus émouvant qu’Elton John jouant Like a candle in the wind dans une cathédrale non ?
La plupart des chansons sont jouées dans des versions très différentes de celles des disques et sur certaines, on ne reconnaît que le texte : bel effort ! Un seul petit regret : il n’a pas joué Les gonzesses et les PD qui est très bien envoyée ! Le refrain, fait encore dans le sexuel, mais c’est pour la bonne cause : « Mais voilà tu nous cherches, cette fois tu vas nous trouver : Mégret serre les fesses, voilà les gonzesses et les PD ». Je pense qu’il a voulu préserver les oreilles chastes de sa famille descendue de la montagne. Vivement le prochain concert de Jean-Louis à domicile ! Et pourquoi pas une apparition avec les excellents Calexico (qui jouent sur Mustango) le 27 février 2001 à Clermont-Ferrand ?
Finalement, Lemmy/Jean-Louis, même combat : les musiques arrachent et les textes sont superbes. La preuve : le texte de la chanson Killed by death de Motörhead qui dénonce cette mort qui tue de plus en plus de gens. A l’aube du quatrième millénaire, souhaitons que moins de gens soient lâchement tués par la mort !
(Photos jlmurat.com et Yann Dézélus)
La soirée commence avec Kaolin, un groupe de Montluçon. La musique de ce jeune quatuor fait un peu penser à Mogwaï bien que les Anglais fassent du post-rock instrumental alors que dans Kaolin, sur certains morceaux, le bassiste chante avec une voix qui part dans les aigus. On frôle quelquefois les vocalises un peu vaines mais globalement c’est plutôt agréable à écouter. En plus, on me signale dans l’oreillette que les voix haut perchées, ça plaît aux femmes (voir Michel Polnareff) alors...
Les moments de calme succèdent aux cataclysmes sonores, particulièrement réussis. C’est assez prenant, ils créent une ambiance particulière que le public à l’air d’apprécier dans l’ensemble. Le nuage de fumigènes dans lequel ils avaient joué au Pocoloco en mars avait ajouté encore du piment et du mystère à leur prestation : à rééditer !
Puis arrive Rogojine, un groupe Riomois (ex The Juice).
Les ambiances et les textes sont assez voisins de l’univers de Murat. C’est du rock assez calme. Les textes sont glaçants, on sent une recherche de l’originalité. A signaler, une chanson dont le thème est le « trou du cul ». Protégeons l’innocence de nos chères têtes blondes contre ce langage pour le moins cru ! La musique est sobre et colle parfaitement aux textes. Souhaitons à Rogojine une carrière aussi longue et nationale que celle de leur hôte venu de La Bourboule !
Jean-Louis Murat arrive sur scène tout seul avec sa guitare et entame une longue complainte de 9 minutes et 54 secondes ! Bertrand me signale : « rembourse-moi mes 90 francs ou je te fais un procès ! ». Il est vrai que je lui avais conseillé de venir ! C’est pas de ma faute, on m’avait dit qu’il y aurait un mur d’amplis Marshall ! Toutefois, après ce début un peu indigeste, le concert sera superbe de bout en bout. Bien sûr, le public ne pogote pas à tout bout de champs mais c’est un peu normal…
La chanson Jim est jouée sans les chœurs de Jennifer Charles d’Elysian Fields mais c’est quand même très beau ! Au mont sans soucis bénéficie quant à elle de la présence vocale de la petite fille qui chante sur le disque. Elle est terrorisée, ne chante pas très en rythme mais avec un professeur comme Jean-Louis c’est touchant ! Un grand moment, d’autant que Murat nous dit que pour l’enregistrement la petite chantait « au mont sans saucisse, au mont sans saucisse » à la place de « au mont sans soucis ». Les enfants sont décidément formidables ! Du coup, il présente chaque chanson par : « en voilà une autre bien drôle ! » Bien sûr, il n’est pas connu pour faire des chansons aux rythmes effrénés et aux textes poilants, mais ce soir Jean-Louis tient la grande forme : il arrive à être assez marrant entre les morceaux !
Le moment fort de son dernier disque Mustango va aussi constituer un bon moment de ce concert : il joue Nu dans la crevasse dans une version ralentie, rallongée avec une diction morne et traînante. La musique fait penser à un long morceau de Neil Young. Le texte est à mourir de rire (ou à pleurer de connerie selon les goûts) : « Nu dans la crevasse, je me trouve dégueulasse ! Nu dans la crevasse, putain de pétasse, ! Hier à La Poste, j’avais une mine atroce, mais que font les gens ? Au trophée des glaces, j’avais pris des places, l’autre jour à Tignes ! » Mais qu’est ce que tu bois Jean-Louis dis donc ? Il me semble déceler une métaphore à caractère sexuel dans le titre de cette chanson mais à part ça, je ne me risquerais pas à une explication de texte !
La chanson Mustang, déjà très belle sur disque, est extraordinaire dans sa version live. Murat chantant, seul au piano, ça vous arracherait des larmes ! C’est plus émouvant qu’Elton John jouant Like a candle in the wind dans une cathédrale non ?
La plupart des chansons sont jouées dans des versions très différentes de celles des disques et sur certaines, on ne reconnaît que le texte : bel effort ! Un seul petit regret : il n’a pas joué Les gonzesses et les PD qui est très bien envoyée ! Le refrain, fait encore dans le sexuel, mais c’est pour la bonne cause : « Mais voilà tu nous cherches, cette fois tu vas nous trouver : Mégret serre les fesses, voilà les gonzesses et les PD ». Je pense qu’il a voulu préserver les oreilles chastes de sa famille descendue de la montagne. Vivement le prochain concert de Jean-Louis à domicile ! Et pourquoi pas une apparition avec les excellents Calexico (qui jouent sur Mustango) le 27 février 2001 à Clermont-Ferrand ?
Finalement, Lemmy/Jean-Louis, même combat : les musiques arrachent et les textes sont superbes. La preuve : le texte de la chanson Killed by death de Motörhead qui dénonce cette mort qui tue de plus en plus de gens. A l’aube du quatrième millénaire, souhaitons que moins de gens soient lâchement tués par la mort !
(Photos jlmurat.com et Yann Dézélus)
Signature : pierre andrieule 22/02/2000
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