Accueil Chronique de concert Louis Bertignac à la Fiesta VS Jean Louis Aubert au Dôme
Samedi 21 septembre 2019 : 14429 concerts, 25681 chroniques de concert, 5264 critiques d'album.

Chronique de Concert

Louis Bertignac à la Fiesta VS Jean Louis Aubert au Dôme

Louis Bertignac à la Fiesta VS Jean Louis Aubert au Dôme en concert

Docks des Suds vs Le Dôme - Marseille 18/10/11 vs 10/11/11

Critique écrite le par

Les ex Telephone passant à même pas un mois d'intervalle dans la cité phocéenne, la comparaison n'était pas préméditée, mais elle était inévitable. Un compte rendu comparatif s'imposait donc. Pas pour compter les points ou affirmer que l'un est meilleur que l'autre. Car une chose est certaine, ces deux artistes sont au top dans leurs styles propres. Deux manières d'envisager l'après Telephone, lourd héritage s'il en est, deux visions du Rock, deux cheminements différents, deux routes parallèles, mais une seule sincérité, une même intégrité dans la démarche personnelle.rnrnPour avoir déjà vu Aubert au Dôme en 2006, je savais qu'il était plus dans la veine pop que rock, plus chanson française qu'inspiration anglaise. Ce qui ne m'avait pas empêché de prendre une royale claque pendant 2h50 de show, une énorme surprise alors.Pour n'avoir jamais vu Bertignac avant cette soirée de la Fiesta des Suds, je ne me doutais pas que ce dernier avait pris un virage plus rock que pop, et que sa solide culture anglo-saxonne éclipsait en grande partie l'influence hexagonale.Du coup, en 2011 c'est Louis Bertignac qui m'a scotché la face ! Je ne m'attendais pas à une telle énergie positive, à une telle maitrise technique, à un tel hommage à ses racines musicales... La reprise des Who en fin de set, rien que celle là, elle m'a fait jubiler ! Que dire alors de la cover de Led Zep, "Whole lotta love", rageuse au possible, même si vocalement ce n'est pas comparable à l'original bien sur, mais il n'a pas cherché à singer Plant. Sans oublier une reprise des Stones qu'on entend rarement, "Dead flowers", ainsi que plein de clin d'oeil disséminés tout au long du live, tels le "Redemption song" de Bob Marley ou le "Wild world" incomplets, le surprenant "Luka" de Suzanne Vega à la gratte sèche, l'intermède "So Lonely" de Police inclue dans "Cendrillon"... On sent que le mec il a grandit avec toute une époque bénie de l'Histoire Musicale, et il nous la ressert avec un plaisir de gamin ultra communicatif. De son coté, Aubert n'oublie pas de montrer que lui aussi a écouté du Rock, mais c'est plus discret et ca ne bouleverse pas son set ni ses fans. Un petit "The passenger" en français, le riff du mythique "Paint it black" des Stones esquissé lors d'une jam, le non moins mythique riff de "Voodoo Chile" du grand Hendrix... et puis c'est tout si je ne m'abuse ! Après, je suppose qu'il a plus d'albums à son actif que son compère, ou plus de singles marquants. Je ne le blâme pas pour ne pas faire plus de covers si ca ne s'inscrit pas dans sa démarche. Inévitablement, les personnes présentes attendent du Telephone, et la question n'est pas de savoir s'ils vont en jouer, mais plutôt lesquelles seront à l'honneur... En assistant aux deux lives, j'ai pu entendre plus de morceaux différents, et ça c'est le pied ! Car il n'y a rien à faire, mais pouvoir écouter "Cendrillon", "La bombe humaine" (accoustique), "Argent trop cher", et consorts, ça me fout les poils et la patate ! Jean louis Aubert n'en a pas joué autant qu'il y a 5 ans (8 à l'époque, l'orgasme !), et sa cover de "Ca c'est vraiment toi" très hachée m'a un peu agacé, par contre "Argent trop cher" a tout cassé avec son gros son rock, "Le jour s'est levé" avec Aubert au piano c'était très beau, et le "Cendrillon" acoustique en troisième rappel a fait chorus dans le Dôme. De son coté, Bertignac nous a livré son "Cendrillon" électrique et un peu réarrangé, sublime. Une "Bombe humaine" seul à la gratte sèche, dont les lyrics ont résonné sous le ciel étoilé d'octobre. Un "Ca c'est vraiment toi" plus cohérent et endiablé. Mais le titre qui explose tout le reste, d'un coté comme de l'autre, c'est "Un autre monde", forcément... On l'a entendu, réentendu, sur-entendu, depuis plus de 25 ans, mais putain, en concert, quel bonheur ! Des publics chauds comme la braise, des combos rock au possible, des moments uniques. Qui renforcent, s'il en etait, l'espoir de milliers de fans pour une hypothétique reformation maintes fois évoquée, jamais réalisée... Pour l'anecdote, Aubert, lors de son "Cendrillon", y a fait allusion, en disant que celle là, ce n'est pas lui qui la chante d'habitude, mais qu'il faudra revenir pour l'entendre (par Bertignac)... Ironie ou présage ? Wait and see... Mais ce qui est grand avec ces deux artistes, c'est qu'ils ont su s'affranchir de leur passé, pour pondre de bien belles compositions en solo. Avec un net avantage pour Aubert, qui à lui seul ramène l'équivalent d'un Dôme plein ras la gueule ! Et, chose assez incroyable par rapport à son compère, le public du Dôme s'enflammait autant pour ses chansons persos que pour celles de Telephone. Quelle bronca lors du diptyque "Juste une illusion"/"Temps à nouveau" ! 8000 personnes debout, un raffut du tonnerre qu'arrivait à peine à surpasser le gros son produit par les musiciens. "Locataire" et "Demain la bas peut être" sont d'autres exemples du succès que connait Aubert en solo. Il m'est plus dur de juger du public propre de Bertignac, car à la Fiesta, entre les divers artistes du soir, les centaines d'invités qui déambulent pour se montrer, ou les curieux venus pour Catherine Ringer en premier lieu, je ne peux affirmer qu'il a un following aussi important qu'Aubert. En tous cas, les compos de son ancien groupe, de même que certaines reprises, foutent largement plus de bordel que les "22m2", "Tziganes et grizzly" ou "Le grand ordinateur". Et il est évident également que les fans d'Aubert sont plus "mainstream" que ceux de Bertignac, plus amoureux de blues et de rock, collant en ça parfaitement à sa musique influencées par ces courants. "Vas y guitare" en est le plus parfait témoin, car dans ce brûlot, il rend hommage aux grands gratteux de l'Histoire, avec des "joue la comme Chuck Berry bébé" et hop un solo à la Chuck, "joue la comme Hendrix bébé" et hop un solo à la Jimi (déluge de notes derrière la nuque inclus !), "joue la comme Jimmy page... comme John lee hooker... comme Keith Richards... comme Eric Clapton... un magnifique morceau qui recèle l'essence de Bertignac. Prouvant par la même que c'est un putain de guitariste, n'ayant rien à envier à ces légendes. Ses soli, toujours inclus dans des morceaux, semblent couler de source, il n'y a aucune démonstration futile, ils sont plaisants à écouter et constituent un plus aux morceaux incriminés. Un vrai toucher, une vraie technique, un vrai feeling. Cela n'a jamais été le cas de Aubert, qui ne s'est jamais revendiqué soliste, même s'il en envoie quelques uns lors du show. Cependant, si les titres de Bertignac touchent moins de monde, ils n'en sont pas pour autant ininteressants, au contraire. J'aime cette lourdeur bluesy de "Frayer..." ou de "Tziganes et grizzly", cette pêche rock pur de "22m2" ou de "Pro", la bonne humeur de "Je joue", et bien sur le monument qu'est "Ces idées là" en live, crescendo intense dans lequel Bertignac monte en puissance dans ses paroles, jusqu'à éructer son désespoir par des "au moins ils me font pas chier ici à Marseille", "j'vais rester là, tu peux crever, tu peux rester où tu es, salope, pas besoin de toi, rien à foutre de toi, oublie moi bébé, va te faire voir ailleurs !" Je sais pas qui était visée, si c'était une certaine Carla, mais en tous cas elle en a pris pour son grade ! Vraiment une chanson sublime. Et encore une fois, ses covers sont sensationnelles ! La patate de ce "We won't get fooled again" en pré rappel ! Et les frissons aux premiers accords de "Whole lotta love"... Excellent.rnrnJ'ai beaucoup moins trippé aux compos récentes de Aubert, qui sont soit anecdotiques ("Lepidoptères" ou "Marcelle"), soit trop mollassonnes, ce qui a crée des hauts et des bas durant les deux heures et demi de prestation. Mais cela reste subjectif, car le Dôme, lui, était à fond tout du long, et respect pour le temps de jeu qui ne peut que ravir les fans. Et encore, il manquait un "Hygiaphone" ou un "New york avec toi". Jean louis était accompagné de neuf musiciens si je me rappelle bien, dont trois cuivres/instruments à vent, et un deuxième batteur qui ne servait à rien, car on ne l'entendait guère, et ca ne donnait aucune puissance supplémentaire à l'ensemble. Et puis quel intérêt de doubler la batterie quand on a à sa disposition un des meilleurs cogneur de fûts qui existent en la personne de Kolinka ?! Qui m'a paru un peu plus sage et en retrait qu'en 2006, hormis pour les trop rares morceaux rock. Les deux autres gratteux assuraient aux soli, et le bassiste roulait bien sa bosse.Ca pulsait donc plus que bien, mais ca n'en pulsait pas moins aux Docks des Suds, où pourtant Bertignac n'était accompagné que d'un batteur et d'un bassiste ! Un trio faisant autant de foin que neuf autres, c'est rock ! Un concentré d'énergie, là où Aubert la délayait dans du piano, un soli de flute traversière et autres touches plus pop. Mais pour conclure, si j'ai préféré l'un à l'autre, c'est totalement subjectif, car les deux sont d'un naturel et d'une simplicité touchants, d'une proximité exemplaire envers les fans. Pas de grosses têtes, juste un immense plaisir de jouer, dans deux styles finalement proches et complémentaires, que l'on ne demande qu'à voir réuni sous une même bannière talentueuse... Car si c'était le fric qui les motivait, ils se seraient reformés depuis longtemps, hors ce n'est pas le cas, et je croise les doigts pour qu'ils reforment Telephone, ne serait ce que le temps d'une tournée, juste pour faire miroiter des milliers d'etoiles dans les yeux de plusieurs générations... En attendant je me console avec le live de Bertignac acheté le soir au merchandising, sur une jolie clé USB. Un moyen original et bien utile pour les fans qui ont aimé le concert, de subventionner l'artiste tout en se faisant plaisir. See you on tour !

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