Critique de concert Louis Ville + Babycart


Un certain photographe bien connu de la scène marseillais indépendante avait un peu insisté et il a bien fait : Louis Ville valait le déplacement ! Chanteur buriné par la route, il a une belle voix grave, on pense souvent à un Arno qui ne roulerait pas ses "R", parfois à Arthur H, voire à Mano Solo (voire même à Philippe Leotard), pour certains intonations joliment gueulardes.

Mais contrairement à ces derniers, il est bien vivant et tourne, avec ses deux guitares en bandoulière et, quand il est à Marseille, un grand verre de Pac à l'eau (ce qui montre qu'il est homme de goût !). A l'instar d'un David Lafore par exemple, on se demande ce qui a manqué à un tel artiste, auteur/compositeur/interprète accompli et avec un univers bien à lui, pour remplacer sur les ondes les flots de dégueulis sonores de la variété française...

Déjà 4 albums à son actif, et pourtant j'avoue que je le découvre ce soir, au Lounge, dans une salle d'abord vide (Louis Ville m'invite lui-même gentiment à repasser plus tard puisque le public marseillais tarde) et finalement, remplie d'une petite quarantaine de personne - ce qui veut dire, au Lounge, une salle plutôt bien pleine !

Au cours d'un set varié, de complaintes en chansons punchy, le chanteur aux pieds nus (très expressif des pieds, d'ailleurs), régale ceux qui le connaissent de ses tubes, que moi je découvre donc : j'ai par exemple aimé une ôde à "Claudia Cardinale", fantasme adolescent (très compréhensible !), finie en braillant joliment à la lune et très prenante. Aimé aussi "J'ai vu", superbe (n'y connaissant rien, je me sens autorisé à inventer les titres, quelqu'un pourra corriger !), été porté par "L"Amour" et son refrain arabisant, ça berce et c'est beau !

Super titre aussi, un morceau très enlevé qui parlait de "La Foule", ou encore son folk-rock plugged et assez puissant joué au bottleneck, qui s'appelle peut-être (ou pas) "Epousez-moi" ! Emporté facilement par une complainte "Arno-esque" très belle ("Embrasse-moi" ?), plus difficilement mais finalement aussi par l'énergie de "Y'en a Marre"...

En outre, ses arrangements et mélodies sont pour partie très originales : si certains morceaux sont faits de rythmique pure, d'autres développent des harmonies plus inattendues. Il termine par "Marcello", une fort belle balade dans un langage proche de l'italien (...de l'italien peut-être ?), puis par un rappel où il est question d' "Ours blancs" exportés en Afrique (j'avoue avoir perdu le fil à un moment donné). Et enfin, une complainte sur la misère sexuelle, assez poignante, Hotel Pourri, qui me convainc d'acquérir au moins un disque !

Joli set sans temps morts d'un artiste qui a manifestement passé l'âge de percer dans le haut du panier médiatique (malgré son souhait exprimé en chanson d'être un "Chanteur de variété"). Quoique, allez savoir, Daniel Darc a bien eu une victoire de la Révélation de l'Année après 25 ans de carrière... Et de toute façon, il n'a largement pas passé l'âge de tourner en petites salles, Louis Ville, et de remuer les happy few par son timbre de voix très marquant. Bonne route à vous donc, et à la prochaine.

PS : N'ayant pas prévu de rester pour eux, j'ai assez peu écouté BabyCart et laisserai donc quelqu'un d'autre compléter éventuellement.
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Signature : Philippele 10/11/2011
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>> Réponse (le 13/11/2011 par Pirlouiiiit) Que dire si ce n'est qu'en effet j'étais aux anges de revoir enfin Louis Ville à Marseille 12 ans après son dernier passage. Un peu tendu par le nombre de gens que j'avais poussé à venir (ne sachant pas si ils allaient apprécier - ce qui sera le cas finalement) j'ai quand même passé un très bon moment, (re)decouvrant certains morceaux, donc une majorité de ce Cinémas qui visiblement marche plutôt bien (premier tirage épuisé !). Quant à Babycart que je me réjouissais de revoir après les avoir découvert en live et même sur disque, je ne pourrai pas rester trop longtemps non plus, mais j'aurais quand même le temps de me rendre compte que ce soir c'était moins au point que l'autre fois. Outre l'absence de Olivier (remplacé par une musicienne qui avait l'air de découvrir les morceaux ou les .../...
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