Le week-end dernier, La Rue Consolat était en fête : plus de cinquante événements (expositions, spectacles, concerts, ateliers…) ont animé le quartier. Au n° 52, le vernissage de l’exposition : "La Mesón, cinq ans d’affiches" est accompagné d’un showcase de Marion Rampal à l’occasion de la sortie de son projet Own Virago produit par la Compagnie Nine Spirit.
Some Bitter Sweet est le titre idéal pour faire découvrir son timbre : quelques délicieux chuchotements soulignés par une délicate contrebasse et un piano discret. Marion s’échauffe la voix. Nous sommes déjà sous son charme mais loin de nous douter qu’arrive un divin final où batterie et contrebasse pourtant énergiques sont submergées par la puissance de cet organe. Ma troisième claque vocale de l’année après Melody Gardot et Nadia Cambours. Aurélien Arnoux (guitare) et Cédrick Bec (batterie) prennent un réel plaisir à l’accompagner : ils boivent ses paroles et du petit lait.
Première surprise de la soirée (je vais faire semblant de ne pas l’avoir vu avant le concert), Christophe Leloil ajoute son bugle à la pièce suivante, Iaokanann’s Mouth, titre teinté d’Orient. Un duo de folie avec la voix de Marion/Salomé qui me fait penser à Alifie de Robert Wyatt et à l’hommage qu’Erik Truffaz lui a adressé dans son titre Monsieur Wyatt. Claque numéro 2.
Deuxième surprise de la soirée (on dirait que je l’aurais pas aperçu avant), Raphaël Imbert est introduit en ces termes par Marion Rampal : "Si je me suis lancée dans cette aventure il y a deux ans, c’est grâce à cet homme." Bel hommage. Tout comme celui qu’elle adresse à Billie Holiday, décidément à l’honneur en ce moment : Nadia Cambours, Laure Donnat et Cécile McLorin Salvant prochainement dans ce même festival. Il est vrai que nous célébrons cette année les 50 ans de la disparition de Lady Day. God Bless The Child, déjà brillamment interprété lundi par Laure Donnat prend ici une dimension tout autre. La voix d’abord mais aussi l’orchestration avec la chaude clarinette basse et le bugle. Claque numéro 3.
Exit Leloil. Imbert au soprano. Vidéo ci-dessous. No comment.
Christophe Leloil revient pour Wattana, l’histoire d’une orang-outang rencontrée par Marion au Jardin des Plantes. Merveilleuse pièce interprétée par sept joyeux primates : La Mesón résonne de cris de singes. Raphaël en produit avec le bec de son saxo, Christophe dans son embout, Marion, Aurélien, Cédrick, Michel Peres et Fabien Ottones singent particulièrement bien les quadrumanes. Claque (poilue) numéro 5.
C’est déjà (presque) fini. Avant de se retirer, Marion remercie Karene, Olivier et l’équipe de la Mesón. Elle fait une jolie pub pour Emilie Lesbros qui passe juste après sur le Cours Joseph Thierry. J’en regrette presque d’avoir en poche mon billet pour The Lost Fingers. Mais je reste fidèle au Festival Jazz Sur La Ville et file au Poste à Galène. Quelqu’un peut me raconter Emilie Lesbros ?
Une dernière claque pour la route avec My Oh My, plage free en sus. Marion Rampal, à bonne école avec Imbert et Leloil, fait partie de ces artistes que la scène transcende. Sa complicité avec ses musiciens, le rayonnement que dégage le groupe nous font prendre conscience de la chance qui nous a été donnée ce soir de participer à cette performance d’une qualité rare.
Marion Rampal (chant), Aurélien Arnoux (guitare), Michel Peres (contrebasse), Cédrick Bec (batterie), Fabien Ottones (piano). Guests : Christophe Leloil (bugle), Raphaël Imbert (saxophone, clarinette basse).
Les souscripteurs repartent avec les joues rouges et l’album Own Virago. Ils seront certainement présents à la prochaine prestation de Marion Rampal le 17 octobre à Berre L’Etang (avec Kabbalah en plus !) et/ou à celle du 19 novembre au Cri du Port.