Critique de concert Justice (Festival de Nimes)
C'est bien lors du festival dans les Arènes de Nîmes, que Justice et sa bande de potes, actuellement en tournée mondiale, ont décidé de faire une halte.
C’est toujours un grand moment de tourner dans ce lieu chargé d’Histoire, et, voulant faire honneur aux duels que ces pierres ont contemplés pendant des siècles, on attend chaque fois à être ébloui par le spectacle qui se déroulera devant nos yeux. Et c’est notre vœu le plus cher pour cette soirée électro.

Et tout le problème est là. Pour que les jeux de lumières, les néons et autres lasers virevoltants fassent leur petit effet, il faut que tout le décor soit plongé dans l’obscurité. Or, en cette journée de juillet caniculaire, le soleil veut profiter de la partie, et il faudra attendre la fin du set de 2ManyDJs pour commencer à être baigné dans l’ambiance.
A préciser également que le concert est filmé, et qui dit tournage dit projos supplémentaires… tu parles d’une ambiance….
Et pour démarrer côté son, on remarque que le fabuleux Nightcaall de Kavinsky, figurant sur la B.O. du film Drive, est une valeur des plus sûres puisqu’il est mixé à plusieurs reprises dans la soirée.
Tiens… une légère envie de rouler la nuit, lumières artificielles, fenêtre ouverte, gants en cuir….
D’autres grands classiques ont aussi droit à un ravalement de façade, comme le très surprenant Cactus de Dutronc ou le langoureux I Feel Love de Donna Summer. Ces vieux de la vieille racolent à chaque fois de nouveaux spectateurs vers le devant de la scène.
Les Arènes se remplissent lentement.
Jusque-là le son est bon, les spectateurs s’échauffent. Les gars de 2ManyDJs font bien leur job mais l’ambiance reste encore fragile. Encore quelques minutes est ce sera une explosion lorsque la tête d’affiche fera son entrée. Enfin, espérons qu’on ne soit pas complètement retombé parce que le changement de set s’annonce assez décalé.

Habituellement, on nous fait patienter avec des morceaux aux styles musicaux ayant un rapport direct avec le thème de la soirée. Mais ce soir Queen, Deep Purple, AC/DC, Nirvana et autres basses bien lourdes résonnent sans honte entre ces pierres, et c’est apparemment tout à fait naturel puisque bon nombre de clubbeurs reprennent en cœur certains des plus gros sons du Rock… Ok, très bien, nous sommes face à un échantillon ouvert d’esprit et capable d’une adaptation fulgurante sans se poser de questions. C’est certainement moi qui suis trop réac…
Un Guitar Hero géant juste pour le délire ? Non, ce mystère sera levé à la fin du concert, lorsqu’il sera révélé que, en même temps que l’équipe technique opérait le changement de scène, c’était bien une des premières parties qui "mixait" quelques-uns des standards que les gars de Justice aiment bien.
Et puis, il aurait été dommage de passer à côté de l’inévitable clin d’œil : "Eh Nîmes ! Y’a des chanceux qui ont vu Metallica ici ou quoi ?!" Mais ils se planquent où ces gars, dans les coulisses ?...
nLa parole sera reprise quelques minutes plus tard pour demander à la régie de faire le noir total sur scène, et laisser les scintillements des briquets s’exprimer sur le piano de Goodbye Stranger des Supertramp. Féérique.
Et là on se dit "enfin un peu d’obscurité, histoire qu’on y voit mieux…".
Et c’est vrai qu’on s’en ramasse plein les mirettes, comme des gamins.
Et c’est vrai que les groupes électro sont forts pour ça.
Qui aurait cru qu’on puisse faire autant d’effets de lumières, de combinaisons graphiques seulement avec un rideau de perles en fond de scène. rnOn est un peu plus sceptique face aux deux murs d’ampli Marshall montés de chaque côté des platines. A quoi peuvent bien servir ces accessoires, sachant que Justice n’est pas le genre de groupe à sortir les instruments en caisses et en cordes sur scène. Mais on est au spectacle, n’est-ce pas ? Tout ne nous est pas révélé du premier coup. Encore un peu de patience, les enfants, et vous comprendrez que tout n’est qu’illusion. Les Marshall sont en fait des écrans lumineux ; la simple estrade des platines dissimule en fait un piano ; et ceux que nous avons pris pour des dieux de l’électro headbanguent leurs longs poils comme des rock stars (ah oui c’est vrai, ils sont fans…) !
Tout ça est magique. On a envie de se laisser entraîner, happé par ce feu d’artifice, sur les grosses basses hyper rythmées, sur ces accélérations et changements de tempo soudains dans les transitions, sur ces pauses sourdes juste avant les reprises explosives.
Mais en jetant un œil au public, je me dis que non, finalement, je vais rester où je suis, parce que franchement ça manque de jus. Où sont passées les fringues délirantes, les bâtons de plastiques fluorescents à se mettre autour de la tête ou à mâchouiller ? Les Arènes sont quasi pleines, mais très peu de bras sont levés et les jumps sont timides.
Ah ouais, compris…. Nous voici en présence d’un public de clubs et pas de rave.
Et pourtant il y aurait de quoi faire… Dans un concert électro, on ne vient pas admirer des bêtes de scène, non. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’à part une super choré lumière, il n’y a pas grand-chose d’autre à voir. La plupart du temps les DJs sont plongés dans le noir, et seul leur son nous atteste de leur présence ; et Justice n’échappe pas au châtiment. En lot de consolation, nous avons droit d’être en extase devant la croix, leur logo désormais mythique.

Et ils en jouent de cet aspect mystico-religio-tendance. Depuis leur entrée sur scène, sur un funèbre Toccata et Fugue de J.S. Bach sublimé par de vives lumières blanches en contre-jour version The Exorcist, jusqu’aux platines se transformant en orgue, et aux lumières bleues d’église sur lesquelles nos deux acolytes se figent, comme marquant un instant solennel.
Même si cette tournée fait la promo du deuxième album du duo Audio, Video, Disco (2e si on met de côté leur live gravé sur galette), on ne peut que se délecter d’entendre les premiers beats de D.A.N.C.E. , qu’ils revisiteront à une nouvelle sauce bien sûr. Le morceau a fait le succès de ces frenchies passés maîtres de l’électro à travers la planète. On aura également droit à un DVNO magistral, où comment changer des rythmes de fous en un slow version house !
We Are Your Friends sera aussi de la partie, moment opportun pour partager quelques rimes avec l’assistance qui aura eu du mal à rendre ces heures chaleureuses, malgré la qualité du show.
Tout doucement, les rappels viendront à leur tour, et les lasers continueront à fendre les pierres des Arènes jusque tard.
C’est toujours un grand moment de tourner dans ce lieu chargé d’Histoire, et, voulant faire honneur aux duels que ces pierres ont contemplés pendant des siècles, on attend chaque fois à être ébloui par le spectacle qui se déroulera devant nos yeux. Et c’est notre vœu le plus cher pour cette soirée électro.

Et tout le problème est là. Pour que les jeux de lumières, les néons et autres lasers virevoltants fassent leur petit effet, il faut que tout le décor soit plongé dans l’obscurité. Or, en cette journée de juillet caniculaire, le soleil veut profiter de la partie, et il faudra attendre la fin du set de 2ManyDJs pour commencer à être baigné dans l’ambiance.
A préciser également que le concert est filmé, et qui dit tournage dit projos supplémentaires… tu parles d’une ambiance….
Et pour démarrer côté son, on remarque que le fabuleux Nightcaall de Kavinsky, figurant sur la B.O. du film Drive, est une valeur des plus sûres puisqu’il est mixé à plusieurs reprises dans la soirée.
Tiens… une légère envie de rouler la nuit, lumières artificielles, fenêtre ouverte, gants en cuir….
D’autres grands classiques ont aussi droit à un ravalement de façade, comme le très surprenant Cactus de Dutronc ou le langoureux I Feel Love de Donna Summer. Ces vieux de la vieille racolent à chaque fois de nouveaux spectateurs vers le devant de la scène.
Les Arènes se remplissent lentement.
Jusque-là le son est bon, les spectateurs s’échauffent. Les gars de 2ManyDJs font bien leur job mais l’ambiance reste encore fragile. Encore quelques minutes est ce sera une explosion lorsque la tête d’affiche fera son entrée. Enfin, espérons qu’on ne soit pas complètement retombé parce que le changement de set s’annonce assez décalé.

Habituellement, on nous fait patienter avec des morceaux aux styles musicaux ayant un rapport direct avec le thème de la soirée. Mais ce soir Queen, Deep Purple, AC/DC, Nirvana et autres basses bien lourdes résonnent sans honte entre ces pierres, et c’est apparemment tout à fait naturel puisque bon nombre de clubbeurs reprennent en cœur certains des plus gros sons du Rock… Ok, très bien, nous sommes face à un échantillon ouvert d’esprit et capable d’une adaptation fulgurante sans se poser de questions. C’est certainement moi qui suis trop réac…
Un Guitar Hero géant juste pour le délire ? Non, ce mystère sera levé à la fin du concert, lorsqu’il sera révélé que, en même temps que l’équipe technique opérait le changement de scène, c’était bien une des premières parties qui "mixait" quelques-uns des standards que les gars de Justice aiment bien.
Et puis, il aurait été dommage de passer à côté de l’inévitable clin d’œil : "Eh Nîmes ! Y’a des chanceux qui ont vu Metallica ici ou quoi ?!" Mais ils se planquent où ces gars, dans les coulisses ?...
nLa parole sera reprise quelques minutes plus tard pour demander à la régie de faire le noir total sur scène, et laisser les scintillements des briquets s’exprimer sur le piano de Goodbye Stranger des Supertramp. Féérique.
Et là on se dit "enfin un peu d’obscurité, histoire qu’on y voit mieux…".
Et c’est vrai qu’on s’en ramasse plein les mirettes, comme des gamins.
Et c’est vrai que les groupes électro sont forts pour ça.
Qui aurait cru qu’on puisse faire autant d’effets de lumières, de combinaisons graphiques seulement avec un rideau de perles en fond de scène. rnOn est un peu plus sceptique face aux deux murs d’ampli Marshall montés de chaque côté des platines. A quoi peuvent bien servir ces accessoires, sachant que Justice n’est pas le genre de groupe à sortir les instruments en caisses et en cordes sur scène. Mais on est au spectacle, n’est-ce pas ? Tout ne nous est pas révélé du premier coup. Encore un peu de patience, les enfants, et vous comprendrez que tout n’est qu’illusion. Les Marshall sont en fait des écrans lumineux ; la simple estrade des platines dissimule en fait un piano ; et ceux que nous avons pris pour des dieux de l’électro headbanguent leurs longs poils comme des rock stars (ah oui c’est vrai, ils sont fans…) !
Tout ça est magique. On a envie de se laisser entraîner, happé par ce feu d’artifice, sur les grosses basses hyper rythmées, sur ces accélérations et changements de tempo soudains dans les transitions, sur ces pauses sourdes juste avant les reprises explosives.
Mais en jetant un œil au public, je me dis que non, finalement, je vais rester où je suis, parce que franchement ça manque de jus. Où sont passées les fringues délirantes, les bâtons de plastiques fluorescents à se mettre autour de la tête ou à mâchouiller ? Les Arènes sont quasi pleines, mais très peu de bras sont levés et les jumps sont timides.
Ah ouais, compris…. Nous voici en présence d’un public de clubs et pas de rave.
Et pourtant il y aurait de quoi faire… Dans un concert électro, on ne vient pas admirer des bêtes de scène, non. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’à part une super choré lumière, il n’y a pas grand-chose d’autre à voir. La plupart du temps les DJs sont plongés dans le noir, et seul leur son nous atteste de leur présence ; et Justice n’échappe pas au châtiment. En lot de consolation, nous avons droit d’être en extase devant la croix, leur logo désormais mythique.

Et ils en jouent de cet aspect mystico-religio-tendance. Depuis leur entrée sur scène, sur un funèbre Toccata et Fugue de J.S. Bach sublimé par de vives lumières blanches en contre-jour version The Exorcist, jusqu’aux platines se transformant en orgue, et aux lumières bleues d’église sur lesquelles nos deux acolytes se figent, comme marquant un instant solennel.
Même si cette tournée fait la promo du deuxième album du duo Audio, Video, Disco (2e si on met de côté leur live gravé sur galette), on ne peut que se délecter d’entendre les premiers beats de D.A.N.C.E. , qu’ils revisiteront à une nouvelle sauce bien sûr. Le morceau a fait le succès de ces frenchies passés maîtres de l’électro à travers la planète. On aura également droit à un DVNO magistral, où comment changer des rythmes de fous en un slow version house !
We Are Your Friends sera aussi de la partie, moment opportun pour partager quelques rimes avec l’assistance qui aura eu du mal à rendre ces heures chaleureuses, malgré la qualité du show.
Tout doucement, les rappels viendront à leur tour, et les lasers continueront à fendre les pierres des Arènes jusque tard.
Signature : tiziana annesi
le 02/08/2012
Envoyer un message à tiziana annesi
Voir toutes les critiques de concert rédigées par tiziana annesi
le 02/08/2012
Envoyer un message à tiziana annesi
Voir toutes les critiques de concert rédigées par tiziana annesiPhotographe : sylvain cabaret
Envoyer un message à sylvain cabaret
Voir toutes les critiques de concert photographiées par sylvain cabaret

le 11 Juillet 2012 - Arènes de Nîmes (par The Duke Of Prunes)

le 18 Juillet 2012 - Nyon (Suisse) (par Lionel Degiovanni)

le 30 Juin 2012 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort (par Fredc)

le 29 août 2008 - Domaine National de Saint-Cloud, Paris (par Pierre Andrieu)
Arènes - Nîmes

le 11 Juillet 2012 - Arènes de Nîmes (par The Duke Of Prunes)


















