Critique de concert Julie Peel + Hervé André + Elko

Un lundi soir menaçant au mois de février, qui peut avoir envie de sortir ?
Le Lounge est cependant bien garni pour cette soirée bien éclectique.

Le premier des trois sets au programme est pour Hervé André qui pour une fois ne joue pas à domicile - dans son atelier h rue Tilsit - mais devant un public pas forcément acquis à sa cause. Certains sourcils deviennent accents circonflexes à l’annonce de quelques titres pour le moins énigmatiques : I’m Not A Fish, Je Suis Moi-Même Un Trou Dans Ma Vie…
Tour à tour poète maudit ou troubadour écorché, il s’accompagne ce soir de sa guitare, sans effets. Son répertoire s’étoffe à vue d’œil, les variations de sa voix semblent croître au fil des mois.
L’interprétation du traditionnel No More collecté par Alan Lomax dans les prisons du sud des Etats-Unis est à ce point évocatrice qu’on croit y percevoir le frottement des chaînes des captifs. L’autre reprise, Dreams Of Love est une occasion d’évoquer Bert Jansch, inspirateur de Neil Young et Nick Drake. Mais l’émotion est plus présente encore lors de l’interprétation de Trois Doigts, chanson composée en hommage au poète martyr chilien Victor Jara.
Setlist : I'm Not A Fish / No More / Où Ca Nous Mène ? / L'Aube / Qui Dira ? / Dreams Of Love / N'Aie Pas Peur / Je Suis Moi-Même Un Trou Dans Ma Vie / Trois Doigts / Occident / Les Démons

Le deuxième plateau est assuré par Julie Peel dont l’écoute de l’espace a achevé de me décider à braver la pluie. Dans le même registre que ma Virginienne préférée Lauren Hoffman, elle en a les mêmes qualités sur disque : songwriter inspirée, mélodies efficaces, voix agréable. Les mêmes défauts sur scène aussi : voix moins assurée, présence en live bien en deçà de ce qu’on peut raisonnablement espérer.
On a pourtant envie de se laisser bercer par les tendres ballades de son album Near The Sun (OK, Innocence), d’être transporté par les quatre accords de sa guitare et son harmonica dans Sister, par les jolis arpèges du morceau titre ou le rythme de Living In A Movie. Ce sera davantage le cas quand Julie Peel aura pris de l’assurance ou lorsque son groupe l’accompagnera. Il en est question pour une prochaine date au Lounge. Avec le violoncelle et les backing vocals, Unfold (entendu dans la série Life Unexpected) obtiendra alors un tout autre volume.
Setlist : Sister / Near The Sun / OK / Never Be / Let Go / Living In A Movie / Innocence / Alone / Unfold / Once More With Feeling

Je serai moins réceptif pour le troisième set assuré par Elko et que je redoutais quelque peu. La mouvance Miossec, ce n’est pas pour moi, pensais-je en me rapprochant du bar. Mais les a priori, c’est mal. Le trio a plus d’une corde à son arc. Et les moments paroxysmiques créés par la guitare électrique qui vint submerger l’acoustique furent du plus bel effet. Tout comme une reprise pas reconnue mais belle comme du [smog]. Autre blind test auquel j’ai échoué (mais j’ai noté !) : So Far Around The Bend de The National.
La note de la soirée est gonflée pour louer l’initiative de ces petites salles qui prennent le risque de programmer trois plateaux fort différents un lundi soir et qui ont quelquefois la mauvaise surprise de voir la maréchaussée s’acharner sur eux pour des motifs futiles. Ce fut le cas ici la semaine dernière…
Bonus videos : Elko, Julie Peel, Hervé André
Le Lounge est cependant bien garni pour cette soirée bien éclectique.

Le premier des trois sets au programme est pour Hervé André qui pour une fois ne joue pas à domicile - dans son atelier h rue Tilsit - mais devant un public pas forcément acquis à sa cause. Certains sourcils deviennent accents circonflexes à l’annonce de quelques titres pour le moins énigmatiques : I’m Not A Fish, Je Suis Moi-Même Un Trou Dans Ma Vie…
Tour à tour poète maudit ou troubadour écorché, il s’accompagne ce soir de sa guitare, sans effets. Son répertoire s’étoffe à vue d’œil, les variations de sa voix semblent croître au fil des mois.
L’interprétation du traditionnel No More collecté par Alan Lomax dans les prisons du sud des Etats-Unis est à ce point évocatrice qu’on croit y percevoir le frottement des chaînes des captifs. L’autre reprise, Dreams Of Love est une occasion d’évoquer Bert Jansch, inspirateur de Neil Young et Nick Drake. Mais l’émotion est plus présente encore lors de l’interprétation de Trois Doigts, chanson composée en hommage au poète martyr chilien Victor Jara.

Le deuxième plateau est assuré par Julie Peel dont l’écoute de l’espace a achevé de me décider à braver la pluie. Dans le même registre que ma Virginienne préférée Lauren Hoffman, elle en a les mêmes qualités sur disque : songwriter inspirée, mélodies efficaces, voix agréable. Les mêmes défauts sur scène aussi : voix moins assurée, présence en live bien en deçà de ce qu’on peut raisonnablement espérer.
On a pourtant envie de se laisser bercer par les tendres ballades de son album Near The Sun (OK, Innocence), d’être transporté par les quatre accords de sa guitare et son harmonica dans Sister, par les jolis arpèges du morceau titre ou le rythme de Living In A Movie. Ce sera davantage le cas quand Julie Peel aura pris de l’assurance ou lorsque son groupe l’accompagnera. Il en est question pour une prochaine date au Lounge. Avec le violoncelle et les backing vocals, Unfold (entendu dans la série Life Unexpected) obtiendra alors un tout autre volume.

Je serai moins réceptif pour le troisième set assuré par Elko et que je redoutais quelque peu. La mouvance Miossec, ce n’est pas pour moi, pensais-je en me rapprochant du bar. Mais les a priori, c’est mal. Le trio a plus d’une corde à son arc. Et les moments paroxysmiques créés par la guitare électrique qui vint submerger l’acoustique furent du plus bel effet. Tout comme une reprise pas reconnue mais belle comme du [smog]. Autre blind test auquel j’ai échoué (mais j’ai noté !) : So Far Around The Bend de The National.
La note de la soirée est gonflée pour louer l’initiative de ces petites salles qui prennent le risque de programmer trois plateaux fort différents un lundi soir et qui ont quelquefois la mauvaise surprise de voir la maréchaussée s’acharner sur eux pour des motifs futiles. Ce fut le cas ici la semaine dernière…
Bonus videos : Elko, Julie Peel, Hervé André
Signature : mcyavellle 03/03/2011
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Photographe : mcyavell
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