Critique de concert Jessie Evans + The Jon Spencer Blues Explosion


La venue de Jon Spencer et de son Blues Explosions à Marseille faisait baver les amateurs de blues rock depuis son annonce. C’est donc curieux que je me rends au Cabaret Aléatoire, après un concert agréable, mais sans plus, vécu à Rock En Seine il y a 3 ans déjà.

La première partie est assurée par Jessie Evans, chanteuse américaine officiant dans un style bien particulier. Son batteur vécu d’un smoking des années 50, a l’apparence d’un majordome et joue comme s’il était resté bloqué à cette époque. Passé la surprise du style très fidèle, je me lasse après le 3e morceau. Chantant en espagnol, distillant ici et là des phrasés de saxophone, la belle Jessie frôle le ridicule, gesticulant dans tous les sens, lançant de l’eau sur le public.

Les morceaux me font penser à un cocktail mambo/latino/caribéen pas désagréable, mais assez daté et peu varié. L’absence de musiciens live, à l’exception du batteur, renforce cette impression de spectacle de casino de Vegas ringard. Je m’éclipse donc à la recherche d’une bière fraîche.

La fin des ¾ d’heure de set, plus électronique nous réserve cela dit des rythmes intéressants et modernes, plus proches de ce que j’aime. Je jetterai donc une oreille attentive à ses enregistrements.

L’arrivée du trio tant attendu n’aura lieu qu’une grosse demie heure après la fin de la première partie, la mise en place étant plutôt longue. Dès le début du concert, pas de doute, on est bien à un concert de rock qui tâche: ah ces énergumènes qui poussent tout le monde pour aller se placer bien devant après le début du concert … La salle est chaude et très bien garnie, le public, oscillant surtout entre 20 et 50 ans, dense à souhait.

Il faut dire que le son est bien puissant et que la musique jouée fait remuer la salle, chacun agitant la tête, les pieds ou même sautant sur place. C’est hyper entraînant, carré à souhait et l’énergie est bien présente. Les deux guitaristes Jon Spencer en tête distillent les riffs bluesy/rock et le batteur malmène ses fûts comme un damné. Rien à dire : c’est très pro et dynamique. Certains passages et morceaux sont diaboliques d’efficacité avec des montées grisantes et je ne regrette pas d’être là.

Malheureusement, je commence à me lasser, plus du fait de la forme que de la qualité de la musique. Tout est joué à fond les ballons, il n’y a pas de temps mort entre les morceaux, à tel point que je me demande parfois si c’est toujours le même ou si on est passé au suivant. Vous allez me dire et vous aurez raison que l’essence même de ce style de musique punk/rock/garage est de jouer à fond à fond à fond.

Bien qu’amateur du combo et détenteur de certaines de leurs galettes, je regrette pourtant l’absence de variations. Le jeu de scène de Jon Spencer me lasse également très vite. Il a un magnétisme certain, chante et joue bien, sans aucune contestation. Cela dit, il répète à l’envi les mêmes sons, harangue la foule de la même manière et prononce le nom de son groupe Blues Explosion jusqu’à plus soif. Je trouve donc le tout un peu léger voire carrément caricatural.

La dernière demie heure me paraîtra même très longue, me faisant penser que le 1er set de 50 minutes aurait quasiment suffi. La qualité ou l’énergie n’ont pas baissé d’un iota pourtant , mais j’ai le sentiment de voir la seconde couche de la même peinture.

Le Jon Spencer Blues Explosion a remis au goût du jour le blues rock cradingue il y a une quinzaine d’années et était en ce sens précurseur du genre. Les White Stripes et autres Black Keys n’en seraient peut être pas là sans lui. Malheureusement, l’épreuve du live est assez décevante me concernant, et ce pour la seconde fois et les groupes pré-cités m’ont beaucoup plus touché lorsque je les ai vus que celui de ce soir.

A la sortie du concert, les membres des 1ers rangs trempés jusqu’aux os d’avoir bougé tout le concert ont le sourire jusqu’aux oreilles, ravis de leur soirée. Sans doute n’est ce juste pas pile poil ma tasse de thé et je me contenterai donc de leurs excellents CD.
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Signature : cabaskle 02/06/2011
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Photographe : pirlouiiiit
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>> Réponse (le 04/06/2011 par sami) Pour cette soirée qui fait suite à une semaine très 90's (Shellac, Papas Fritas, Dj Shadow), le Cabaret est une fois n'est pas coutume plein à craquer un lundi. Si le précédent passage à Marseille de Jon Spencer Blues Explosion remonte à 1998, pour Jessie Evans c'était il y a juste un peu plus d'un an au Poste à Galène. Sans l'effet de surprise et dans une ambiance beaucoup moins intimiste, impossible d'être aussi troublé ce soir mais le charme atypique et l'énergie déployée par Jessie et son batteur Toby Dammit. Mais tout aussi difficile de rester de marbre et objectif face à cette nouvelle prestation, assez proche de la précédente donc excellente. Le public peu receptif au départ se prendra rapidement au jeu, accompagnant d'applaudissements en rythme les danses tribales, .../...
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>> Réponse (le 04/06/2011 par Philippe)

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