Critique de concert Lisa Germano + Eleni Mandell + Maria McKee (Les Femmes S'en Mêlent)


Eleni Mandell
Eleni Mandell commence son spectacle toute seule en jouant sobrement des accords jazzy sur une mini guitare. La troublante jeune femme est de passage à Paris pour défendre son cinquième album en quatre ans, Country For True Lovers. Dès le début, sa voix, ses chansons et son attitude font pressentir qu’on va apprécier cette artiste underground américaine. Eleni Mandell a des intonations dans la voix qui évoquent P.J. Harvey et Cat Power, ses morceaux sont traversés par les influences prégnantes de la country, du blues et du rock.

Accompagnée par un groupe appliqué, elle varie les ambiances et plaisante volontiers entre les morceaux… L’accueil chaleureux du public français la touche tant qu'elle se propose de prendre des cours de french kiss après le spectacle ! Cette artiste naturelle, authentique et inspirée mérite assurément une audience plus large.

Lisa Germano,
La soirée continue dans un registre différent avec Lisa Germano, seule au piano… Après un faux départ assez drôle provoqué par un piano récalcitrant, l’Américaine a joué ses nouvelles chansons - réussies - au public recueilli et conquis du Café de la Danse. Si les atmosphères sont toujours torturées et tristes, Lisa Germano déclare au public qu’elle a changé d’état d’esprit… Elle n’a plus envie d’en finir avec la vie, les jours sombres sont désormais derrière elle. Au cours de ce concert, Lisa Germano a chanté ses morceaux avec une voix poignante sur des orchestrations dépouillées à la guitare et au piano. Elle a reçu un accueil très favorable parmi le nombreux public.

Maria McKee
Dès les premières minutes du concert de Maria McKee, on se rend compte que cette Américaine en fait trop à tous points de vue. Elle chante de manière grandiloquente en faisant des grands gestes et semble très contente de son travail… Il faut dire que, de manière inexpliquée, le public se lance dans des tonnerres d’applaudissements à la fin de chaque chanson. L’absence de sept années sur les scènes françaises ne semble pas avoir été mise à profit pour épurer le son, bien au contraire. La country/folk à tendance commerciale de Maria McKee paraît de plus en plus boursouflée au fil du concert. La chanson extraite de la B.O. du film de Quentin Tarentino, Pulp Fiction, et ses plus grands tubes, Breathe et Dixies Storms, n’y changeront rien : la demoiselle manque cruellement de pertinence dans le choix de ses interprétations !
www.elenimandell.com
www.lisagermano.com
www.mariamckee.com
(Photos : Nicky P., Toni Wells, James Frank Dean)
Signature : pierre andrieule 01/05/2003
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