Accueil Chronique de concert Los Irritones (+ Conger ! Conger !)
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Chronique de Concert

Los Irritones (+ Conger ! Conger !)

Los Irritones (+ Conger ! Conger !) en concert

La Machine à Coudre, Le Lounge, Marseille 17 octobre 2009

Critique écrite le 18 octobre 2009 par Philippe


Pendant ce temps-là à la Fiesta des Suds, le pauvre Ysae, un Anis sans alcool, l'assez insignifiante Izia et le gentil et castafioresque Charlie Winston, nous n'avons évidemment pas raté grand-chose en restant fidèles à nos habitudes noaillesques... Certes, que le monde n'ait pas besoin d'un nouveau groupe de punqueroque marseillais composé des mêmes requins de balèti que d'habitude, c'était une autre évidence. D'autant qu'il s'y ajoute cette fois-ci une dernière : celle qu'il était enfin inutile voire malséant, d'ajouter à la confusion générale un nouveau groupe finissant par -Tones (après les Ash, Under, Def, Flesh, Fuzz et compagnie). On est d'ailleurs tombés, en recherchant récemment à plusieurs à se rappeler du nom de ce nouveau groupe, sur le nettement plus facile à retenir... Hémorroïtones, curieusement pas retenu au final et pourtant pas si bête quand on a l'ambition simple et louable de pousser son public au cul.


Quoi qu'il en soit, ils ont beau avoir déjà écumé et épuisés entre 3 et 5 groupes chacun (enfin à notre connaissance, et sans compter leurs groupes de lycée), ils n'en ont toujours pas marre de nous ramoner les esgourdes et on ne va pas s'en plaindre, les 4 kids de ce soir, Los Irritones, assemblés dans l'entrée de la Machine à Coud' avec l'air un peu speed : Olivier, Polo, Miguel et Rudy, autant de mercenaires dont j'ai autre chose à foutre que de recopier entre balises "b" la longue discographie, qui remonte pour certains au siècle dernier et que ceux qui lisent ceci par désoeuvrement doivent d'ailleurs déjà connaître par coeur. Bref c'est un super-groupe, comme on dit de ces assemblages improbables de stars sur le retour, et la seule question est de savoir s'ils ont une ou deux idées et s'ils ont bossé, ou ne font ça (comme d'habitude) que pour nous vider les poches et nous remplir les étagères avec de nouveau vinyles transparents remplis de titres nonsense.


En tout cas on les retrouve tous trépignants d'y aller, et flippés quand même, on les comprend, devant une assemblée à moitié composée de gens qu'ils ne connaissent pas, et à moitié de gens qui les détestent. Avec une préférence marquée pour les seconds, semble-t-il. Apparemment le frontman n'a pas réussi à convaincre tous ses pairs de renoncer à leur élégance naturelle pour chausser un tricot blanc avec un point noir (ce qui s'apparentait pourtant à une louable tentative de leur donner une identité visuelle post-Devo). Cela étant, les deux gentlemen tenant des instruments à corde semblent aussi se répondre, par leurs dégaines et chemises élégantes et leurs instruments presque semblables, estampillés Rickenbacker... Peut-être qu'une prochaine fois ils arriveront à s'habiller tous pareil, qui sait ? Je pense quand même que c'est pas gagné, du tout.


Bon, musicalement, c'est au point et très bien en place (en effet, il valait peut-être mieux jouer 16 très bonnes minutes que 35 approximatives !), ça sonne étrangement un tout petit peu comme les Hatepinks à la voix, les A-Phones à la batterie, l'Aggravation à la basse et Holy Curse à la guitare. Autrement dit ça défouraille sévère, donnant l'occasion à quelques jeunes gens de se friter la couenne dans la salle, quand le chanteur ne vient pas lui-même y provoquer des bousculades...ou y casser une canette de bière comme un vrai rebelle et un vrai idiot (alors que la rumeur disait que la salle était ce soir-là en partie garnie de policiers en goguette venu applaudir le groupe suivant). Cela étant il faut reconnaître que c'est à ce point précis que l'ambiance a effectivement décollé, poussée par un son réglé, il faut le signaler, au poil près !


On croira même à un moment entendre un mini-solo de guitare, idéalement placé dans cette assez foudroyante tornade de 7 titres totalement inédits. Les chansons y sont en effet basiques et néanmoins bien construites, chez Los Irritones, y'a un peu de ce qui sonne ou sonnait le mieux dans les 4 groupes pré-cités, ne leur parlez pas de Jesus ou de prétention et tout ira pour le mieux ! Au fait, je n'ai jamais prétendu être capable de photographier 4 pois sauteurs dans une cocotte-minute avec un appareil photo de poche, on voudra bien me pardonner ces illustrations... Qui ne sont dûes évidemment qu'au fait que notre sémillant photographe Pirlouiiiit est ce soir retenu, hé hé, à la maternité ! J'en profite pour souhaiter la bienvenue à Lucie (et non pas Polly Jean comme le réclamait l'ensemble de Liveinmarseille), qui aura elle aussi un jour, je l'espère, le plaisir de fouler le sol et pourquoi pas le plafond de notre Machine à coudre à nous.


Salle qui accueillera vraisemblablement à ce moment-là, le 453ième groupe de punqueroque de son existence, un truc avec un Olivier définitivement chauve sauf de la queue de cheval qu'il caressera amoureusement, un Polo tout sec aux cheveux tombant sur ses épaules de vieux hippie barbu, et deux Rudy et Miguel ventripotents et aux cheveux également grisonnants et rares... reprenant un vieux tube oublié appelé Bored on pills devant une assemblée de trentenaires ronds comme des queue de pelle (à savoir, les jeunes cons d'aujourd'hui, avec 15 ans de plus). Bref, après 16 minutes de bonheur, c'en était déjà fini de ce premier set historique de Los Irritones, court mais extrêmement plaisant, marqué par un plaisir évident des musiciens à jouer ensemble dans un nouveau projet.


Après s'être aperçu sur la set-list que le rappel, que nous croyions avoir bien mérité à les insulter, était parfaitement prévu dès le départ par ces saloperies de rock-stars, on ne pourra pas rester pour la suite - nos amis coincés en TGV ayant fini par arriver à Marseille. Désolé pour les autres groupes donc... Mais pour avoir croisé 2 Irritones un peu hagards le lendemain matin vers 13 heures, il semble que la soirée se soit bien terminée (tout comme la nôtre avec un concert, comme toujours marquant, des très exigeants Conger ! Conger ! au Lounge). Bienvenue au petit dernier des groupes de punqueroque donc : ils sauront à n'en pas douter faire économiser des frais de chauffage à Claire et J2P par leur simple présence au cours de futures soirées d'hiver à la rue Roque.



Ah, pis merde alors, il est tard et je suis fatigué mais je m'aperçois que ça fait 2 fois que je vois, apprécie et ne chronique pas Conger ! Conger !, et ça c'est quand même pas professionnel du tout, du tout. D'autant que ce groupe, certes jouant ce soir-là dans un Lounge un peu creux (mais devant quelques groupies bien allumé(e)s quand même !), avait mis le feu la dernière fois à une Maison Hantée en délire, failli déclencher une baston entre filles (généralement les pires...) et recueilli des hurlements de bonheur généraux à la fin de son set. Déclenchant dans le public une soif intextinguible, que des litres de punch n'ont pas réussis à apaiser ensuite...


L'étrange trio (dont le chanteur est notamment mais pas que, rescapé d'un groupe lycéen antédiluvien, Tarif Réduit), pratique un rock à la fois aussi bestial, et à la fois nettement plus expérimental que les précédents ci-dessus. Conger ! Conger ! est donc moins facile à apprivoiser, se situant quelque part entre le punk noisy de The Ex, le krautrock de Gomm, les stridences de Fugazi et les dissonances de Sonic Youth. Ce chanteur-batteur aux yeux fous, star incontestable du groupe, alterne les chuchotements, gémissements et hurlements bestiaux, et déchaîne les enfers dans des longs morceaux apocalyptiques - il est proprement fascinant.


Alors non, c'est pas franchement sexy (quoiqu'il semble que le leader plaise...), mais c'est du très, très lourd, chaudement recommandé et estampillé révélation LiveinMarseille / Automne 2009, amateurs de sensations nouvelles et autres MikePattoneries, allez les voir, sans déconner, les Congre ! Congre ! ont un batteur/chanteur en avant comme les Defenestrors, ils sont seulement trois et les deux autres aussi sont excellents, ils déchirent leur race et vont vous scotcher au plafond. Une autre fois, ils auront droit eux aussi à une vraie chronique et aussi, espérons-le, de vraies photos !

Une ou deux vidéo-souvenir ? Irritones & Conger ! Conger !

> Réponse le 19 octobre 2009, par anonyme

il y avait aussi: Simpletones http://www.myspace.com/thesimpletonesofrosemead, ou Rollings Tones  Réagir


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