Critique de concert Lewis Floyd Henry + Vinnie Who + Group Rhoda + Michael Kiwanuka + Magnifico + Saidah Baba Talibah (Trans Musicales de Rennes 2011)



Après le très beau lancement des Trans Musicales 2011 avec la création Kütu Folk Records à l'Aire Libre, place à la première journée officielle du précieux festival rennais, avec deux séries de concerts programmés le jeudi 1er décembre à la salle de la Cité et au Liberté... Grâce à cela, cette journée d'automne pluvieuse sera illuminée par des découvertes éclectiques et souvent réjouissantes, malgré quelques petits ratages inhérents à la prise de risque d'une programmation 100% nouvelle. Compte rendu :

Group Rhoda
Les choses commencent pianissimo avec le timide concert de Group Rhoda dans une salle de la Cité clairsemée, pas très démonstrative et visiblement dubitative sur cette découverte... La musique de cette artiste se présentant en live avec un micro, une boite à rythmes et un synthé Moog est pourtant planante, psyché et se situe joliment à la frontière entre électro, rock expérimental et pop synthético barrée. Là où le bât blesse, c'est que Group Rhoda joue trop tôt dans une salle hyper calme et propose des titres très proches les uns des autres sans aucune présence scénique. En bande originale d'un film mystérieux comme le très bon Drive ou avec un peu plus de pratique scénique et dans une salle plus chaude, cela pourrait le faire. Mais là, c'est un peu raté quand même, il faut le dire...

Michael Kiwanuka
Changement de registre juste après - Michael Kiwanuka pratique une sorte de blues 'n jazz folk - mais pas de résultat, même si le public participe plus et semble apprécier l'univers de ce jeune Anglo-Ougandais. Malgré la qualité de la voix et un groupe sonnant plutôt classe, tout cela manque un peu de vie, d'inspiration et de nerf. Assez rapidement le show de Michael Kiwanuka apparait comme insipide, plat et trop professionnel...

Saidah Baba Talibah
Ensuite, direction le Liberté, une sorte de mini Zénith en centre ville, pour le dramatique concert de Saidah Baba Talibah... Cette fringante et tonique Danoise aux formes généreuses (et moulées dans un très " classe " legging noir) en fait des caisses vocalement pour vociférer une sorte de hard pop rock FM réellement détestable : riffs et solos de guitares pourris - à la Slash de Guns 'n Roses, ce genre de trucs affligeants ! -, morceaux lourdingues à souhait (slow sirupeux ou hit singles putassiers à mort). C'est salement in – sup – por – table ! Le summum du chiant étant atteint avec une présentation des musiciens où chacun y va de son solo moisi, le tout agrémenté d'assez pathétiques tentatives pour faire participer le public, genre stadium rock. Passons à autre chose s'il vous plait !

Vinnie Who
Après, c'est au tour Vinnie Who de débouler sur scène pour y délivrer la bonne parole électro pop 'n groove... Le groupe danois se lance dans un set truffé de mini tubes (pouvant très vite devenir énormes !) truffé de synthés clinquants, de basses groovy, de gimmicks ultra sexy et de voix féminines haut perchées (en fait c'est un homme qui chante, on n'avait pas remarqué ni à son physique ni à ses cordes vocales, c'est sans doute fait exprès...). Cela pourrait être une version acceptable de Mika ou des Scissor Sisters – que l'on n'apprécie pas du tout, et c'est un euphémisme, car trop FM, consensuels et prévisibles - , un truc idéal pour danser, faire la fête et aller vers les autres dans une ambiance gay friendly. Certes, il y a bien quelques titres un peu faiblards, mais globalement le show proposé sur scène est frais, joyeux, remuant et jubilatoire. Sur disque, l'effet est beaucoup moins réussi, c'est assez lassant en fait, mais en live, ça pète grave !

Lewis Floyd Henry
On tire un grand rideau pendant le démontage et le remontage du matériel et un quasi sosie d'Hendrix se pointe immédiatement devant celui-ci, avec son tabouret, sa guitare et sa mini batterie... Et là, c'est le choc ! Non content d'avoir un jeu de guitare évoquant l'immense Jimi (en plus punk, plus crade et moins virtuose), le gars a également des cordes vocales pouvant évoquer un fils caché du légendaire et regretté musicien noir américain. Et le public du Liberté se fait prendre et retourner comme une crêpe par des morceaux de blues magistralement dégueulassés avec du rock 'n roll, du punk, du métal et du hip hop. En solo, assis sur l'avant scène et dans une salle immense, Lewis Floyd Henry arrive malgré tout à casser la baraque !

Sa voix sature à mort, sa guitare hurle méchamment, sa batterie frappe sèchement (parfois à côté mais on s'en contrefout) et le mélange des trois administre une magistrale claque rock et roll. Cerises sur le gâteau, notre homme est looké comme un prince sixties, il possède un charisme naturel et un incroyable sens du spectacle (il joue avec ses dents et sait varier les styles, pour transformer son blues rock 'n rool en punk hystéro ou en hip hop heavy... ). Pour couronner le tout, il bénéficie d'une sacrée gouaille : " j'ai un dernier morceau pour vous, chanceux enculeurs de mamans (traduction de Lucky Mofos) ". Et bing, c'est parti pour un sauvage cocktail de hip hop 'n roll. Cet infernal one man band dégage plus d'énergie que de nombreux groupes composés de 5 ou 6 musiciens ! A voir absolument en live !

Magnifico
On enchaine avec Magnifico, un groupe slovène qui fait une sorte de rock 'n électro world tzigane, festif et rythmé... Le leader chanteur guitariste Robert Pešut, sorte d'Emir Kusturica habillé en blanc, arrive sur les planches en jouant un riff western, puis ses musiciens le rejoignent pour usiner des titres très accrocheurs et intégrant une foultitude d'influences disparates : reggae, musique d'Europe de l'Est, hip hop, électro, rock, folk... C'est amusant et agréable à regarder quelques morceaux mais rapidement ça tourne en rond. Le côté caricatural façon " rock gypsy déjà vu " devient vite fatigant. C'est sans doute le bon moment pour aller se reposer afin d'être en forme pour la suite des Trans Musicales, non sans avoir fait un petit tour par l'incroyable rue de la soif rennaise, une attraction toujours impressionnante. Décidément, Rennes a beaucoup d'atouts pour séduire début décembre !

Liens : www.lestrans.fr, www.flickr.com/photos/transmusicales (les photos sont toutes extraites de ce site)...
Signature : pierre andrieule 02/12/2011
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le 3 décembre 2011 - Salle de la Cité et Parc Expo, Rennes (par Pierre Andrieu)

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le 2 décembre 2011 - Parc Expo, Rennes (par Pierre Andrieu)

le 1er décembre 2011 - Le Liberté, Rennes (par Pierre Andrieu)

le 30 novembre 2011 - L'Aire Libre, Saint Jacques de La Lande (par Pierre Andrieu)

le 20 février 2012 - La Maroquinerie, Paris (par coline)

le 1er décembre 2011 - Le Liberté, Rennes (par Pierre Andrieu)
Salle de la Cité et Liberté, Rennes

le 1er décembre 2011 - Le Liberté, Rennes (par Pierre Andrieu)
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