Banon, son fromage AOC, sa librairie Le Bleuet. Le pays de Giono aussi. Pour monter à l’Eglise Haute, on emprunte la Montée Elzéar Bouffier, son "Homme Qui Plantait Les Arbres". Ambiance.
La scène est prête pour Own Virago mais Sarah Quintana va fraîchement nous faire patienter. Elle chantait dans la rue à Avignon lorsque Marion Rampal l’a rencontrée. Le coup de foudre fut immédiat. Dix minutes après, elle faisait sa première partie au Delirium.
Accompagnée de sa seule guitare, elle alterne reprises de standards, adaptations et compositions personnelles qu’elle chante joliment sous sa lumineuse robe et avec son sourire assorti. Elle est de la Nouvelle-Orleans et les références aux états de la Louisiane et du Misissippi sont nombreuses tant dans les interprètes (Bessie Smith, Robert Johnson, Louis Armstrong) que dans le discours (Katrina, la marée noire). C’est charmant et on se dit que ça pourrait être exceptionnel avec du relief.
Bonus vidéo : You Are My Sunshine
Setlist : 1 Baby Won’t You Please Come Home (Bessie Smith) / 2 Idaho Potato (musique de Robert Johnson) / 3 J’Attendrai (Rina Ketty) / 4 Rosario / 5 Whale Of The Tale / 6 New Orleans / 7 The World Have Changed / 8 Wrap Your Troubles In Dreams (Louis Armstrong) / 9 Bicycles Song / 10 You Are My Sunshine (Johnny Cash)
C’est mon quatrième Own Virago en dix mois et je ne m’en lasse pas. Les bonnes surprises sont toujours nombreuses, les orchestrations évoluent sans cesse. La dernière fois, My Oh My avait changé de dimension.
Cette fois-ci, c’est l’interprétation de Dido’s Lament qui me tourneboule. Michel Péres y explore l’acoustique du lieu avec ses notes basses distillées au compte-gouttes, Cédrick Bec décore ses peaux et ses cymbales de percussions diverses pour que sa batterie soit plus habitée, le clavier de Fabien Ottones et la guitare d’Aurélien Arnoux sondent les aigus, Marion teste notre capacité à retenir les larmes à chacun de ses "Remember Me".
Il n’est pas un de ses concerts sans "nouveauté". Celle de ce soir est une vieille chanson mexicaine, véritable défi pour Marion Rampal plus à l’aise selon elle dans la langue de Shakespeare que dans celle de Cervantes. Le challenge est superbement réussi.
Setlist : 1 Iokanaan’s Mouth
2 Wattana
3 Hè Séléné
4 Dido’s Lament
5 My Oh My
6 La Llorona
Own Virago, c’est fini. Pas la soirée. Marion plaque des accords sur son harmonium, sa voix y ajoute une complainte orientale. Un saxophone soprano se rapproche qui se lamente aussi. C’est celui de Raphaël Imbert. Duo magique.
Tout le monde revient alors et ils sont sept sur scène pour interpréter deux chansons de Sarah Quintana. Le sentiment se confirme : avec une orchestration étoffée, les chœurs de Marion et les soli de Raphaël, une tout autre dimension est prise. C’est juste parfait.
Nostalgiques de la Nouvelle-Orleans, Raphaël Imbert qui en revient pour un voyage d’étude et Sarah Quintana qui y retourne dans quelques jours, nous offrent une balade sur le Mississippi : une reprise de Louis Armstrong, Do You Know What It Means To Miss New Orleans. Marion Rampal parfait le duo guitare-voix / saxo en ajoutant ses backing vocals. Peut-il exister meilleure promo pour une destination ? La Louisiane fait désormais partie de mes priorités.
Animé par Pierre, passionné de toutes les formes d’art, ce lieu met constamment la culture à l’honneur. Trois peintres adeptes "D’Ocre et de Bleu" y sont actuellement exposés. Et le prochain invité à venir explorer l’exceptionnelle acoustique du lieu est Didier Malherbe (co-fondateur de Gong avec Daevid Allen) le 11 août !
Banon, son fromage AOC, sa librairie le Bleuet, son Eglise Haute.