Critique de concert Justice + Ed Banger All Star


Une soirée qui pouvait s'annoncer des plus prometteuses et réjouissantes s'avère finalement relativement moyenne et ce malgré une prestation agréable du duo phare de la soirée : Justice.

Tout commence légèrement avant 20 heures, Pedro Winter s'improvisant maître de cérémonie pour les 75 minutes à venir. Premier invité sur scène, DVNO s'installe aux platines pour une vingtaine de minutes de mix sympathique sans être révolutionnaire, même si un titre de Daft Punk et un autre d'AC/DC permettent de commence à motiver la foule, très jeune au demeurant...

Malheureusement, la mise en condition n'est que de courte durée. En effet, DVNO laisse la place à une équipe de 5 DJ, le Ed Banger All Star, composé entre autre de Breakbot, Busy P/Pedro Winter et Cassius. Et là, c'est le drame, comme dirait l'autre. C'est parti pour presque une heure de mix branlette entre potos DJ parisiens qui se moquent entièrement de leur public.

Si je devais résumer, je dirais que nous avons assisté aux prestations de DJ Suce-Mes-Boules 1, DJ Suce-Mes-Boules 2 etc, venus uniquement pour s'enfiler vodka et clopes sur scène en tripotant les jolis petits boutons des platines. Le mix est réellement décevant, les morceaux s’enchaînent mal, on en vient à penser que le voisin animateur de mariages d'un village de l'Oise ferait tout aussi bien !

Le meilleur moment intervient quand notre " ami " Pedro se permet la petite réflexion " Allez Paris, on n'est pas à Clermont-Ferrand, là ! "... Note pour plus tard : si tu ne respectes pas ton public, quel qu'il soit et où qu'il soit, ne t'étonne pas de te faire chier sur la gueule ensuite. Bref, passons. Si j'avais voulu écouter des disques les uns après les autres, sans aucune originalité dans les enchaînements, franchement, je serais restée chez moi.

Enfin, vers 21h15, le calvaire prend fin et la prestation du Ed Banger All Star ne restera sincèrement pas dans les annales. Au vu des visages de l'assemblée, il paraît clair que cette opinion est par ailleurs assez répandue.
Quand Justice arrive (après un petit moment de pub pour Frédéric Beigbeder, acclamé par la foule du haut de son balcon...) c'est la ruée vers l'avant. Après quelques minutes de montée en pression, le groupe attaque très fort avec Genesis. D'un coup, ça a quand même une sacrément autre gueule que la première partie et on se dit, " enfin, voilà le genre de performance musicale pour laquelle je suis venue ce soir ". C'est donc parti pour 1h15 de show (oui, la même durée que la première partie. Qui a dit que la French Touch ne se moquait pas du monde ?).

Visuellement, c'est énorme. La croix est bien là, les murs d'amplis qui se transforment en murs de lumière aussi, et le rideau d'ampoules blanches qui occupe tout l'espace à l'arrière de la scène a plutôt de la gueule...
Les mash-ups alternent bien entre anciens morceaux du groupe et nouveaux titres, qui, si ils ont pu décevoir sur album car trop " rock " pour certains puristes, sont très efficaces en live et au contraire, apportent une dimension très intéressante à la prestation de ce soir. Malgré tout, le set reste très froid, et Gaspard Augé et Xavier de Rosnay restent murés dans leur personnage de DJs inaccessibles et silencieux. Bien évidemment, on ne leur demande pas de s'interrompre toutes les cinq minutes pour nous demander comment ça va, mais une toute petite interaction avec le public, par exemple avant le rappel, cela aurait pu être un plus indéniable.

Le show est agréable, il n'y a pas de temps mort et le public est très réceptif. Même si certains ont trouvé les mash-ups des titres parfois poussifs, le set est pour moi un excellent moment de musique électronique. Stress est tout particulièrement agréable, l'éclairage blanc passant au rouge sang et même si le morceau aurait pu être encore plus violent, on est content de transpirer tous ensemble. Le sol de l'Olympia tremble comme jamais, surtout lorsque les paroles du duo avec Simian Mobile Dicso, We are your friends, commencent.

Audio Video Disco sera le dernier titre joué avant un rappel relativement plat, si l'on compare au reste du show. Aussi, on aurait bien vu des supers invités pour célébrer cette date parisienne, mais il n'en est rien et les deux garçons quittent la scène, non sans escalader les enceintes avant de se retirer définitivement. Probablement leur façon de nous remercier, en nous laissant les regarder une dernière fois sur un piédestal encore plus grand, qui n'a sûrement d'égal que la mégalomanie du label Ed Banger Records.
Photos du concert par Robert Gil. Retrouvez plus de photos sur son site www.photosconcerts.com/justice-paris-olympia et www.photosconcerts.com/ed-banger-all-star-paris-olympia...
Signature : coline magaud
le 21/02/2012
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le 21/02/2012
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