Critique de concert Jeanne Cherhal - Musard (Avec le Temps)

'M'oiselle Jeanne' est donc venue, parmi d'autres invités, se produire à Marseille dans le cadre du Festival Avec le Temps. Le mot Festival est ici totalement inapproprié : un festival, ça doit présenter une unité de lieu, et/ou des tarifs de type 'pass', et/ou au moins deux pointures par jour. Ca m'a toujours énervé que cette manifestation, simple rapprochement de dates de chanteurs sans aucun lien artistique entre eux, soit ainsi nommée, et qu'à chaque fois on doive s'y asseoir (je ne sais pas pour vous, mais un concert assis, moi, j'ai toujours un peu l'impression d'être devant la télé...). Bref.

Jeanne se présente avec deux musiciens (percussions et guitare) ; elle a coupé ses couettes et est tout à fait ravissante (même si elle pourrait largement prendre trois kilos ...). Elle entame son répertoire par un petit air de piano. Elle chante bien, mais un peu sur la retenue, et on commence à se demander si elle aussi ne va pas rester assise tout le concert (à la manière de Vincent Delerm).

Heureusement, au fur et à mesure que le public s'échauffe, elle semble trouver ses marques, elle se lève pour se montrer aux gens que son piano lui cache, et elle nous raconte toute penaude qu'elle a voulu se baigner le matin-même (nous sommes en mars, certes c'est faisable) et qu'elle a grelotté toute la journée depuis. Elle parle ensuite de plus en plus souvent au public, dans une ironie sympathique et assez drôle : par exemple après nous avoir fait taper dans les mains un truc très facile, elle saluera notre 'potentiel rythmique énorme'...

Les chansons de Jeanne ? Je suis arrivé sans les connaître (à part celle du 'p'tit voisin' étudiant) et mon point de vue a donc évolué pendant le concert. Tout d'abord un peu cyniques à mon goût ('un couple parfait', où elle se moque d'une amie malheureuse ou du monde rural - pour les vacheries on a déjà notre Anaïs locale !), puis peignant l'air du temps : 'roller de supermarché', 'le monde vous parle')... j'en venais à me dire qu'elle ne se livrait pas assez, même dans sa chanson d'amour qu'elle a présenté comme mal assurée et à peine assumée ('quand on est très amoureux'), texte très drôle mais où elle ne se mouille toujours pas.

Dans le registre cynique, elle a aussi une chanson nouvelle et très drôle sur le pape ('Est-ce qu'il est mort ? Ah non tiens il bouge encore'), chanson que je trouve un peu vache voire gênante dans le contexte actuel où le pépère n'est pas au mieux - mais du coup il faut qu'elle s'en serve vite ! Je repense à l''Enceinte vierge' d'Agnès Bihl, autre chanson violemment anti-papiste.
Et c'est à travers une chanson sur le plaisir que son père prenait à l'emmener à la station d'épuration qu'elle commencera à nous parler plus intimement (une autre chanson parlant d'un mur construit autour de lui poursuivra ce dialogue filial). 'Une tonne qui n'aime personne' parle sans détour de boulimie et d'anorexie, là aussi en regardant ses bras un peu décharnés je sens que ça parle peut-être bien ... d'elle. Serait-elle (après transformation) la Mrs Hyde du Dr Juliette à qui elle fait penser par instants ?

Vocalement, Jeanne peut ressembler aussi bien à Pascaline (chanteuse des Elles, autre créature menue et troublante dont je me demande ce qu'elle est devenue) qu'à ... Lynda Lemay (ce qui n'est pas une insulte, j'insiste Pirlouiiiit, ré-écoutez ses chansons !). Le concert de Jeanne Cherhal a duré plus d'1 h 30 et c'était vraiment très bien, généreux et tonique, son bien réglé, du beau travail !

Puis tandis que Jeanne se remet, la Café Julien accueille Musard, un trio qui doit avoir 60 ans max en âge cumulé et qui joue crânement sa chance : conserver un public qui n'est pas venu pour lui (sauf un rang bien fourni de supporters amis) par une chanson française assez rock. Pari gagné : le public entré par hasard reste en grande partie, intéressé pas ces trois p'tits jeunes tout à fait doués.

La chanteuse a une fort jolie voix, les deux musiciens sont costauds, les rythmiques convaincantes (notamment sur un air russe bien connu), une jolie reprise de Polo, du kazoo par ci, un peu de boucles électro cradingues par là : un petit concert bien troussé et, il faut le dire, des musiciens qui à 20 ans semblent déjà si bien en place qu'on se demande bien si Musard ne va pas casser la baraque un de ces jours et passer dans la salle d'à côté - c'est tout le mal qu'on leur souhaite !

Pour conclure, un petit bémol : une seule personne a refusé le tract de Live in Marseille, et c'était le guitariste de Jeanne Cherhal (pourtant j'ai essayé de lui expliquer). Je tiens ma vengeance : cher guitariste, tu es peut-être doué mais tu es an-ti-pa-thique (ça t'apprendra). C'est pas Jeanne qui ferait un truc pareil : à la fin du concert de Musard, elle est toujours dans l'entrée et se prête de bonne grâce aux photos et aux autographes, alors merci Jeanne et à bientôt !
Photos Manon (pour le panoramique) et Pirlouiiiit
Jeanne se présente avec deux musiciens (percussions et guitare) ; elle a coupé ses couettes et est tout à fait ravissante (même si elle pourrait largement prendre trois kilos ...). Elle entame son répertoire par un petit air de piano. Elle chante bien, mais un peu sur la retenue, et on commence à se demander si elle aussi ne va pas rester assise tout le concert (à la manière de Vincent Delerm).

Heureusement, au fur et à mesure que le public s'échauffe, elle semble trouver ses marques, elle se lève pour se montrer aux gens que son piano lui cache, et elle nous raconte toute penaude qu'elle a voulu se baigner le matin-même (nous sommes en mars, certes c'est faisable) et qu'elle a grelotté toute la journée depuis. Elle parle ensuite de plus en plus souvent au public, dans une ironie sympathique et assez drôle : par exemple après nous avoir fait taper dans les mains un truc très facile, elle saluera notre 'potentiel rythmique énorme'...

Les chansons de Jeanne ? Je suis arrivé sans les connaître (à part celle du 'p'tit voisin' étudiant) et mon point de vue a donc évolué pendant le concert. Tout d'abord un peu cyniques à mon goût ('un couple parfait', où elle se moque d'une amie malheureuse ou du monde rural - pour les vacheries on a déjà notre Anaïs locale !), puis peignant l'air du temps : 'roller de supermarché', 'le monde vous parle')... j'en venais à me dire qu'elle ne se livrait pas assez, même dans sa chanson d'amour qu'elle a présenté comme mal assurée et à peine assumée ('quand on est très amoureux'), texte très drôle mais où elle ne se mouille toujours pas.

Dans le registre cynique, elle a aussi une chanson nouvelle et très drôle sur le pape ('Est-ce qu'il est mort ? Ah non tiens il bouge encore'), chanson que je trouve un peu vache voire gênante dans le contexte actuel où le pépère n'est pas au mieux - mais du coup il faut qu'elle s'en serve vite ! Je repense à l''Enceinte vierge' d'Agnès Bihl, autre chanson violemment anti-papiste.
Et c'est à travers une chanson sur le plaisir que son père prenait à l'emmener à la station d'épuration qu'elle commencera à nous parler plus intimement (une autre chanson parlant d'un mur construit autour de lui poursuivra ce dialogue filial). 'Une tonne qui n'aime personne' parle sans détour de boulimie et d'anorexie, là aussi en regardant ses bras un peu décharnés je sens que ça parle peut-être bien ... d'elle. Serait-elle (après transformation) la Mrs Hyde du Dr Juliette à qui elle fait penser par instants ?

Vocalement, Jeanne peut ressembler aussi bien à Pascaline (chanteuse des Elles, autre créature menue et troublante dont je me demande ce qu'elle est devenue) qu'à ... Lynda Lemay (ce qui n'est pas une insulte, j'insiste Pirlouiiiit, ré-écoutez ses chansons !). Le concert de Jeanne Cherhal a duré plus d'1 h 30 et c'était vraiment très bien, généreux et tonique, son bien réglé, du beau travail !

Puis tandis que Jeanne se remet, la Café Julien accueille Musard, un trio qui doit avoir 60 ans max en âge cumulé et qui joue crânement sa chance : conserver un public qui n'est pas venu pour lui (sauf un rang bien fourni de supporters amis) par une chanson française assez rock. Pari gagné : le public entré par hasard reste en grande partie, intéressé pas ces trois p'tits jeunes tout à fait doués.

La chanteuse a une fort jolie voix, les deux musiciens sont costauds, les rythmiques convaincantes (notamment sur un air russe bien connu), une jolie reprise de Polo, du kazoo par ci, un peu de boucles électro cradingues par là : un petit concert bien troussé et, il faut le dire, des musiciens qui à 20 ans semblent déjà si bien en place qu'on se demande bien si Musard ne va pas casser la baraque un de ces jours et passer dans la salle d'à côté - c'est tout le mal qu'on leur souhaite !

Pour conclure, un petit bémol : une seule personne a refusé le tract de Live in Marseille, et c'était le guitariste de Jeanne Cherhal (pourtant j'ai essayé de lui expliquer). Je tiens ma vengeance : cher guitariste, tu es peut-être doué mais tu es an-ti-pa-thique (ça t'apprendra). C'est pas Jeanne qui ferait un truc pareil : à la fin du concert de Musard, elle est toujours dans l'entrée et se prête de bonne grâce aux photos et aux autographes, alors merci Jeanne et à bientôt !
Photos Manon (pour le panoramique) et Pirlouiiiit
Signature : Philippele 17/03/2005
Envoyer un message à Philippe
Voir toutes les critiques de concert rédigées par Philippe

le 16 mars 2005 - Espace Julien - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 18 mai 2004 - La Baie des Singes, Cournon (63) (par Pierre Andrieu)


le 22 septembre 2006 - Cabaret Aléatoire, Marseille (par Philippe)

le 20 mai 2006 - Quartier Nords - Marseille (par Pirlouiiiit)
Espace Julien, Marseille

le 26 avril 2012 - Espace Julien, Marseille (par Sami)
Copyright © Neolab Production 2000-2012. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
Conditions générales d'utilisation
Conditions générales d'utilisation
















