Critique de concert Lilly Wood and the Prick + Curtiss


Prenons un groupe lauréat de la Révélation du public aux Victoires de la Musique, une salle tellement complète qu’il faut s’armer de patience pour rentrer, deux détails sur scène qui annoncent la couleur et un décor soft mais rappelant l’identité du groupe et voici qu’apparaissent sur scène Lilly Wood and the Prick.

A l’expiration de la première note de l’Hymn to my invisible friends, la quasi hystérie générée par l’arrivée sur scène du groupe s’arrête net. Dans la semi-obscurité, on est hypnotisé, les regards des uns et des autres disent tous la même chose : Quelle voix ! Un peu éraillée comme on les aime, bluffante par sa présence. L’Espace Julien se tait et écoute.

Lilly Wood & the Prick sont rock et semblent cultiver cette attitude rebelle. Ils sont jeunes mais ont l’habitude des scènes. Dress code : jeans décliné en pantalon et chemise pour ces messieurs, petite combi short pour mademoiselle et des échanges chaleureux avec la salle.
Les détails évoqués plus haut étaient de bonne augure : un mégaphone pour que tous sachent que non, elle ne veut pas de cette vie bien rangée dont on nous rabat les oreilles (No no kids) et des serviettes éponges pour absorber toute cette transpiration générée.

Parce que notre chanteuse ne s’arrête jamais. Pendant près de deux heures, on n’a d’yeux que pour elle. Tour à tour bassiste sur Cover my face, au tambourin de nombreuses fois, au keytar sur la populaire Down the drain, Lilly Wood envoie du lourd, secoue la tête, plaisante avec le public, le met au défi de sauter, de danser, le somme d’accorder ses violons marseillais pour scander le Somewhere to go de Little Johnny. Bonus du live : un petit rap à la manière d’Anthony Kiedis des Red Hot.

Le public suit les consignes des musiciens, accompagne le batteur dans la rythmique, fait office de chœur pour la fin de Little Johnny en acoustique et " jump " sur My best plus énergique que la version studio et pimentée par une conclusion en rythmes afros.

Les musiciens ne sont pas en reste. Pas de présentations officielles ni de solo extraordinaires mais des échanges d’instruments : le bassiste passe au clavier pour que la guitare folk apparaisse. Le temps d’une prière en do (Prayer in C) il se fait flûtiste. Le batteur jongle avec balais et mailloches. Benjamin Cotto, deuxième membre de Lilly Wood & the Prick, passe du clavier à la guitare et demande discrètement au public de l’accompagner.

La set list est cohérente et prend en compte les besoins de faire retomber la température. Après avoir fêté le beau temps sur une reprise de L.E.S. Artistes de Santigold, on se calme avec A time is near, suivi de Cover my face et Love song. Les amoureux sont invités à s’embrasser avec la langue. Bien sûr, ils préfèreront chanter vers le micro tendu par le groupe et communieront ainsi avec les cinq musiciens alignés sur scène face à nous.

Un bon concert en somme. Sueurs, public sur ressort, sauts, chœurs, balades, énergie et remerciements chaleureux de part et d’autre de la scène.
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Signature : gabrielle olga
le 02/04/2011
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Photographe : pirlouiiiit
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