Critique de concert Johnny Hallyday

"Bon spectacle". C’est ainsi que la charmante hôtesse d’accueil me laisse après m’avoir indiqué ma place dans la tribune Ganay. Il est 19h45, le soleil se couche juste à l’angle gauche la scène dressée contre la tribune Nord du Stade Vélodrome.
Une scène gigantesque de 60 mètres de large, 30 de hauteur avec un pont de lumière en forme d’arceau. Au-dessus, la seconde partie de la scène, à 5 mètres de hauteur, est dominée par 4 statues de plus de 10 mètres de hauteur et 8 écrans géants répartis sur toute la longueur de la scène.
Derrière, toute la surface servira à des projections, soit un écran d’au moins 500 mètres carrés. Tout en haut de la structure, au centre, une tête d’aigle gigantesque et agressive.
Les statues et l’aigle, couleur gris acier semblent sortis d’un album de Bilal. L’ensemble inspire à la foi la force et la majesté.
Les 50 000 personnes qui ont rempli le stade jusqu’à la gueule patientent en essayant de deviner à quoi va servir sur cet étrange ruban de 3 mètres de large monté à 2 mètres de hauteur qui part de chaque extrémité de la scène et qui contourne le carré VIP pour se rejoindre au tiers de la fosse.
20h. Christophe Maé monte sur scène. Le public l’accueille chaleureusement. Sa potion de chanson de variétés mâtinée de reggae est un antipastis idéal. Malheureusement, le fils de la pâtissière de Carpentras (avez-vous goûté au "Maé" ou achetez son CD en chocolat ?) n’a manifestement pas assez de coffre pour "tenir" un stade. I
Il force systématiquement son chant, comme s’il avait oublié qu’il était amplifié. Le public s’éteint progressivement au fil des 40 minutes de son set. Et ce n’est qu’à la fin, quand il se transforme en chauffeur de salle (il ne vient pas de la télé pour rien) qu’il obtient une vraie communion pour le public.
Durant l’entracte, on vide complètement la scène et on la balaye tandis que le public essaye une ola qui ne prend pas du tout. On attend dans le calme, simplement.
21h30. La nuit s’approche, les lumières s’éteignent, le public hurle. Une poursuite éclaire l’aigle qui a déployé ses ailes métalliques sur toute la largeur de la scène. Dessus, dans une cage, le batteur lance l’intro et descend lentement sur la scène. À mi-parcours, des feux d’artifices partent de la scène, puis tout de suite après, d’autres sont lancés en hauteur. La scène est plongée dans le noir, une poursuite éclaire son centre, Johnny est là, veste à paillette qui scintille, pantalon noir, cheveux peroxydés, jambes écartées. Il reste dans cette position, sans rien dire, pendant plusieurs minutes, laissant le public debout, hurlant et applaudissant. C’est dieu qui apparaît à ses fidèles. Mais non, c’est juste du spectacle. Dommage que Debord soit mort et que Baudrillard ne soit pas en tribune (mais qui sait ?) .
Puis, derrière lui, le rideau se lève et apparaît le groupe. Le batteur qui est arrivé sur scène, mais aussi un bassiste, 3 guitaristes, un clavier, un piano, un harmonica, 4 cuivres, deux choristes.
15 musiciens en tout pour occuper cet immense espace et nous en mettre plein les oreilles. Au-dessus d’eux, les projections ont commencé. Les 4 écrans centraux sont articulés sur des vérins qui les feront bouger sur toute la surface pendant le concert. Les images projetées seront quasiment toutes d’inspiration futuriste, entre robots, station spatiale, mégalopole et jeux vidéos. Par contre, les statues, si impressionnantes dans le jour, sont totalement inexploitées durant le show.
Un spectacle qui commence par un Ma gueule qui fait rasseoir le public dans les tribunes. Un Qu’est ce qu’elle a ma gueule ? qui fait résonner ce timbre si particulier qui semble concasser dans le gravier mais qui a encore, de temps en temps, des envies de hauteur. Et c’est ce mélange si particulier, à la fois caverneux et aérien qui donne à chaque fois l’impression que l’on écoute un être qui veut paraître fort mais qui n’arrive pas à cacher ses faiblesses.
Un homme viril, mais aussi un gosse. C’est certainement ce mélange qui a fait entrer Johnny, belge de naissance, dans tous les foyers français depuis un demi-siècle. Ce mélange de bracelets en cuir et d’Harley Davidson pour faire comme tous les durs à cuire américains, mais au fond, un cœur d’artichaut qui ne ferait pas de mal à une mouche. Tout est dans la voix.
Le concert démarre vraiment sur le 3e morceau, Dégage. C’est à ce moment seulement que Johnny parle au public (mes voisins commençaient à ronchonner) et surtout sur scène, c’est la prise de pouvoir par le Vine Streets Horns, la section cuivre. Habillés comme les Blues Brothers, les 4 américains n’ont également rien à leur envier sur le plan du groove.
Malheureusement, quand la musique repointe le bout de son nez, le spectacle est au coin de la rue pour le ridiculiser. Pour un effet de mise en scène, en plein milieu du morceau, le saxo quitte le quartet et court comme un dératé à l’une des extrémités de la scène pour faire son solo avec l’un des guitaristes posté là. Pendant ce temps-là, Johnny quitte sa position jambes écartés pour reprendre la chorégraphie des cuivres. Tout ce cirque sur une chanson qui dit, entre autres :
"Regarde cette fille pour la dernière fois
Car ça n'est pas avec toi qu'elle va partir
Si tu ne comprends pas il me reste mes poings
On pourra te dire que je sais m'en servir"
Mais la suite sera bien pire. Johnny, qui n’a jamais été un grand orateur, se met à parler au public pour introduire le morceau suivant. Dans le texte : "Y a pas grand’chose qui va bien dans le monde, c’est vrai. Alors que, comme dirait l’ambassadrice de l’Unicef, ma femme Laetitia Hallyday, il suffirait de pas grand’chose. Un je t’aime, par exemple".
Et voilà que démarre le sigle de son dernier album, ça peut changer le monde avec, sur les écrans géants au-dessus, un clip où l’on voit Madame Hallyday sourire, embrasser de petits africains, les prendre dans ses bras, leur parler. Franchement, j’en reste coi.
Après une Marie assez émouvante (mais quelle chanson ne serait pas émouvante après une telle séquence ?), on arrive au premier grand moment du concert avec l’enchaînement de Que je t’aime et Gabrielle. Le public est debout pour ces 2 standards qui s’adaptent parfaitement au format stade avec leur break surpuissant. Mais il n’agit pas seulement du format de ces deux chansons. Il y a aussi l’harmoniciste, Greg Zlap. Sur Gabrielle , il tient un solo de 4 minutes à l’harmonica et ce, avec une maîtrise rythmique épatante. À côté, franchement, Johnny qui a empoigné sa guitare (on se demande bien pourquoi, avec 3 guitaristes, sur une chanson comme Gabrielle qui nécessite juste une rythmique) fait quand même peine à voir.
La suite fera vraiment retomber la mayonnaise qui semblait avoir pris. Johnny invite l’une de ses "sexys ladys" au chœur à le rejoindre pour le second extrait de son dernier album, une reprise d’ Unchained melody. Créé en 1950 pour la bande-son du film "Unchained" (film d’Hall Bartlett sur un musicien de jazz emprisonné), cette chanson a été reprise plus de 500 fois, aussi bien par Harry Bellafonte que par U2.
Johnny, lui, se souvient de l’époque des Yéyés et la reprend en français. De plus, sa sexy lady, Amy Keys doit adorer Whitney Houston, tant elle pousse son chant le plus fort et le plus haut possible. Résultat, un duo raté. Et là, franchement, on repense au dernier concert d’Elvis en 77, quand, seul au piano, il reprend cette chanson mythique…
La suite ne va pas s’arranger. Johnny quitte la scène et l’on a droit une sorte de récréation pour les musiciens qui se mettent en courir dans tous les sens pour reprendre Born to be wild. La volonté, toujours permanente dans ce show d’en faire toujours plus, rend l’interprétation simplement ridicule.
Mais cet intermède n’avait pas trop objectif que de faire réapparaître Johnny sur scène, cette fois ci par une plateforme qui remonte de sous la scène. Spectacle et boum , Allumez le feu avec David Hallyday à la batterie. À côté de moi, une dame d’un certain âge, se met debout et, dans son ensemble en lin blanc, se met à danser comme une folle. Évidemment, le refrain sera agrémenté de flammes autour de la scène et tout en haut.
Le morceau suivant, Nos différences, sera chanté en duo avec son fils. Pas étonnant, ça ressemble à une sortie de thérapie familiale. Tout au plus peut-on être touché par la complicité d’un père et d’un fils. Mais musicalement, on touche le fond, tant le fils n’arrive pas à rivaliser avec la voix du père.
On en arrive, ici, à la seconde partie du concert. Les 3 guitaristes, le batteur, le bassiste qui a pris une contrebasse, et Johnny se répartissent sur 2 petites plateformes aux extrémités de la scène. C’est la séquence papamobile. Sur un Pénitencier assez massacré car encore et toujours traité dans l’emphase (manifestement dans un stade, une chanson guitare basse batterie ne tient pas la route ?), les deux plateformes sont poussés par des gars de la sécurité sur le ruban qui entoure le premier carré. Elles se rejoignent, et voilà Johnny en petit comité quasiment au centre du stade. Il enlève sa veste, s’assoit sur un tabouret, prend une guitare et présente son groupe. Pendant la présentation, le stade entonne un "la lalala la la laaaa"… Mais savent-ils seulement que c’est la base rythmique de Seven Nation Army des White Stripes ?
Voilà donc une séquence retour aux sources avec une reprise du Blue suede shoes de Carl Perkins, une autre d’Elvis, That's allright mama, une autre de Ray Charles, I got a woman. Il a l’air de bien s’éclater là, Johnny, avec ces vieux morceaux de sa jeunesse, entouré de près de ses musiciens, dans une sorte de bœuf entre copains au milieu de 50 000 personnes. À quelques mètres de moi, un homme, debout contre un mur, a également l’air de bien s’amuser. Sa femme (ou petite amie ou maîtresse) collée à lui est en train de lui masser avec insistance l’entrejambe… Ah, le rock, c’est vraiment cette musique du diable qui fait ressurgir les plus bas instincts de l’être humain.
Bon, la séquence acoustique se termine sur un interminable Quelque chose de Tennessee dédié à Michel Berger "qui de là-haut, doit se dire… Ce Johnny, quelle chance d’avoir ce public !" Ce ne sera pas la seule fois où Johnny parle de lui-même à la troisième personne. Mais, contrairement à Delon, lui a une bonne excuse, il s’appelle Jean-Philippe Smet.
La papamobile revient sur la grande scène pour remettre dans la cuisinière une bonne fournée de charbon qui remonte le niveau. Ce sera Les Coups avec un retour salvateur de la section cuivre. Mais là encore la bonne chanson est massacrée par les besoins du spectacle. Car pour illustrer les paroles, le guitariste (celui qui a couvert au moins dix bornes pendant le concert. Une future recrue de l’OM ?) s’avance sur le ruban et fait semblant de recevoir… des coups !
Un morceau qui est enchaîné avec Noir c’est noir, je suis seul, aussi dur que du bois, je suis seul, derrière l’amour et jusqu’à minuit. Une sorte de medley censée enfoncer le clou une bonne fois pour toutes.
Mais, c’est finalement sur les 3 suivantes que le coup de massue sera donné. Le bon temps du Rock'n'Roll, La musique que j'aime, et L'envie constitueront le second grand moment du concert.
Après un drôle de Ce n’est qu’un au revoir (je croyais que c’était la dernière tournée ?), Johnny repart backstage et reviendra pour 2 rappels : Ca ne finira jamais, du dernier album, puis une reprise de Gilbert Bécaud, Et Maintenant . toujours à se plaindre, ce cher Johnny.
Voilà, 2h30 de concert, un Johnny généreux et un groupe qui s’est donné à fond pendant le concert.
Pour autant, je n’ai pas été converti. Quelques beaux moments peut être, une voix certes impressionnante, mais toujours poussée au maximum, ce qui fatigue à force. Au niveau du spectacle, quelques bonnes idées, mais franchement, le plus souvent, on tombe dans le ridicule. Et puis, il y a surtout ces boursouflures musicales qui font tomber les morceaux les plus mieux tenus dans un tonneau de sauce ketchup.
Un peu à l’image du public de Johnny finalement. À part quelques enfants et des "jeunes vieux", la très grande majorité des spectateurs avaient plus de 50 ans, étaient habillés comme pour aller en randonnée (sandales, short, tee-shirt, basket), tous plus ou moins enrobée dans la mauvaise graisse de la société de consommation dont ils se seront goinfrés jusqu’à satiété.
Un public prêt à lâcher 89 euros pour une place en tribune, plus 20 euros le tee-shirt et 15 euros le programme officiel, tout cela pour voir sur scène un homme qui n’a jamais écrit une chanson de sa vie, un faux rebelle des années 60 qui finit ami de Sarkozy, lequel vient de l’imposer pour un concert sous la tour Eiffel pour le 14 juillet à Paris. Un concert dont le coût est estimé à un million d’euros, dont 500 000 pour Johnny. Ce même Johnny, citoyen belge qui s’est exilé en Suisse pour payer moins d’impôts. Car le spectacle de Johnny, c’est aussi et surtout cela. Et beaucoup de monde continue de l’aimer…
Désolé, pour toutes ces raisons, musicales et citoyennes, je ne me sens pas faire partie de cette France-là.
Une scène gigantesque de 60 mètres de large, 30 de hauteur avec un pont de lumière en forme d’arceau. Au-dessus, la seconde partie de la scène, à 5 mètres de hauteur, est dominée par 4 statues de plus de 10 mètres de hauteur et 8 écrans géants répartis sur toute la longueur de la scène.
Derrière, toute la surface servira à des projections, soit un écran d’au moins 500 mètres carrés. Tout en haut de la structure, au centre, une tête d’aigle gigantesque et agressive.
Les statues et l’aigle, couleur gris acier semblent sortis d’un album de Bilal. L’ensemble inspire à la foi la force et la majesté.
Les 50 000 personnes qui ont rempli le stade jusqu’à la gueule patientent en essayant de deviner à quoi va servir sur cet étrange ruban de 3 mètres de large monté à 2 mètres de hauteur qui part de chaque extrémité de la scène et qui contourne le carré VIP pour se rejoindre au tiers de la fosse.
20h. Christophe Maé monte sur scène. Le public l’accueille chaleureusement. Sa potion de chanson de variétés mâtinée de reggae est un antipastis idéal. Malheureusement, le fils de la pâtissière de Carpentras (avez-vous goûté au "Maé" ou achetez son CD en chocolat ?) n’a manifestement pas assez de coffre pour "tenir" un stade. I
Il force systématiquement son chant, comme s’il avait oublié qu’il était amplifié. Le public s’éteint progressivement au fil des 40 minutes de son set. Et ce n’est qu’à la fin, quand il se transforme en chauffeur de salle (il ne vient pas de la télé pour rien) qu’il obtient une vraie communion pour le public.
Durant l’entracte, on vide complètement la scène et on la balaye tandis que le public essaye une ola qui ne prend pas du tout. On attend dans le calme, simplement.
21h30. La nuit s’approche, les lumières s’éteignent, le public hurle. Une poursuite éclaire l’aigle qui a déployé ses ailes métalliques sur toute la largeur de la scène. Dessus, dans une cage, le batteur lance l’intro et descend lentement sur la scène. À mi-parcours, des feux d’artifices partent de la scène, puis tout de suite après, d’autres sont lancés en hauteur. La scène est plongée dans le noir, une poursuite éclaire son centre, Johnny est là, veste à paillette qui scintille, pantalon noir, cheveux peroxydés, jambes écartées. Il reste dans cette position, sans rien dire, pendant plusieurs minutes, laissant le public debout, hurlant et applaudissant. C’est dieu qui apparaît à ses fidèles. Mais non, c’est juste du spectacle. Dommage que Debord soit mort et que Baudrillard ne soit pas en tribune (mais qui sait ?) .
Puis, derrière lui, le rideau se lève et apparaît le groupe. Le batteur qui est arrivé sur scène, mais aussi un bassiste, 3 guitaristes, un clavier, un piano, un harmonica, 4 cuivres, deux choristes.
15 musiciens en tout pour occuper cet immense espace et nous en mettre plein les oreilles. Au-dessus d’eux, les projections ont commencé. Les 4 écrans centraux sont articulés sur des vérins qui les feront bouger sur toute la surface pendant le concert. Les images projetées seront quasiment toutes d’inspiration futuriste, entre robots, station spatiale, mégalopole et jeux vidéos. Par contre, les statues, si impressionnantes dans le jour, sont totalement inexploitées durant le show.
Un spectacle qui commence par un Ma gueule qui fait rasseoir le public dans les tribunes. Un Qu’est ce qu’elle a ma gueule ? qui fait résonner ce timbre si particulier qui semble concasser dans le gravier mais qui a encore, de temps en temps, des envies de hauteur. Et c’est ce mélange si particulier, à la fois caverneux et aérien qui donne à chaque fois l’impression que l’on écoute un être qui veut paraître fort mais qui n’arrive pas à cacher ses faiblesses.
Un homme viril, mais aussi un gosse. C’est certainement ce mélange qui a fait entrer Johnny, belge de naissance, dans tous les foyers français depuis un demi-siècle. Ce mélange de bracelets en cuir et d’Harley Davidson pour faire comme tous les durs à cuire américains, mais au fond, un cœur d’artichaut qui ne ferait pas de mal à une mouche. Tout est dans la voix.
Le concert démarre vraiment sur le 3e morceau, Dégage. C’est à ce moment seulement que Johnny parle au public (mes voisins commençaient à ronchonner) et surtout sur scène, c’est la prise de pouvoir par le Vine Streets Horns, la section cuivre. Habillés comme les Blues Brothers, les 4 américains n’ont également rien à leur envier sur le plan du groove.
Malheureusement, quand la musique repointe le bout de son nez, le spectacle est au coin de la rue pour le ridiculiser. Pour un effet de mise en scène, en plein milieu du morceau, le saxo quitte le quartet et court comme un dératé à l’une des extrémités de la scène pour faire son solo avec l’un des guitaristes posté là. Pendant ce temps-là, Johnny quitte sa position jambes écartés pour reprendre la chorégraphie des cuivres. Tout ce cirque sur une chanson qui dit, entre autres :
"Regarde cette fille pour la dernière fois
Car ça n'est pas avec toi qu'elle va partir
Si tu ne comprends pas il me reste mes poings
On pourra te dire que je sais m'en servir"
Mais la suite sera bien pire. Johnny, qui n’a jamais été un grand orateur, se met à parler au public pour introduire le morceau suivant. Dans le texte : "Y a pas grand’chose qui va bien dans le monde, c’est vrai. Alors que, comme dirait l’ambassadrice de l’Unicef, ma femme Laetitia Hallyday, il suffirait de pas grand’chose. Un je t’aime, par exemple".
Et voilà que démarre le sigle de son dernier album, ça peut changer le monde avec, sur les écrans géants au-dessus, un clip où l’on voit Madame Hallyday sourire, embrasser de petits africains, les prendre dans ses bras, leur parler. Franchement, j’en reste coi.
Après une Marie assez émouvante (mais quelle chanson ne serait pas émouvante après une telle séquence ?), on arrive au premier grand moment du concert avec l’enchaînement de Que je t’aime et Gabrielle. Le public est debout pour ces 2 standards qui s’adaptent parfaitement au format stade avec leur break surpuissant. Mais il n’agit pas seulement du format de ces deux chansons. Il y a aussi l’harmoniciste, Greg Zlap. Sur Gabrielle , il tient un solo de 4 minutes à l’harmonica et ce, avec une maîtrise rythmique épatante. À côté, franchement, Johnny qui a empoigné sa guitare (on se demande bien pourquoi, avec 3 guitaristes, sur une chanson comme Gabrielle qui nécessite juste une rythmique) fait quand même peine à voir.
La suite fera vraiment retomber la mayonnaise qui semblait avoir pris. Johnny invite l’une de ses "sexys ladys" au chœur à le rejoindre pour le second extrait de son dernier album, une reprise d’ Unchained melody. Créé en 1950 pour la bande-son du film "Unchained" (film d’Hall Bartlett sur un musicien de jazz emprisonné), cette chanson a été reprise plus de 500 fois, aussi bien par Harry Bellafonte que par U2.
Johnny, lui, se souvient de l’époque des Yéyés et la reprend en français. De plus, sa sexy lady, Amy Keys doit adorer Whitney Houston, tant elle pousse son chant le plus fort et le plus haut possible. Résultat, un duo raté. Et là, franchement, on repense au dernier concert d’Elvis en 77, quand, seul au piano, il reprend cette chanson mythique…
La suite ne va pas s’arranger. Johnny quitte la scène et l’on a droit une sorte de récréation pour les musiciens qui se mettent en courir dans tous les sens pour reprendre Born to be wild. La volonté, toujours permanente dans ce show d’en faire toujours plus, rend l’interprétation simplement ridicule.
Mais cet intermède n’avait pas trop objectif que de faire réapparaître Johnny sur scène, cette fois ci par une plateforme qui remonte de sous la scène. Spectacle et boum , Allumez le feu avec David Hallyday à la batterie. À côté de moi, une dame d’un certain âge, se met debout et, dans son ensemble en lin blanc, se met à danser comme une folle. Évidemment, le refrain sera agrémenté de flammes autour de la scène et tout en haut.
Le morceau suivant, Nos différences, sera chanté en duo avec son fils. Pas étonnant, ça ressemble à une sortie de thérapie familiale. Tout au plus peut-on être touché par la complicité d’un père et d’un fils. Mais musicalement, on touche le fond, tant le fils n’arrive pas à rivaliser avec la voix du père.
On en arrive, ici, à la seconde partie du concert. Les 3 guitaristes, le batteur, le bassiste qui a pris une contrebasse, et Johnny se répartissent sur 2 petites plateformes aux extrémités de la scène. C’est la séquence papamobile. Sur un Pénitencier assez massacré car encore et toujours traité dans l’emphase (manifestement dans un stade, une chanson guitare basse batterie ne tient pas la route ?), les deux plateformes sont poussés par des gars de la sécurité sur le ruban qui entoure le premier carré. Elles se rejoignent, et voilà Johnny en petit comité quasiment au centre du stade. Il enlève sa veste, s’assoit sur un tabouret, prend une guitare et présente son groupe. Pendant la présentation, le stade entonne un "la lalala la la laaaa"… Mais savent-ils seulement que c’est la base rythmique de Seven Nation Army des White Stripes ?
Voilà donc une séquence retour aux sources avec une reprise du Blue suede shoes de Carl Perkins, une autre d’Elvis, That's allright mama, une autre de Ray Charles, I got a woman. Il a l’air de bien s’éclater là, Johnny, avec ces vieux morceaux de sa jeunesse, entouré de près de ses musiciens, dans une sorte de bœuf entre copains au milieu de 50 000 personnes. À quelques mètres de moi, un homme, debout contre un mur, a également l’air de bien s’amuser. Sa femme (ou petite amie ou maîtresse) collée à lui est en train de lui masser avec insistance l’entrejambe… Ah, le rock, c’est vraiment cette musique du diable qui fait ressurgir les plus bas instincts de l’être humain.
Bon, la séquence acoustique se termine sur un interminable Quelque chose de Tennessee dédié à Michel Berger "qui de là-haut, doit se dire… Ce Johnny, quelle chance d’avoir ce public !" Ce ne sera pas la seule fois où Johnny parle de lui-même à la troisième personne. Mais, contrairement à Delon, lui a une bonne excuse, il s’appelle Jean-Philippe Smet.
La papamobile revient sur la grande scène pour remettre dans la cuisinière une bonne fournée de charbon qui remonte le niveau. Ce sera Les Coups avec un retour salvateur de la section cuivre. Mais là encore la bonne chanson est massacrée par les besoins du spectacle. Car pour illustrer les paroles, le guitariste (celui qui a couvert au moins dix bornes pendant le concert. Une future recrue de l’OM ?) s’avance sur le ruban et fait semblant de recevoir… des coups !
Un morceau qui est enchaîné avec Noir c’est noir, je suis seul, aussi dur que du bois, je suis seul, derrière l’amour et jusqu’à minuit. Une sorte de medley censée enfoncer le clou une bonne fois pour toutes.
Mais, c’est finalement sur les 3 suivantes que le coup de massue sera donné. Le bon temps du Rock'n'Roll, La musique que j'aime, et L'envie constitueront le second grand moment du concert.
Après un drôle de Ce n’est qu’un au revoir (je croyais que c’était la dernière tournée ?), Johnny repart backstage et reviendra pour 2 rappels : Ca ne finira jamais, du dernier album, puis une reprise de Gilbert Bécaud, Et Maintenant . toujours à se plaindre, ce cher Johnny.
Voilà, 2h30 de concert, un Johnny généreux et un groupe qui s’est donné à fond pendant le concert.
Pour autant, je n’ai pas été converti. Quelques beaux moments peut être, une voix certes impressionnante, mais toujours poussée au maximum, ce qui fatigue à force. Au niveau du spectacle, quelques bonnes idées, mais franchement, le plus souvent, on tombe dans le ridicule. Et puis, il y a surtout ces boursouflures musicales qui font tomber les morceaux les plus mieux tenus dans un tonneau de sauce ketchup.
Un peu à l’image du public de Johnny finalement. À part quelques enfants et des "jeunes vieux", la très grande majorité des spectateurs avaient plus de 50 ans, étaient habillés comme pour aller en randonnée (sandales, short, tee-shirt, basket), tous plus ou moins enrobée dans la mauvaise graisse de la société de consommation dont ils se seront goinfrés jusqu’à satiété.
Un public prêt à lâcher 89 euros pour une place en tribune, plus 20 euros le tee-shirt et 15 euros le programme officiel, tout cela pour voir sur scène un homme qui n’a jamais écrit une chanson de sa vie, un faux rebelle des années 60 qui finit ami de Sarkozy, lequel vient de l’imposer pour un concert sous la tour Eiffel pour le 14 juillet à Paris. Un concert dont le coût est estimé à un million d’euros, dont 500 000 pour Johnny. Ce même Johnny, citoyen belge qui s’est exilé en Suisse pour payer moins d’impôts. Car le spectacle de Johnny, c’est aussi et surtout cela. Et beaucoup de monde continue de l’aimer…
Désolé, pour toutes ces raisons, musicales et citoyennes, je ne me sens pas faire partie de cette France-là.
Signature : stephane sarpauxle 13/07/2009
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>> Réponse (le 13/07/2009 par pegdu13) malgré une longue attente un spectacle merveilleux cela a permis d'oublier le mal aux jambes (l'attente debout) toujours au top met le feu je vous souhaite de vous éclatez autant que moi > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 13/07/2009 par motton)

>> Réponse (le 13/07/2009 par Boby) Belle critique, j'apprécie tout particulièrement la fin ;p > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 14/07/2009 par grainedeschmoule)

allez allez, on a quand même le droit de le critiquer un peu votre Johnny !! il y'a plein de choses vraies dans ce que dit le posteur au dessus de vous ! Mais dans l'ensemble, c'est vrai que johnny est trés bon - on ne dit pas le contraire - personnellement, je trouve que parfois c'était un "too much" effectivement. la photo de Laetitia, le guitariste qui prends des coups etc etc.... mais bon... Johnny est quand même un grand interprète ! il y a un détail qui m'a toujours amusé cependant: pourquoi fait t'il semblant de jouer de la guitare ? suis également un peu irrité que Johhny fasse un concert sous la tour eiffel dans lequel il empocherait la coquette somme de 500 000 euros. qui paye ? > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 14/07/2009 par martine)

>> Réponse (le 14/07/2009 par lagardianne4)

>> Réponse (le 17/07/2009 par Alban)

>> Réponse (le 21/07/2009 par NINA) TOUR EIFFEL - 14 JUILLET 2009
Ce qui me plait dans toutes les critiques et tous les arguments avancés à propos de Johnny Hallyday, c'est que l'artiste ne laisse pas indifférent. On l'apprécie avec jugement, on n'aime pas sauf sa voix ? ou on adore... les yeux émerveillés ... mais c'est sûr, il existe !!! et cela déjà c'est énorme !!! Quand même, exister depuis de très longues années. Cette foule... cette ambiance... les rendez-vous réguliers que l'on ne manque pas, cette fidélité de son public malgré toutes les critiques de ses longues années passés. Ce concert du 14 juillet ainsi que bien d'autres... sont tout simplement magiques ! Essayez simplement une soirée de vous glisser doucement dans cette magie. Et merci à toutes et à tous de continuer de parler de Johnny Hallyday en négatif... simplement pour .../...
> La suite
>> Réponse (le 01/09/2009 par bey)

Le concert au vélodrome a semble t'il déçu... Moi j'ai assisté à celui du stade de France et c'était tellement fort et sincère que je suis retournée le voir à Metz ! Peut être qu'à Marseille c'est le public qui n'était pas au top et que l'artiste l'a ressenti !!! > Réagir à cette critique
>> Réponse (le 23/11/2009)

un peu de respect pour un ARTISTE, le meilleur ! Je réponds a la personne qui ose critiquer ce grand Monsieur de la chanson française : chercher bien et dites moi en France quel chanteur peu rivaliser avec JH ? > Réagir à cette critique
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