En ce frisquet jeudi de janvier, Julien Clerc fait salle comble au Dome, assez étonnant pour moi, je ne pensais pas qu'il attirait autant les foules. Malgré la grève générale, les intermittents ont fait en sorte que le show ait lieu, heureusement pour les fans... et presque malheureusement pour ma pomme ! Ben ouais, en étant tout à fait honnête, la première heure de concert fut l'une des plus ennuyeuse qu'il m'ait été donné de voir... Aucun rapport avec le style musical proposé (j'ai assez encensé Macias, Vartan ou d'autres Seniors de la scène française, souvent avec surprise), mais plutôt à cause de menus détails bien crispants...
Tout d'abord, les textes. Comment décrire la platitude affligeante de 90% des nouvelles chansons, textuellement parlant ?! Souvent courtes et répétitives, elles sont en plus consternantes du syndrome "ça veut rien dire".... Le morceau sur lequel Clerc arrive est d'ailleurs symbolique du n'importe quoi... Pourtant j'ai l'habitude des lyrics à la con, ou neuneu, ou délirants, mais en comparaison de ça:
"Où s'en vont les avions
Quand ils s'en vont
Et les amours quand elles reviennent ?
Où va le vent quand tu t'en vas ?
Où va la pluie quand tu t'ennuies ?
Où s'en vont nos mains dans la nuit ?"
ou ça :
"La lave tiède de tes yeux
Coule dans mes veines malades
Je pense si souvent à toi
Que ma raison en chavire
Comme feraient des barques bleues
Et même les grands navires"
Et ça se répète encore et encore...
C'est pas un "Si on chantait" arrivant en deuxième, qui sauve cette première heure catastrophique, emplie de morceaux récents assez mous et inconsistants...
Rajoutez à ça, une voix irritante de bêlement quand il pousse trop dans les aigus, d'autres hurlements suraigus de groupies cinquantenaires frisant le ridicule, et vous pourrez imaginer le spécial combo chiant que je me tape, en me demandant combien de temps je vais encore souffrir.....
Mais miraculeusement, la seconde heure va se révéler plus joyeuse, plus enlevée même. Avec une flopée de hits incontournables, de nouvelles ritournelles mieux foutues, et un public en total accord, ca change la donne.
Il y a deux choses qui frappent le spectateur à l'issue d'un live de Julien Clerc.
D'une, ce mec est sympathique naturellement, d'une simplicité classe. Il nous raconte trois-quatre anecdotes plaisantes sur sa vie passée, il cite tous les paroliers qui lui ont écrit quelque chose (Carla Bruni se faisant quelque peu houspiller pour l'occase, pfff...) et il n'est pas besoin d'en faire des tonnes pour être en phase avec ses fans.
De deux, et c'est incroyable en y repensant, l'artiste enquille des classiques de la variètoche francaise comme on enfile des perles !
Une fois qu'il avait interprété "Si on chantait", "Femmes je vous aime", "Ma préférence" et "Partir", on pense qu'il a fait le tour, on se dit que c'est bientôt fini... Et puis il joue "Melissa" et on se dit "ah mais oui il chante ça aussi !". Et puis il joue "Travailler c'est trop dur", et on se redit pareil ! Et puis il joue "Fais moi une place", pareil. Et puis "Lili voulait aller danser", et puis "Le patineur", etc etc... Il ne manquait que "La fille aux bas nylons" et "La Californie" pour être exhaustif...
Mais le final (troisième rappel tout de même !) pardonne tous les oublis, avec ce "Laissons entrer le soleil" dantesque, de la comédie musicale "Hair", avec pour la peine un son boosté dans le Dôme, et une véritable osmose scène/public. D'ailleurs les gens continueront à scander le refrain quelques minutes après le retour des lumières.
Au final ce live laisse, pour des curieux comme moi, une impression étrange, et globalement positive, malgré les griefs précités. Ceci grâce à la personnalité d'un Clerc qui ne fait vraiment pas son age, grâce aussi à des tubes incontournables qu'il a été agréable d'entendre, grâce également à deux fous rires incontrôlables pendant "Fais moi une place" et la berceuse de Le Forestier qui a suivi (mais c'était bien involontaire, et encore une fois à cause de certaines paroles :p), bref grâce à un ensemble qui contrebalance les menus détails horripilants que ne reconnaitront certainement pas la majorité de ce Dôme conquis ;)