Critique de concert Jesse Sykes And The Sweet Hereafters

Dans le catalogue imaginaire de mes idoles, Jesse Sykes figure en bonne place au chapitre non moins imaginaire "idoles découvertes récemment". Issue de noble lignée, on trouve dans sa généalogie Karen Dalton, Neil Young, Timber Timbre et Geronimo.

Jesse Sykes And The Sweet Hereafters (Jesse Sykes Et Les Doux Ci-Après pour les anglophobes) rassemble la chanteuse, un guitariste, un bassiste et un batteur. Jesse Sykes enchaîne des ballades éthérées, hantées, spectrales, et réussit la magie de les rendre hospitalières. Sa voix unique se marie à merveille avec la distorsion étudiée (Danelectro Reel Echo) de Phil Wandsher qui alterne longs accords plaqués et notes harpiques détachées.

Peu de musiques donnent autant l’impression d’être ancrées à un lieu, à une culture. Jesse Sykes, si elle n’en est pas native, vient de Seattle. Son chant qui sort tout droit de la terre contient les grands espaces américains, les plaines du Montana, les romans de Jim Harrison, les nouvelles de Raymond Carver et certains films de Gus Van Sant.

Le Poste à Galène est peu rempli ce soir, je le regrette tant il est vrai que cette chanteuse mérite d’être entendue. Dès les premières notes, le temps s’arrête et les regards du public sont rivés sur cet oracle au chant hypnotique. On a le sentiment d’assister à une cérémonie Navajo. Les chansons sont celles de son dernier album, Marble Son et du précedent Like, Love And Lust. Il faudra attendre le rappel pour avoir droit à la magnifique Doralee, issue du premier album, qui reste selon moi le meilleur : Reckless Burning.

Sur scène, Jesse Sykes adopte une attitude de "peaceful prophet" : le look est peu apprêté, pas de maquillage, longs cheveux bruns détachés, remerciement discret après chaque chanson ponctué d’un gentil sourire timide et appuyé d’un petit salut de la tête et d’une main posée sur la poitrine. Elle est à la fois d’un autre âge et extraordinairement contemporaine. Dans la turbulence du monde qui nous entoure, Jesse Sykes est nécessaire. Elle nous invite tacitement à une double attitude, de recul, de repli sur soi, d’abord, et de réouverture sur le monde où l’on portera un regard nouveau, allégé, plus distant, plus lucide et plus empreint de compassion.
Bonus vidéo : Reckless Burning

Jesse Sykes And The Sweet Hereafters (Jesse Sykes Et Les Doux Ci-Après pour les anglophobes) rassemble la chanteuse, un guitariste, un bassiste et un batteur. Jesse Sykes enchaîne des ballades éthérées, hantées, spectrales, et réussit la magie de les rendre hospitalières. Sa voix unique se marie à merveille avec la distorsion étudiée (Danelectro Reel Echo) de Phil Wandsher qui alterne longs accords plaqués et notes harpiques détachées.

Peu de musiques donnent autant l’impression d’être ancrées à un lieu, à une culture. Jesse Sykes, si elle n’en est pas native, vient de Seattle. Son chant qui sort tout droit de la terre contient les grands espaces américains, les plaines du Montana, les romans de Jim Harrison, les nouvelles de Raymond Carver et certains films de Gus Van Sant.

Le Poste à Galène est peu rempli ce soir, je le regrette tant il est vrai que cette chanteuse mérite d’être entendue. Dès les premières notes, le temps s’arrête et les regards du public sont rivés sur cet oracle au chant hypnotique. On a le sentiment d’assister à une cérémonie Navajo. Les chansons sont celles de son dernier album, Marble Son et du précedent Like, Love And Lust. Il faudra attendre le rappel pour avoir droit à la magnifique Doralee, issue du premier album, qui reste selon moi le meilleur : Reckless Burning.

Sur scène, Jesse Sykes adopte une attitude de "peaceful prophet" : le look est peu apprêté, pas de maquillage, longs cheveux bruns détachés, remerciement discret après chaque chanson ponctué d’un gentil sourire timide et appuyé d’un petit salut de la tête et d’une main posée sur la poitrine. Elle est à la fois d’un autre âge et extraordinairement contemporaine. Dans la turbulence du monde qui nous entoure, Jesse Sykes est nécessaire. Elle nous invite tacitement à une double attitude, de recul, de repli sur soi, d’abord, et de réouverture sur le monde où l’on portera un regard nouveau, allégé, plus distant, plus lucide et plus empreint de compassion.
Signature : mardalle 11/05/2011
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Photographe : mcyavell
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