Critique de concert Joseph Arthur

" I(t) Shall Be Released… "
(Main Basse sur " Chicago "…)
Part I (salle en cours de remplissage et va et vient fébrile, sous groupe du cru qui angoisse en coulisses) :
" Too Long In Toulon ? "
À peine entrés dans l’antre de l’ Omega , on se prend (à chaque fois) à rêver que notre " bonne " ville de Marseille ait eu la même bonne double idée à l’époque : réussir à la fois parfaitement l’acoustique du Dôme et y implanter une salle de cette dimension à l’intérieur, en lieu et place de ces multiples coursives et ouvertures donnant sur le vide, l’inutile, le néant et SA cousine germaine : la perte de place…
D’entrée de jeu, c’est Appletop qui s’y colle : un honnête trio local qui a vu l’homme qui a vu l’ours qui a vu les Libertines regarder les Jam composer … Et tâché de ne pas en perdre une seule miette jusqu'à tenter de retranscrire le tout en tentant d’y adjoindre un soupçon de personnalité… Chose difficile, il est vrai !
Un set un poil longuet en raison d’un manque parfois évident de chansons qui dessert leur louable énergie, leur louable volonté de relever le gant jeté à terre il y a longtemps par les multiples hordes anglo-saxonnes d’invasion.
Part II (une bière et demie plus tard : alcootest éventuel sous retour, oblige) :
Dès le premier accord gratté, on sent que quelque chose, il y a : que " ça " se met tout doucement en place, mais que ce n’est pas encore véritablement " lancé ", comme au sortir d’un mauvais rêve ou d’une sieste un poil longuette. Nanti d’une guitare acoustique et d’un extrait du EP Vagabond Skies ( Even When You’re Blue ) Joseph peine à trouver son rythme et en vient quasiment aux mains avec un début de larsen persistant qui le poursuit tout du long de l’incontournable A Smile That Explodes (sommet d’ Our Shadows Will Remains ).
Ignorant, à la fois, les lois de la gravité et celles de l’industrie du disque, il nous fait son Dylan et nous livre son Desolation Row , son Changing Of The Guards perso : All The Old Heroes ! (rejoint en cours de route, par le groupe au grand complet).
Immédiatement, un murmure parcours l’assistance et se répand, voyageant à vitesse grand " V " entre mes trois compagnons de droite (et de route) et ma petite personne aux yeux humides de plaisir : mais où donc est passée Jennifer Turner ?. Présente depuis les tous débuts de l’aventure des Lonely Astronauts , la blonde guitariste enlumine le son du groupe de sa guitare, de sa voix, de ses accords de slide, rétablissant parfaitement la parité " hommes femmes " au sein du gang. Histoire de pallier illico au manque, l’Arthur prend son premier solo : nanti comme toujours de cet étrange regard fixe – celui d’une poule engluée dans un coin de champ OGM-isé, postée face à des tongs UMP oubliées – au moment de choisir ses pédales d’effets…

Marqué du sceau dépenaillé de Let’s Just Be , Spacemen fait fort opportunément monter la sauce, accompagné des baguettes bondissantes de Greg Wiz ; malgré un pied un tantinet incertain qui crisse maladroitement sur la pédale wah-wah…
C’est enfin LE moment tant attendu : réjouis-toi, cher label distributeur français répondant au doux nom de Fargo – désormais en charge de l’" animal " originaire d’ Akron, Ohio ! – voici que se pointe au loin Temporary People , premier extrait de bravoure de l’album éponyme, qui offre enfin son premier solo au fidèle Kraig Jarrett Johnson (piano/guitares). Un sommet d’énergie maîtrisée qui emporte les premiers rangs dans une folle farandole de pieds et mains mêlés ; nous sommes désormais TROIS à danser, chanter en rythme, ou accueillir comme il se doit l’arrivée de la foi en un devenir musical calé sur ces augustes bases ( Faith ).
Je délaisse un court instant la scène pour regarder l’assemblée du soir, me désole de la relative passivité ambiante – ces gens qui poussent tant et tant, d’ordinaire, criant et hurlant à s’en faire péter les vaisseaux derrière la mêlée en reconstruction du RCT ! ! ! – mais reviens juste à temps pour le voir passer au piano.
Délestée de la boîte à rythme et du clavier qui la plombait au cours de ses dernières tournées solo, Eyes On My Back retrouve toute la perspicacité de ses débuts, de piano enchaînée à un inédit encore tout chaud, tout neuf : Come Out (un rien maladroit sur ses pattes, soit, mais promis à un bel avenir…).
Si nos radios nationales avaient eu un tant soi peu de jugeote et de courage, ou juste possédées un soupçon de sens musical – juché entre leurs deux oreilles FM-isées – Enough To Get Away aurait été un tube hexagonal, Européen, mondial, Vénusien, Jupitérien !

Mais que dire, alors, du sommet constitué à lui tout seul par In The Sun ? … Ce morceau, c’est son passeport pour l’éternité, son sauf-conduit à destination du paradis des songwriters, son quartier de noblesse, sa carte de visite " pas gagnée sur le net ni montée à la hâte par le copain d’à côté qui pige vaguement sur Photoshop ! " Reprise par Peter Gabriel , Michael Stipe ( REM ), ou Coldplay , elle est là pour nous rappeler sans cesse que la semi-confidentialité du gars est plus qu’imméritée, hors propos, révoltante, limite honteuse !
Ignorant ces bassesses matérielles, l’homme suit néanmoins son chemin, composant toujours et encore, accouchant parfois d’autres monuments à la hauteur du précité : à l’instar du décalé, du mystique et éthéré Missy Baba . Une cavalcade 70’s d’une rare évidence qui fait les zygomatiques se rallonger et la guitare se pâmer. Ce truc, là, c’est un shoot de plaisir à haute dose, une douceur de bien-être à déguster paisible à l’ombre, en tailleur – la position assise, bien sûr, pas le vêtement guindé de réunion qui fait mollement frétiller dans le pantalon des cadres ! – c’est le chaînon manquant flottant dans l’espace et le temps, situé à équidistance de l’épique Lonely Astronauts du Spacemen constellé de Glam. La fin de la trilogie stellaire, en somme…
Un morceau qui bénéficie des rondes notes (et sourires déclinés) de Sybil Buck (basse) présente et effacée, précise et concentrée, accorte et dessinée, toute de plaisir partagé, nimbée…
La foule pousse un râle profond lorsqu’il consent enfin à construire patiemment la rythmique de Take Me Home en empilant patiemment les couches à l’" ancienne " : tapant sur le corps de la guitare ou caressant les cordes au gré de sa fantaisie. À l’origine joli, rond et soigné, cet extrait de Let’s Just Be , a subit un traitement de choc qui monte, qui monte, qui monte, puis qui explose sous les coups de baguette du " Wiz " et les accords saturés de son créateur. De quoi inonder à foison les dessous-de-bras d’un liquide chaud et collant plus qu’odorant ! De quoi faire coulisser douloureusement les cervicales et se tendre les adducteurs, soumis à rude épreuve.

Un dernier signe de tête ou de main plus loin, à peine envoyé, et… Les voici de nouveau sur la brèche, pour un petit supplément joué debout, à même le stand " lithographies, CD’s et 33 Tours " situé dans l’entrée.
Habituellement joués à destination des fans impatients – en attendant que le concert du soir ne soit complètement gravé sur CD et disponible à la vente ! – ces mini-sets acoustiques tournent vite au concert type " feux de camps ", avec chœurs improvisés et sourires niais affichés. Ce soir, c’est l’occasion rêvée d’y annoncer le grand retour du séminal Mercedes …
Une demi-heure plus tard, il est toujours là, parlant avec l’un et l’autre, signant du papier à tours de bras, posant sous objectif, expliquant telle ou telle anecdote, offrant un t-shirt à un jeune garçon d’une dizaine d’années qui le regarde sans mot dire, d’illumination touché : disponible, accueillant, regrettant, comme toutes et tous, que le show du soir n’ait pu être enregistré et gravé – quasiment une première, depuis 2002 ! ! ! – pour une vulgaire histoire d’Euros réclamés par la salle, qui plombe cette belle soirée de relents chargés d’amertume…
Setlist :
Even When You’re Blue
A Smile That Explodes
All The Old Heroes
Too Much To Hide
Spacemen
Temporary People
Faith
Slide Away
Eyes On My Back
Come Out
Black Lexus
Enough To Get Away
In The Sun
Need It Right Away
Missy Baba
Take Me Home.
After " Stand " :
You Are Free
Mercedes.
(Main Basse sur " Chicago "…)
Part I (salle en cours de remplissage et va et vient fébrile, sous groupe du cru qui angoisse en coulisses) :
" Too Long In Toulon ? "
À peine entrés dans l’antre de l’ Omega , on se prend (à chaque fois) à rêver que notre " bonne " ville de Marseille ait eu la même bonne double idée à l’époque : réussir à la fois parfaitement l’acoustique du Dôme et y implanter une salle de cette dimension à l’intérieur, en lieu et place de ces multiples coursives et ouvertures donnant sur le vide, l’inutile, le néant et SA cousine germaine : la perte de place…
D’entrée de jeu, c’est Appletop qui s’y colle : un honnête trio local qui a vu l’homme qui a vu l’ours qui a vu les Libertines regarder les Jam composer … Et tâché de ne pas en perdre une seule miette jusqu'à tenter de retranscrire le tout en tentant d’y adjoindre un soupçon de personnalité… Chose difficile, il est vrai !
Un set un poil longuet en raison d’un manque parfois évident de chansons qui dessert leur louable énergie, leur louable volonté de relever le gant jeté à terre il y a longtemps par les multiples hordes anglo-saxonnes d’invasion.
Part II (une bière et demie plus tard : alcootest éventuel sous retour, oblige) :
Dès le premier accord gratté, on sent que quelque chose, il y a : que " ça " se met tout doucement en place, mais que ce n’est pas encore véritablement " lancé ", comme au sortir d’un mauvais rêve ou d’une sieste un poil longuette. Nanti d’une guitare acoustique et d’un extrait du EP Vagabond Skies ( Even When You’re Blue ) Joseph peine à trouver son rythme et en vient quasiment aux mains avec un début de larsen persistant qui le poursuit tout du long de l’incontournable A Smile That Explodes (sommet d’ Our Shadows Will Remains ).
Ignorant, à la fois, les lois de la gravité et celles de l’industrie du disque, il nous fait son Dylan et nous livre son Desolation Row , son Changing Of The Guards perso : All The Old Heroes ! (rejoint en cours de route, par le groupe au grand complet).
Immédiatement, un murmure parcours l’assistance et se répand, voyageant à vitesse grand " V " entre mes trois compagnons de droite (et de route) et ma petite personne aux yeux humides de plaisir : mais où donc est passée Jennifer Turner ?. Présente depuis les tous débuts de l’aventure des Lonely Astronauts , la blonde guitariste enlumine le son du groupe de sa guitare, de sa voix, de ses accords de slide, rétablissant parfaitement la parité " hommes femmes " au sein du gang. Histoire de pallier illico au manque, l’Arthur prend son premier solo : nanti comme toujours de cet étrange regard fixe – celui d’une poule engluée dans un coin de champ OGM-isé, postée face à des tongs UMP oubliées – au moment de choisir ses pédales d’effets…

Marqué du sceau dépenaillé de Let’s Just Be , Spacemen fait fort opportunément monter la sauce, accompagné des baguettes bondissantes de Greg Wiz ; malgré un pied un tantinet incertain qui crisse maladroitement sur la pédale wah-wah…
C’est enfin LE moment tant attendu : réjouis-toi, cher label distributeur français répondant au doux nom de Fargo – désormais en charge de l’" animal " originaire d’ Akron, Ohio ! – voici que se pointe au loin Temporary People , premier extrait de bravoure de l’album éponyme, qui offre enfin son premier solo au fidèle Kraig Jarrett Johnson (piano/guitares). Un sommet d’énergie maîtrisée qui emporte les premiers rangs dans une folle farandole de pieds et mains mêlés ; nous sommes désormais TROIS à danser, chanter en rythme, ou accueillir comme il se doit l’arrivée de la foi en un devenir musical calé sur ces augustes bases ( Faith ).
Je délaisse un court instant la scène pour regarder l’assemblée du soir, me désole de la relative passivité ambiante – ces gens qui poussent tant et tant, d’ordinaire, criant et hurlant à s’en faire péter les vaisseaux derrière la mêlée en reconstruction du RCT ! ! ! – mais reviens juste à temps pour le voir passer au piano.
Délestée de la boîte à rythme et du clavier qui la plombait au cours de ses dernières tournées solo, Eyes On My Back retrouve toute la perspicacité de ses débuts, de piano enchaînée à un inédit encore tout chaud, tout neuf : Come Out (un rien maladroit sur ses pattes, soit, mais promis à un bel avenir…).
Si nos radios nationales avaient eu un tant soi peu de jugeote et de courage, ou juste possédées un soupçon de sens musical – juché entre leurs deux oreilles FM-isées – Enough To Get Away aurait été un tube hexagonal, Européen, mondial, Vénusien, Jupitérien !

Mais que dire, alors, du sommet constitué à lui tout seul par In The Sun ? … Ce morceau, c’est son passeport pour l’éternité, son sauf-conduit à destination du paradis des songwriters, son quartier de noblesse, sa carte de visite " pas gagnée sur le net ni montée à la hâte par le copain d’à côté qui pige vaguement sur Photoshop ! " Reprise par Peter Gabriel , Michael Stipe ( REM ), ou Coldplay , elle est là pour nous rappeler sans cesse que la semi-confidentialité du gars est plus qu’imméritée, hors propos, révoltante, limite honteuse !
Ignorant ces bassesses matérielles, l’homme suit néanmoins son chemin, composant toujours et encore, accouchant parfois d’autres monuments à la hauteur du précité : à l’instar du décalé, du mystique et éthéré Missy Baba . Une cavalcade 70’s d’une rare évidence qui fait les zygomatiques se rallonger et la guitare se pâmer. Ce truc, là, c’est un shoot de plaisir à haute dose, une douceur de bien-être à déguster paisible à l’ombre, en tailleur – la position assise, bien sûr, pas le vêtement guindé de réunion qui fait mollement frétiller dans le pantalon des cadres ! – c’est le chaînon manquant flottant dans l’espace et le temps, situé à équidistance de l’épique Lonely Astronauts du Spacemen constellé de Glam. La fin de la trilogie stellaire, en somme…
Un morceau qui bénéficie des rondes notes (et sourires déclinés) de Sybil Buck (basse) présente et effacée, précise et concentrée, accorte et dessinée, toute de plaisir partagé, nimbée…
La foule pousse un râle profond lorsqu’il consent enfin à construire patiemment la rythmique de Take Me Home en empilant patiemment les couches à l’" ancienne " : tapant sur le corps de la guitare ou caressant les cordes au gré de sa fantaisie. À l’origine joli, rond et soigné, cet extrait de Let’s Just Be , a subit un traitement de choc qui monte, qui monte, qui monte, puis qui explose sous les coups de baguette du " Wiz " et les accords saturés de son créateur. De quoi inonder à foison les dessous-de-bras d’un liquide chaud et collant plus qu’odorant ! De quoi faire coulisser douloureusement les cervicales et se tendre les adducteurs, soumis à rude épreuve.

Un dernier signe de tête ou de main plus loin, à peine envoyé, et… Les voici de nouveau sur la brèche, pour un petit supplément joué debout, à même le stand " lithographies, CD’s et 33 Tours " situé dans l’entrée.
Habituellement joués à destination des fans impatients – en attendant que le concert du soir ne soit complètement gravé sur CD et disponible à la vente ! – ces mini-sets acoustiques tournent vite au concert type " feux de camps ", avec chœurs improvisés et sourires niais affichés. Ce soir, c’est l’occasion rêvée d’y annoncer le grand retour du séminal Mercedes …
Une demi-heure plus tard, il est toujours là, parlant avec l’un et l’autre, signant du papier à tours de bras, posant sous objectif, expliquant telle ou telle anecdote, offrant un t-shirt à un jeune garçon d’une dizaine d’années qui le regarde sans mot dire, d’illumination touché : disponible, accueillant, regrettant, comme toutes et tous, que le show du soir n’ait pu être enregistré et gravé – quasiment une première, depuis 2002 ! ! ! – pour une vulgaire histoire d’Euros réclamés par la salle, qui plombe cette belle soirée de relents chargés d’amertume…
Setlist :
Even When You’re Blue
A Smile That Explodes
All The Old Heroes
Too Much To Hide
Spacemen
Temporary People
Faith
Slide Away
Eyes On My Back
Come Out
Black Lexus
Enough To Get Away
In The Sun
Need It Right Away
Missy Baba
Take Me Home.
After " Stand " :
You Are Free
Mercedes.
Signature : jacques 2 chabannes
le 16/03/2009
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le 16/03/2009
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Photographe : adeline f
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>> Réponse (le 18/03/2009 par Magic)


le 24 juillet 2009 - Cabaret Frappé Grenoble (par Jacques 2 Chabannes)
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