Critique de concert Jeanne Cherhal

Titre
Jeanne Cherhal, séduisante, subtile, belle, intelligente, femme, absolument femme
Texte
On croit la connaître parce que, dans la grande région nantaise, elle a fait toutes les salles et que les journaux, friands de nouvelles têtes, l’ont décrite, l’ont aimée. Jeanne Cherhal doit encore être découverte, pleine d’intimité, de vérité. Comme Loïc Lantoine d’ailleurs, sa première partie, samedi soir à la Loge. Le choc est rude pour les hommes, dès la première chanson. « Douze fois par an », elle a mal au ventre, c’est une femme dans son intimité, dans son mystère qui exprime le non-dit, le cycle auquel la nature la soumet. Fallait oser, comme quelques chansons après « Corpus Christi » où, dans les années soixante, on ne parlait pas de ces choses-là, des prêtres qui tue l’innocence des jeunes enfants, à la sacristie. De son piano qu’elle maîtrise à la perfection - elle prétend faire quelques fausses notes - à la guitare basse, Jeanne Cheral est musicienne. Elle passe du jazzy au blues et sa voix domine les belles mélodies, parce que ses textes sont intelligents, vrais, subtils.
La tendresse pour papa Cherhal
Elle peut chanter la mort, l’amour compliqué de sa meilleure amie avec un homme marié, la peur de la nuit avant de s’endormir, sa sœur qui est Roller chez Auchan, ce qui la dégoûte, les bas morceaux, son père, objet de toute sa tendresse qu’elle sortira de l’hiver, son petit voisin étudiant ou les photos de mariage, Jeanne Cherhal ne quitte jamais le registre du vécu, de la proximité. Le tout dans une langue précise, accessible. Et une présence sur scène où son charme, sa beauté séduit. Jeanne Cherhal, spectacle complet, femme, absolument femme !
Loïc Lantoine, ex-enfant tourmenté
Il est sorti de l’enfance mais en a gardé les interrogations, les angoisses. Loïc Lantoine chante ses textes tourmentés, ses poèmes à la manière parfois de Léo Férré dont il a la voix charnelle et puissante. Et il a un complice, François Pierron, contrebassiste surdoué qui met la musique entre les phrases révoltées de Loïc. Comment ne pas fredonner le « Faut pas dire du mal de Johnny » du rocker fatigué ! Et comment ne pas apprécier le « Bidon bidonville » de Claude Nougaro sur une musique de Baden Powell chère à Pierre Barouh, chantée en final et sans micro par Jeanne Cherhal avant un duo tendre et distrait de Jeanne et de Loïc, applaudi à tout rompre par une Loge comble, heureuse. Pourvu que ça dure !
Henry Renoul, journaliste au Courrier de l'Ouest. Article paru le 24 janvier 2005, édition Cholet Mauges
Jeanne Cherhal, séduisante, subtile, belle, intelligente, femme, absolument femme
Texte
On croit la connaître parce que, dans la grande région nantaise, elle a fait toutes les salles et que les journaux, friands de nouvelles têtes, l’ont décrite, l’ont aimée. Jeanne Cherhal doit encore être découverte, pleine d’intimité, de vérité. Comme Loïc Lantoine d’ailleurs, sa première partie, samedi soir à la Loge. Le choc est rude pour les hommes, dès la première chanson. « Douze fois par an », elle a mal au ventre, c’est une femme dans son intimité, dans son mystère qui exprime le non-dit, le cycle auquel la nature la soumet. Fallait oser, comme quelques chansons après « Corpus Christi » où, dans les années soixante, on ne parlait pas de ces choses-là, des prêtres qui tue l’innocence des jeunes enfants, à la sacristie. De son piano qu’elle maîtrise à la perfection - elle prétend faire quelques fausses notes - à la guitare basse, Jeanne Cheral est musicienne. Elle passe du jazzy au blues et sa voix domine les belles mélodies, parce que ses textes sont intelligents, vrais, subtils.
La tendresse pour papa Cherhal
Elle peut chanter la mort, l’amour compliqué de sa meilleure amie avec un homme marié, la peur de la nuit avant de s’endormir, sa sœur qui est Roller chez Auchan, ce qui la dégoûte, les bas morceaux, son père, objet de toute sa tendresse qu’elle sortira de l’hiver, son petit voisin étudiant ou les photos de mariage, Jeanne Cherhal ne quitte jamais le registre du vécu, de la proximité. Le tout dans une langue précise, accessible. Et une présence sur scène où son charme, sa beauté séduit. Jeanne Cherhal, spectacle complet, femme, absolument femme !
Loïc Lantoine, ex-enfant tourmenté
Il est sorti de l’enfance mais en a gardé les interrogations, les angoisses. Loïc Lantoine chante ses textes tourmentés, ses poèmes à la manière parfois de Léo Férré dont il a la voix charnelle et puissante. Et il a un complice, François Pierron, contrebassiste surdoué qui met la musique entre les phrases révoltées de Loïc. Comment ne pas fredonner le « Faut pas dire du mal de Johnny » du rocker fatigué ! Et comment ne pas apprécier le « Bidon bidonville » de Claude Nougaro sur une musique de Baden Powell chère à Pierre Barouh, chantée en final et sans micro par Jeanne Cherhal avant un duo tendre et distrait de Jeanne et de Loïc, applaudi à tout rompre par une Loge comble, heureuse. Pourvu que ça dure !
Henry Renoul, journaliste au Courrier de l'Ouest. Article paru le 24 janvier 2005, édition Cholet Mauges
Signature : Henry Renoul
le 26/01/2005

le 16 mars 2005 - Espace Julien - Marseille (par Pirlouiiiit)

le 18 mai 2004 - La Baie des Singes, Cournon (63) (par Pierre Andrieu)
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Samedi 26 mai 2012 : 9523 concerts, 20891 critiques de concert, 4719 critiques de CD. 












