Critique de concert Jazz Sur La Ville Jour 2 : Edmond Hosdikian & Laurent Luci feat. Yvan Osscini


Pour la première fois depuis longtemps je fais une infidélité à la soirée Japan Gourmet MachineChose de Lollipop. Mes beaux parents ayant tout juste atterri, nous préférons les emmener faire le tour des ateliers ou galeries qui participent aux POC (Portes Ouvertes Consolat) plutôt que de les emmené manger de délicieux mets asiatiques (qui ne sont malheureusement pas de leur gout). Nous commençons narcissiquement par la Maison du Chant qui accueille cette année encore quelques unes de nos photos de concerts.

Nous manquons de nous faire piéger par la combinaison apéro offert / concert improvisé (par XX et YY) et nous descendons le boulevard Longchamp (un ludothèque bien sympa, des ceintures couleur or, de jeunes enfants qui essaient de salir nos vêtements en se la jouant Pollock, un parallèle gorille / théâtre, ...) pour nous rendre à la la triplette infernale PIM-Kollectiv'Mode-Meson. Nous y picorons gaiement entre sculpture, photos, peintures, et trucs avant de nous résoudre à enfourcher nos montures (enfin celle de la boite de pub qui a fait payer la ville pour que nous puissions les louer de 6h du mat' à minuit) direction Le Rouge Belle de Mai

Première fois que j'y mets les pieds. Je suis frappé par le côté "Brooklyn" du lieu. Je le dis à la propriétaire du lieux qui me regarde en souriant en me disant qu'on lui a déjà dit que cela faisait très "Berlin" ou "Queens". C'est assez grand (en tout cas haut de plafond), industriel, brut, néons, chaines formant un rideau qui cache la porte des toilettes, il y a une grand cuisine apparente, des tas de trucs exposés, ... et surtout c'est un peu perdu au milieu de nulle part. En dehors de la station vélo où nous laissons les notre, pas âme qui vive en ce vendredi soir. Vu que les musiciens sont en train de blaguer dehors, nous commandons une de ces assiette gourmande et une bière pour patienter. Le lieu est plein sans être bondé ... je me demande si les gens sont là pour le concert ou pour le lieux (fausse question puisque Le Rouge programme essentiellement du jazz).

Un peu après 21h nous sommes attirés vers le sous-sol, non pas par des instruments mais par un bruit de marteau. Comme tout le monde nous descendons, et nous nous retrouvons devant le dos très bariolé de Yvan Osscini qui lui se tient devant un plaque de placoplatre sur laquelle figure un certain nombre de dessins réalisés au cutter. En frappant avec son petit marteau il en enlève des morceaux de façon à avoir un dessin blanc sur le fond bleu qu'il a peint au préalable. Une petite dizaine de minutes après Laurent Luci et Edmond Hosdikian font leur entrée et se place chacun d'un côté du tableau en cours de réalisation.

Pendant tout le concert, une photogrpahe prend des tas de photos avec flash ... l'espace est grand mais ça n'aide pas à rentrer dedans. C'est Laurent qui attaquera à la guitare avant d'être rejoint par le saxophone de Edmond. Moi qui parfois reproche aux concerts un peu trop expérimentaux / free leur manque de visuel, je trouvais l'idée très bonne, mais finalement j'ai été un peu déçu. Rien à dire au niveau musical, mais plutôt au niveau du tableau dont l’exécution était un peu trop scolaire à mon goût. En effet tout était préparé à l'avance : pré-découpe laissant deviner le résultat final, autocollants, décalcomanie, deux assistants (dont la photographe)pour décoller les protections des autocollants ... et même le modèle posé au pied de la plaque pour être sûr de ne pas se tromper (c'est ce dernier point qui m'a fait sortir du truc).

Yvan confiera lui même à la fin que d'ordinaire il lui faut plusieurs jours pour réaliser une telle œuvre ... là dans sa précipitation (et son urgence de ne pas trop finir après mes musiciens) il donnera l'impression de réaliser une œuvre en kit, plutôt que de créer ... tout le contraire des musiciens qui bien qu'arrivés avec des partitions donneront libre court à leur imagination (jazz - on est là dans le cadre du festival Jazz sur le Ville -, expérimental avec micro dans la bouche, blues aussi !). Finalement pas énormément d'interaction entre le concert et la sculpture 2D ... en dehors du fait que Yvan tape de temps en temps sur un micro placé sous le tapis pour faire plus de bruit ... D'ailleurs à la fin celui ci se sentira même obligé de nous expliquer le rapport avec le concert (ici une guitare, là un saxo ...)

Je passerai tout de même un bon milieu de soirée et en sortant j'aurai tout loisir d'admirer d'autres œuvres signées Osscini comme de jolis extincteurs customisés en haut des escaliers ! Nous ne trainerons pas trop, soucieux de retrouver "nos" vélos pour nous rendre à nouveau au PIM-Kollectiv'Mode où autour d'un bon morceau de pizza nous ferons un brin de causette ...
Plus de photos par Pirlouiiiit en cliquant ici (pour le concert) et là pour les POC
Signature : pirlouiiiitle 08/10/2012
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Photographe : pirlouiiiit
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